Howard Phillips Lovecraft

L'écrivain, son oeuvre, son influence

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Table des matières

LES BANDES DESSINEES

Le Mythe de Cthulhu s'écrit en mot, en images, et en images avec des mots ! La bande dessinée a depuis longtemps introduit en ses philactères les noms imprononçables de l'univers lovecraftien. Hommages fidèles, histoires détournées, comics, mangas, tous les genres ont rendu hommage à leur manière au Maître.

LES ANNEES 1960

La cité sans nom

Par KADATH, novembre 2008

1969, in Cahier de l'Herne N° 12 : Lovecraft, par Philippe Druillet, éd. de l'Herne.

L'année 1969 fut particulièrement importante pour la connaissance de l'oeuvre d’Howard Phillips Lovecraft auprès du public francophone. Les éditions Pierre Belfond publièrent cette année-là pour la première fois sous le titre Dagon toutes les nouvelles de jeunesse ainsi que les derniers textes de Lovecraft. Puis ce fut Christian Bourgois qui édita Epouvante et surnaturel en littérature, le seul livre de critiques littéraires de HPL.

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LES ANNEES 1970

Métal Hurlant HS 1 : spécial Lovecraft

Par KADATH

1978, coll. , éd. Les Humanoïdes Associés.

Quel amateur de science-fiction et fantastique ne connait la mythique revue Métal Hurlant ? Créée en 1975 à l’initiative des dessinateurs Philippe Druillet et Moebius ainsi que du scénariste Jean-Pierre Dionnet, la revue sera éditée par les Humanoïdes Associés jusqu’en 1987. Si les débuts furent modestes, revue imprimée en noir et blanc avec seulement une partie en couleur et ne paraissant qu’une fois par trimestre, dès le N° 7 le titre devient bimestriel avant de paraître tous les mois à partir du N° 9. Métal Hurlant éditera les plus grands noms de la bande dessinée des années 70 et 80 : Jacques Tardi, Enki Bilal, Caza, Ted Benoît, Jean-Michel Nicollet, Daniel Ceppi, François Schuiten, Richard Corben et bien sûr ses créateurs Druillet et Moebius pour ne citer que les plus célèbres.

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Les mythes de Cthulhu

Par KADATH, juin 2008

1979, par Norberto Buscaglia, Alberto Breccia, éd. Les Humanoïdes Associés.

Dans tous domaines artistiques, il existe LA référence à laquelle on se reporte par comparaison. Si on lit les articles, bibliographies et analyses consacrés à l’univers de Lovecraft dans le domaine de la bande dessinée, on trouvera presque toujours ce titre comme exemple : le Cthulhu de Breccia…

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LES ANNEES 1980

Révélations posthumes

Par KADATH, juin 2008

1980, par François Rivière, Andreas, éd. Bédérama, rééd. 2004 Delcourt.

Pendant longtemps, toute biographie consacrée à Lovecraft indiquait en catégorie “bande dessinée” le titre énigmatique Révélations posthumes… Si on arrivait à dénicher l’édition 1980 de Bédérama, on s’étonnait de cet album qui n’était pas vraiment une… bande dessinée ! Et pour cause, Andreas et Rivière ont eu un trait de génie en associant à la biographie d’un auteur une histoire de fiction : sont ainsi concernés Pierre Loti, Jules Verne et Raymond Roussel, Agatha Christie, le peintre Pol Delmotte, et Robert Howard Barlow, ami de HPL.

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Presque humain (dont "Air froid" de Lovecraft)

Par KADATH, mars 2013

Avril 1981, Berni Wrightson, éditions Futuropolis.

Plus connu aux USA que chez nous, Wrightson est né en 1948 et à publié de nombreux comics orientés vers le macabre et le fantastique.Certaines de ses illustrations sont proches du style d'Andreas (auteur de la série Rork, déjà évoqué sur ce forum). Dans l'univers de la bd franco-belge, il est l'auteur d'une quinzaine de titres dont un album intitulé PRESQUES HUMAINS aux éditions Futuropolis d'avril 1981. Celui contient 8 nouvelles dont AIR FROID de Lovecraft.

Son dessin constitue un véritable sommet du noir et blanc, d'une précision parfois effrayante tant le moindre détail est travaillé.

Le mage Acrylic

Par KADATH, juin 2008

1982, par Philippe Druillet, Serge Bihannic, éd. Les Humanoïdes Associés.

“Dis Monsieur, dessine-moi un mouton” ! Et si pour paraphraser Saint-Exupéry nous demandions aux auteurs de bandes dessinées : “Dites Messieurs, si vous nous dessiniez un être lovecraftien” ! Et si malgré l’ampleur du travail d’Horacio Lalia, si malgré les nuances géniales d’un Breccia, le talent d’un Calvez, les essais d’un Saint-Denis, le style angoissant d’un Andreas, si le dessinateur ayant réussi cet exploit de visualiser un shoggoth ou de nous faire une idée d’Azatoth, si cet artiste n’était justement pas un habitué des bandes dessinées fantastiques ?

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Une nuit à Innsmouth

Par KADATH, mai 2008

1983, par Frank Terrier, Editions du Cygne, 1re édition tirée à 4 000 exemplaires.

Ne cherchez pas des renseignements sur l’oeuvre de Terrier, il semblerait que l’auteur de cette bande dessinée n’ait pas publié grand-chose d’autre que cette très talentueuse adaptation de la célèbre nouvelle de Lovecraft.

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Cromwell Stone

Par KADATH, novembre 2008.

1984-2004, par Andreas, éd. Michel Deligne/Delcourt.

Que ce soit Rork (sept albums) ou Cromwell Stone, ces deux séries les plus fantastiques d’Andreas débutent par une citation de H.P. Lovecraft. L’ombre du Maître de Providence plane donc continuellement au-dessus de l’immense oeuvre de ce dessinateur qui nous vient d’ex-Allemagne de l’est.

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Les jardins de la peur : le caveau Hardwood

Par KADATH, janvier 2009

1998, par Jacques Dufaut, Eddy Paape, Jean-Claude Sohier, éd. Dargaud.

A la fin des années 1980, la bande dessinée francophone n’avait pas encore vraiment franchi le pas entre l’univers très souvent adolescent du neuvième art et les albums destinés à un public plus averti et notamment dans le domaine de l’horreur. Les éditions Dargaud demandèrent à l’un des grands noms de la bande dessinée belge, Eddy Paape, de s’atteler à la tâche en créant une série appelée Les jardins de la peur.

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LES ANNEES 1990

L'île des morts

Par KADATH, octobre 2008

1991-1996, par Thomas Mosdi, Guillaume Sorel, éd. Vent d’Ouest.

Dans la galaxie des bandes dessinées inspirées par Lovecraft, une oeuvre sort du lot et représente une extraordinaire synthèse entre la reprise des thèmes du Mythe de Cthulhu et la création d’un scénario entièrement original ; il s’agit du cycle de L’île des morts de Guillaume Sorel et Thomas Mosdi. Considérée comme “BD culte des années 90” par plusieurs critiques sur le Web, la présence de cette aventure fantastique dans le monde du 9e art est incontournable dans toute étude sur Lovecraft et la bande dessinée.

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Dick Hérisson : la conspiration des poissonniers

Par Delapore, mars 2009

1993, par Didier Savard, éd. Dargaud.

En 1933, dans un salon d’hôtel à Lyon, Dick Hérisson reçoit de son ami, le docteur Nulpar, une clé et les instructions nécessaires pour prendre possession dans sa vieille maison d’Arles d’un coffret au terrible contenu. Le vieux docteur meurt aussitôt après du seul fait de sentir soudain une étrange odeur de poisson pourri, et murmure mystérieusement au cours de son agonie: “Celui qui dort sous les eaux” ! Hérisson et son acolyte, le journaliste Doutendieu, s’en vont chercher le coffret avant de l’ouvrir au domicile du détective pour y découvrir une sinistre statuette en bois ainsi qu’un journal tenu par le frère du docteur, Théotime Nulpar, pilotin à bord du navire Rosenkreutz.

Didier Savard et Dick Hérisson

Comment avez-vous dit ? “Dick Hérisson” ? Une parodie de Harry Dickson : le grand ancien, la bande dessinée de Nolane et Roman dont la critique figure également dans la présente rubrique ? Et bien non, pas du tout ! Le nom est trompeur car si Didier Savard aime parfois user d’un humour sous forme de clins d’oeil en référence à ses auteurs favoris, et si le rocambolesque n’est pas absent de la série, Dick Hérisson est un détective tout ce qu’il y a de plus sérieux ! Et contrairement au Harry Dickson précité, ses enquêtes débouchent le plus souvent sur des explications on ne peut plus prosaïques. Cela dit, l’auteur aime souvent amorcer ses histoires sous la forme d’énigmes d’apparence surnaturelle, comme en témoigne par exemple Le tombeau d’Absalom où trois détenteurs de tableaux peints par le même artiste meurent curieusement de la même manière que la représentation figurant sur les oeuvres. Ajoutez-y, en ce qui concerne l’album présent, des titres plutôt loufoques - depuis quand les poissonniers conspirent-ils ? - ou grandiloquents - voir le titre de son premier chapitre : Le testament du docteur Nulpart - que l’on appellera ultérieurement toujours “Nulpar”, voilà pour la petite coquille !. A l’arrivée, on hésite entre Gaston Leroux et Adèle Blanc-Sec… La série de ce sudiste invétéré - son héros habite bien à Arles et les poissonniers en question sont marseillais - est de qualité plutôt inégale et laisse sur le Web des avis plutôt partagés. Pourtant La conspiration des poissonniers, cinquième volume de la série, constitue une agréable évasion que se permet l’auteur dans une direction moins rationnelle et où le fantastique lovecraftien ne se dissipe jamais, final inclus ; ainsi, l'étrange récit du pilotin décrit les effets néfastes et inquiétants sur l’équipage du navire de son principal chargement, une étrange sphère de cuivre géante, vestige archéologique provenant de fouilles entreprises dans l’ancienne Mésopotamie. L’enquête qu’entreprennent alors Hérisson et Doutendieu les mènera sur les traces d’une étrange divinité antédiluvienne appelée Shub-Ur-Kur et renvoyant à un passé incroyablement reculé et particulièrement sombre de l’histoire de la Terre…

Le choix graphique de Savard

Le style de l’auteur peut surprendre par son aspect très conventionnel, directement inspiré par la ligne claire renvoyant à Hergé ou à Jacobs. En ce qui concerne les décors – surtout architecturaux - Savard fait preuve d’une grande minutie qui confère au scénario une crédibilité incontestable. Et puisque nous sommes en 1933, une manchette de journal nous annonce mine de rien que le roi Alexandre de Serbie est arrivé en France - il sera assassiné à Marseille d’ailleurs, si ce n’est que l’événement n’aura lieu qu’en octobre 1934, une coquille de plus ! En revanche, au niveau des personnages, leur figure est caricaturale à l’extrême. Hérisson et Doutendieu affichent des visages à la Tintin : on se demande dans certaines vignettes si Hérisson a seulement une bouche ! A l’inverse, d’autres protagonistes ont des têtes et des figures proprement impossibles, des vraies “tronches de cake” déformées à l’extrême, notamment les marins du Rosenkreutz, laids à souhait. Ne parlons pas de la “jolie” (?) Alice – chez Savard les filles sont toutes interchangeables, il suffit de modifier la couleur de leurs cheveux. Ce n’est pas trop un problème dans la mesure où tous ces personnages ne forment que des supports nécessaires à l’intrigue elle-même sur laquelle repose l’intérêt essentiel de l’histoire. On discutera plus du choix des couleurs, souvent trop vives et bariolées pour figurer une histoire réellement glauque s’inspirant de Lovecraft - sauf l’épisode décisif baignant uniformément dans un rouge sang, ou “le récit dans le récit” du pilotin qui se trouve plongé dans un brun bien plus sinistre. Et surtout, on discutera encore plus des défauts que représente la ligne claire lorsqu’il s’agit de l’appliquer également aux monstres eux-mêmes ! Mais nous y reviendrons.

Une narration plutôt réussie L’intrigue, justement, est assez habilement menée, sans être trop complexe pour autant en dépit de quelques séquences propres au roman policier et une fausse surprise qui ne trompera sans doute personne. Le récit est animé, et parsemé de suffisamment d’énigmes et d’indices pour être agréablement lu presque jusqu’au final. Des clins d’oeil à Hergé ne viennent pas trop compromettre la gravité de l’histoire, ainsi le repêchage de la sphère mystérieuse, mis en parallèle avec Le secret de la Licorne. Exemples : le fameux “Un peu plus à l’ouest, peut-être”, ou cet échange entre Hérisson en scaphandrier et son acolyte : “Et en cas de danger, tu tires à coups répétés. - T’en fais pas, je connais mes classiques !” Quant au professeur Grottendiche, toute ressemblance avec l’archéologue Grossgrabenstein de Jacobs serait naturellement totalement fortuite en raison de son nom allemand et de sa barbe impossible, l’accent poussif en moins, tout de même. L’humour deviendra plus contestable pour tous ceux qui s’attendront à un récit lovecraftien oppressant avec le chef d’une bande de mafieux de la Cannebière, un nain (?) qui lance notamment, probablement “avé l’accent” : “Fatche de Putaincong !” Voilà pour la “couleur locale”… Sans compter que Savard ne peut résister à son goût prononcé pour le rocambolesque dont nous avons déjà parlé : c’est sûr qu’à Marseille, une conspiration de poissonniers ayant pour effet de ne plus fournir l’ingrédient indispensable pour faire une bonne bouillabaisse doit revêtir l’ampleur d’une catastrophe planétaire pour tous ceux qui habitent du coté de Notre-Dame de La Garde ! Enfin, nonobstant ces réserves, accordons à Savard le fait qu’il ait su savamment entretenir un suspense incontestable jusqu’à l’apogée finale, suspense encore entretenu par le fait que l’album fait 56 planches au lieu des 44 règlementaires. Le “mais” viendra surtout en raison du final, trop conventionnel et banal, suivi d’un épilogue que l’on n’a déjà que trop lu ou vu dans le domaine du fantastique. Dommage d’en être arrivé là de manière si décevante pour une histoire qui promettait tant sur l’essentiel de la durée de l’album.

Les références au Mythe de Cthulhu Evidemment il en existe, et trop évidentes pour être niées : ainsi Shub-Ur-Kur, “Celui qui dort sous les mers”, emprisonné, mais attendant visiblement que des irresponsables viennent l’adorer et le libérer. L’idée d’une race - ou plutôt de deux - ayant précédé l’apparition de l’humanité, un cataclysme réellement planétaire, une divinité immortelle suscitant une horreur sans bornes au point que les cheveux du mousse qui l’a entrevu en sont devenus à jamais blancs, des sacrifices humains qui lui sont offert en pâture, les hommes-poissons qui la servent… Le cauchemar d’Innsmouth ainsi que Cthulhu ne sont évidemment pas très loins. On regrettera quelques hypothèses scientifiquement peu crédibles comme le Déluge Universel, ou l’existence, au moins sur 241 200 ans avant cette inondation, d’une civilisation sumérienne qui n’est apparue que bien plus tardivement. Enfin, nous sommes dans le domaine du fantastique, tout est possible… Et le fait de lier cette horrible entité au cycle de l’évolution naturelle tout comme le fait le détective est plutôt convaincant. On regrettera néanmoins que Savard ne nous en dise pas plus sur cette entité préhistorique ainsi que la raison pour laquelle des poissonniers de Marseille se transforment subitement en terribles sectateurs… Et l’on déplorera surtout le graphisme désastreux de l'auteur qui ne nous décrit que trop bien Shub-Ur-Kur, privant ainsi ce dernier du caractère indicible propre aux entités inventées par Lovecraft, pour ne pas parler de l’aspect franchement ridicule des hommes-poissons. Plus suggestifs, et donc plus inquiétants, seront les sinistres indices qui précèdent la représentation des monstres, surtout présents dans le premier des deux chapitres de l’album, dont les mésaventures du Rosenkreutz - ce nom allemand signifie Rose-Croix, un nom bien étrange pour un navire et relevant plutôt du domaine de l’ésotérisme – un clin d’oeil pour une fois non humoristique. Relevons ainsi – outre l’exemple précité – une statuette en bois ressemblant à un démon dans sa chrysalide sur le point de naître ou de renaître, des marins morts dont la peau des mains et des bras est étrangement devenue noire et squameuse, ou un inquiétant ex-voto mentionnant une effroyable silhouette qui ne devrait pas y avoir sa place.

Conclusion En somme, un album qui déconcertera à la première lecture, voire décevra certains. Savard s’est permis une échappée réellement surnaturelle au regard des autres aventures de Dick Hérisson. Dommage que l’horreur n’y soit pas entièrement au rendez-vous. Mais les allusions dénuées de toute ambigüité à l’oeuvre de HPL justifient la présence de cet album au sein de cette rubrique. Et s’il ne faut pas y voir là un must, ce dernier constituera néanmoins pour ceux qui ne le connaissent pas encore une “distrayante curiosité”.

Prisoner of Ice. Série de trois albums

1994, par Hubert Chardot, Thomas Mosdi, Etienne Leroux, éd. Vent d'Ouest.

Tome 1 : La Geôle de Pandore; 11/1994, Thomas MOSDI, dessin: Lucien, 46 planches

Tome 2 : Le Glaive du Crépuscule; 11/1994, Thomas MOSDI, dessin: Etienne Le Roux, 46 planches

Tome 3 : La Cité des abîmes; 11/1994, Thomas MOSDI, dessin: Freddu Emm, 46 planches

En 1994, Infogrammes, connu pour sa fameuse série de jeux vidéos Alone in The Dark, sort Prisoner of Ice, un excellent jeu vidéo d'aventure en mode 'pointe et clique'. Situé dans le même univers que les trois premiers Alone in The Dark et que le jeu Shadow of The Comet, dont sont issus certains personnages, Prisoner of Ice prend place pendant la Seconde Guerre mondiale et relate une aventure à l'échelle mondiale, avec nazis, artefacts mystérieux, jungle sauvage, espions impitoyables, ésotérisme lovecraftien et retournements de situation à la pelle. Une sorte de serial à la Indiana Jones croisé avec les terreurs de X-Files

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Enki Bilal : Mémoires d'autres temps : histoires courtes 1971/1981

1996, par Enki Bilal, éd. Les Humanoïdes Associés.

Par Delapore, novembre 2008

Enki Bilal n'est plus à présenter dans le monde de la bande dessinée francophone en tant qu'auteur de science-fiction. Mais qui sait qu'avant Les phalanges de l'ordre noir, la trilogie Nikopol, Le sommeil du monstre, et avant même ses collaborations avec le scénariste Pierre Christin - La croisière des oubliés ou La ville qui n'existait pas -, Bilal a diffusé ses tous premiers récits sous l'impulsion de son admiration pour H.P. Lovecraft au sein du magazine Pilote ? Le bol d'or paraît dans le numéro du 16 mars 1972 sous le nom d'Enes Bilal, A tire d'aile dans le numéro du 30 mars 1972 et Ophiucus est publié le 25 mai 1972, la même année que La chose à venir. Ces quatre récits ont été rediffusés en 1996 et constituent incontestablement la partie la plus fascinante du volume Histoires courtes 1971/1981. Lire la suite Mémoires d'autres temps : histoires courtes 1971/1981 Par Delapore, novembre 2008

Le style naissant d'Enki Bilal

Chacune des quatres histoires lovecraftiennes de cette anthologie ne dépasse pas, de manière curieusement identique, sept pages. Ces récits sont courts mais denses au niveau graphique grâce à de nombreuses cases bien remplies. Dans ce domaine l'auteur prouve qu'il commence déjà à y acquérir un style personnel, au demeurant haut en couleurs - au propre comme au figuré. Et, loin de tout flou artistique, la plume cerne les personnages humains, les paysages ainsi que les monstres qui les hantent avec netteté et précision. Car Bilal n'a pas peur de nous montrer ces monstres, contrairement à un certain nombre d'autres auteurs, et ce avec un talent certain hors quelques rares exceptions. Ainsi les créatures décharnéees de Ophiucus sont plutôt convaincantes. Les entités présentes dans Le bol maudit sont totalement réussies - voir le superbe tableau de la planche N° 5 qui l'occupe de manière inhabituelle en quasi-totalité. Le monstre de La chose à venir nous est décrit avec d'autant plus d'efficacité que Bilal fait preuve ici de plus de discrétion. Seules les monstruosités à chapeau pointu du récit A tire d'aile peuvent susciter en nous quelques réserves bien que leurs serviteurs ailés soient bien plus réussis. Ces illustrations d'une grande minutie indiquent - du moins pour les trois premiers récits - le travail d'un débutant encore soucieux de convaincre, cherchant plus à restituer très fidèlement la réalité que de suggérer par le biais de procédés stylistiques plus originaux, conférant une certaine naïveté au graphisme.

L'influence de H.P. Lovecraft

Quant aux scénarios, si leur trame est assez sobre et aurait éventuellement pu être un peu plus développé par un auteur plus ambitieux, les récits se déroulent de manière concise, à un rythme accéléré, sans fioritures. Il en est de même pour les nombreux commentaires ou phylactères qui cependant ne s'égarent guère en bavardages inutiles, à seule fin d'aller à l'essentiel. Le jeune Bilal ne cite pas systématiquement les divers éléments qui ont fait le succès du “Mythe de Cthulhu”, excepté pour Le bol maudit. Mais il apparaît évident que les trois premières histoires constituent des pastiches fidèles jusqu'à l'orthodoxie. Et quand bien même ces récits se situent régulièrement en France dans un futur relativement proche - 2012 ou 2023 -, on y retrouve monstres cosmiques et races extra-terrestres dans un monde réaliste confronté à l'intrusion d'un univers de science-fiction qui lui est totalement inhabituel et étranger, ainsi qu'un destin malheureux qui attend régulièrement les différents protagonistes, essentiellement du fait de leur curiosité et de leur soif de connaissances.

Analyse critique Le bol d'air, à la trame assez simple, initie un public bédéphile certainement encore peu accoutumé en France à Lovecraft à l'époque de sa publication. Ainsi, l'univers à la fois horrifiant et très original de HPL s'y trouve introduit par le biais d'un individu allant à la rencontre d'un vieillard intriguant qui vend des bols au contenu excentrique et dont les yeux vides reflètent sinistrement le néant : c'est un envoyé de Nyarlathotep. Victime de la malédiction de Yuggoth, le protagoniste, subissant “le souffle froid des étoiles”, perpétuera cette même malédiction dans un cycle sans fin sur arrière-fond de menaces apocalyptiques menaçant notre Terre. A relever, les monstruosités de la planche N° 5 citée plus haut dont le graphisme n'est pas sans préfigurer les délires extra-terrestres de Philippe Druillet qui publiera dès octobre de la même année les fameux Six voyages de Lone Sloane, avec une maturité de talent bien supérieure. A tire d'aile prolonge l'introduction de ce nouvel univers par une histoire entamée sur un mode scénaristique très classique au sein de la campagne parisienne dans un décor se prétendant modestement futuriste quoiqu'il nous renvoie à un décor contemporain plutôt familier. Un voyageur circulant dans un véhicule brinquebalant et faisant irruption dans un bistrot de village prend connaissance de sinistres rumeurs concernant un vieux manoir hanté par un froid extérieur à ce monde et par d'étranges créatures volantes. Scepticisme et doute rêgnent dans ce milieu de villageois en dépit des racontars d'un borgne et les avertissements du “Vieux Georges” qui n'est pas sans nous rappeler Zadok Allen dans Le cauchemar d'Innsmouth. Avertissements dont le héros ne tiendra évidemment pas compte ; enlevé puis confiné dans les cachots de l'ancien manoir, il se trouvera confronté à ses étranges propriétaires issus des abîmes du cosmos et usant d'un vocable constitué de sigles dont Druillet fera plus tard largement usage. Mais quand il parviendra à s'extraire de sa geôle, ni Paris ni le monde moderne ne pourront l'empêcher d'enrayer les effets de l'effroyable expérience dont il était devenu le cobaye… Ophiucus n'est pas sans rappeler, de manière plus explicite, Le cauchemar d'Innsmouth dans la mesure où la quête d'un homme à la recherche de ses origines inconnues l'incite à se rendre dans un village côtier dont les habitants sont moins qu'humains : même décor contemporain - bien que Bilal se projette en 2023 pour ne trop prendre de risques -, même village délabré, mêmes avertissements lourds de menaces énoncés par un chauffeur de taxi, informes visages apparaissant de manière évasive au travers de fenêtres sordides… A nouveau, des créatures extra-terrestres vivant en réalité dans un souterrain situé sous les habitations mais plus pitoyables et moins agressives que les entités du récit précédent, perdues dans cette partie de l'univers et n'aspirant qu'à rejoindre leur monde d'origine. Et tandis qu'une procession nocturne achemine ce qui ressemble à des rebuts repoussants de l'humanité au bord de l'océan, un commentaire prophétique souligne déjà le destin tragique réservé à notre héros : “Que n'a-t-il quitté ces lieux maudits avant la fin du dernier jour ?”. A une incantation étrange succède une scène particulièrement spectaculaire qui réveille les souvenirs enfouis de notre héros dont le sort, tout en différant de celui de Le cauchemar d'Innsmouth, vient pourtant renforcer la parenté du récit de Bilal avec celui de Lovecraft. Nous nous permettrons d'ajouter La chose à venir qui pourrait s'inspirer d'héritages littéraires autres que celui de Lovecraft. Ainsi l'aventure de Julius Miraz - le premier héros dont le nom est nommément cité - racontée sous forme de flashback peut aussi bien constituer un pont en direction des futurs récits de Bilal. Mais derrière le décor familier d'un récit de space opera digne du 2001, l'odyssée de l'espace de Stanley Kubrick, l'entité venue du même froid inconnu que les monstres précédents et attaquant un vaisseau spatial peut parfaitement renvoyer à l'horreur cosmique célébrée par l'écrivain de Providence par sa difformité indicible aussi hideuse qu'un fungus parasite et cancéreux plaqué sur l'aéronef. Pour Miraz, les portes du salut qui semblaient s'être entrouvertes pour lui ne se refermeront que pour mieux nous laisser entrevoir la fin dernière de notre monde… encore et toujours le désespoir et un scepticisme typique de H.P. Lovecraft.

Conclusion Ces premiers “essais” lovecraftiens de Enki Bilal s'achèvent sur La chose à venir. On ne peut que déplorer que la suite des Histoires courtes 1971/1981 marque un détachement de cette première influence. L'auteur forge définitivement son propre style, qui a véritablement consacré sa célébrité. Et pourtant il n'est pas inintéressant de découvrir au travers de ces quatre premiers récits la vénération initiale que portait le futur auteur de La foire aux immortels pour l'oeuvre de HPL. Pour cette seule raison il semble impossible d'exclure cet ouvrage de la bibliothèque lovecraftienne des adeptes du 9e art : une curiosité, voire une véritable perle pour tous les aficionados du Maître à qui ce site est consacré.

Le Wendigo

Scénario: Mathieu GALLIE, dessins: Jean-Bastiste ANDREAE; Editions Vents d'ouest; février 1998.

Tome 1: Celui qu'accompagnent les loups; 2/1998; 48 planes

Tome 2 : Faux soleils; 3/2000; 56 planches

Le panthéon des dieux surgit du passé n’est pas uniquement peuplé des déités inventées par Lovecraft. D’autres écrivains ont enrichis le mythe par l’apport de noms aux consonances étranges, à tel point qu’il est parfois difficile de déterminer si un dieu appartient au mythe lovecraftien originel ou non. C’est le cas du WENDIGO que beaucoup associe à Lovecraft alors que le maître de Providence n’a jamais utilisé ce nom dans l’une de ses nouvelles. Seule référence « lovecraftienne » liée au grand nord américain, l’image d’ITHAQUA, le marcheur du vent , est née dans l’imagination fertile …d’August DERLETH ! Le Wendigo – dont le mythe appartient aux indiens Algonquins du Canada – a été popularisé en littérature fantastique par l’écrivain anglais Algernon BLACKWOOD (1869 – 1951) qui fait de cette divinité le thème central de son récit homonyme, paru en français chez Denoël (1972). Chez Blackwood, le Wendigo est un esprit pré-humain primordial qui hante le Nord, transformant en zombie le malheureux humain qui croise son chemin. Dans l’univers de la bande dessinée francophone, le mythe du Wendigo est représenté deux fois : un album inscrit dans le cycle du Corpus Hermeticum paru aux éditions Soleil sous le titre « Le Souffle du Wendigo » déjà évoqué sur notre site ici : http://www.hplovecraft-fr.com/forum/vie … php?id=623 et WENDIGO, paru chez Vents d’Ouest dont résumé et analyse ci-dessous.

Les deux tomes (T1 : « Celui qu’accompagnent les loups », février 1998 et T2 : « Faux soleils », mars 2000) qui composent cette histoire sont signés Jean-Baptiste ANDREAE pour le dessin et Mathieu GALLIE pour le scénario. Ces deux auteurs avaient déjà publiés la série Mangecoeur (3 tomes également chez Vents d’Ouest de 1993 à 1996). Mathieu GALLIE a travaillé avec le lovecraftien Guillaume SOREL en co-signant la série Algernon Woodcock (5 albums), le superbe album « Le Fils du Grimacier » en 1995 ainsi que la série Contes des Hautes terres. Jean-Baptiste ANDREAE a dessiné plusieurs œuvres dont les trois albums de la série Terre mécanique chez Casterman de 2002 à 2006. Kid et Elam sont trappeurs au cœur du Yukon, cette région du Canada limitrophe avec l’Alaska où les hommes assoiffés d’or affrontèrent dans le passé les hivers les plus rigoureux du continent américains dans l’espoir de s’enrichir. Un matin ils découvrent le corps d’un homme abandonné dans la neige et presque mort de froid. Celui-ci à un regard étrange, refuse la nourriture qu’on lui propose mais accepte de manger un poisson cru que lui rapporte un des chiens de traineau. Elam, qui a une longue expérience du Nord, est persuadé qu’un homme « normal » ne peut survivre dans de telles conditions et pense que l’inconnu est possédé par un démon. Qui est-il et comment a-t’il pu survivre ? L’homme fini par s’enfuir et s’enfonce dans les sombres forêts escorté par une meute de loups qui semblent lui obéir. Partis à sa recherche, Kid et Elam vont découvrir la réalité des vieux mythes indiens et affronter le Wendigo ! Cette histoire où domine le blanc des glaces sert de décor à ce conte fantastique superbement dessiné par ANDREAE. Le lecteur est emporté par l’ambiance de sauvagerie de ces trappeurs isolés du monde qui partagent leur quotidien entre les chiens samoyèdes et des indiens déifiant des créatures surgies d’un passé que l’on croyait mort depuis des siècles. Mathieu GALLIE ne dissimule pas sa filiation avec l’univers fantastique proche du Mythe de Cthulhu puisqu’à la page 23 du second tome l’on voit le maître des loups invoquer ITHAQUA au pied d’un hôtel païen. La conclusion de l’histoire est elle-aussi fidèle à la philosophie de Lovecraft. Les dieux anciens triomphent toujours de l’humanité et le Wendigo continuera pendant des éons à errer dans les montagnes glacées du septentrion.

La trilogie Horacio Lalia :Le grimoire maudit / Le manuscrit oublié / La couleur tombée du ciel

L'intégrale d'Horacio Lalia : Les Cauchemars de Lovecraft, Glénat; 11/2014

Par KADATH, juin 2008 ; mis à jour en novembre 2014

1998 / 2000 / 2003, par Horacio Lalia, éd. Albin Michel.

L’univers de H.P. Lovecraft dans le monde de la bande dessinée est essentiellement représenté par des oeuvres uniques ou des albums reprenant quelques nouvelles du Maître. Parfois, il s’agit d’une simple relation stylistique ou d’une vague allusion au Mythe de Cthulhu. Mais il existe une exception notable à cette règle : elle est constituée par l’oeuvre du dessinateur argentin Horacio Lalia et est à ce jour l’unique tentative d’illustrer un grand nombre de textes lovecraftiens dans la stricte fidélité au texte original. Cet univers uniquement conjugué en noir et blanc dont la publication s'est étalée sur six ans est une “somme” lovecraftienne en bande dessinée devenue incontournable pour tout amateur de Lovecraft. Lalia a toujours été fasciné par le fantastique et après H.G.WELLS et Edag Allan POE, il n'est pas surprenant que l'argentin exprime son talent via le Mythe de Cthulhu.

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Réédition en un seul volume en novembre 2014 chez GLENAT :

LES ANNEES 2000

Le jour à Wentworth

Par KADATH, mai 2008

2000, par Olivier Morissette, Jean-Marc Saint-Denis, éd. Soulières (Saint-Lambert, Québec).

“Au nord de Dunwich s’étend un pays à peu près abandonné…” Tous les amateurs de Lovecraft sont fascinés par cette région du Massachusetts où l’on découvre des fermes en ruines, des régions désolées, une campagne peuplée d’hommes et de femmes aux mœurs inquiétantes. Un représentant de commerce voyage dans la région mais s’égare et se perd dans ce méandre de petites routes perdues entre bois sombres et collines désertes. Il est tout heureux de découvrir la ferme d’Amos Stark pour s’abriter des intempéries et passer la nuit. Pas de chance, le propriétaire des lieux à une dette à payer envers un certain Wentworth et avec la mort, et c’est justement… le jour à Wentworth !

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Prophet

Par KADATH, mars 2013

  • tome 1 : ANTE GENESEM, septembre 2000, Les Humanoïdes associés; Xavier Dorison et Mathieu Lauffray
  • tome 2 : INFERNUM IN TERRA, décembre 2003, Les Humanoïdes associés; Mathieu Laufffray
  • tome 3 : PATER TENEBRARUM, novembre 2005, Les Humanoïdes associés; Mathieu Lauffray
  • tome 4 : DE PROFONDIS, avril 2014, Editions Soleil, Lauffray, Mathieu. Dessin :Pion, Patrick Lauffray, Mathieu et Henninot, Éric. / Couleurs :Simon, Anthony Lauffray, Mathieu

Xavier Dorison et Mathieu Lauffray sont devenus des noms associés au talent et au succès dans le monde de la bande dessinée. Comme scénariste, Dorison a signé - entre autre - des séries telles “Sanctuaire”, “Long John Silver”, “Les sentinelles” (guerre 14-18) et bien-sûr le célèbre succès “troisième testament”. Mathieu Lauffray qui est aussi scénariste que dessinateur est tout aussi prolifique avec des séries “les Chroniques de Légion”, “le Serment de l'Ambre” ou “Long John Silver” où il retrouve son comparse Dorison. “Prophet” reprend l'idée très lovecraftienne d'un savoir perdu et d'entités cachées dans un univers qui peut envahir notre monde. Dès le début du premier tome, les héros - dont le professeur Alexander Kandel qui travaille à l'université du Miskatonic - découvre des ruines titanesques au pôle. Le graphisme particulier de Lauffray met en relief un scénario qui nous plonge très vite dans l'apocalypse d'un monde dévasté par des démons annoncé par un livre maudit “Ante Genesem”. Son auteur l'archéologue Jack Stanton avait pourtant annoncé la couleur sur la portée de son livre: “ Une découverte archéologique qui représente une remise en question radicale de toute notre conception de l'histoire du monde, de' l'Homme et de ses civilisations”!

Résumé des trois premiers tomes:

http://fr.wikipedia.org/wiki/Prophet_(bande_dessin%C3%A9e)

Le quatrième tome a été édité (enfin !…:-\) en avril 2014.

Si le dessin reste d'une qualité quasi-égale (avec l'aide de Eric Henninot et Patrick Bion ), par contre le scénario a posé un problème à l'auteur qui termine dans le flou.Erreur de dates par rapport aux premiers tome, difficulté pour scinder l'univers onirique et le réel, Prophet laissera un goût amer aux nombvreux aficionados de Lauffray qui espérait plus d'originalité. Plus grand chose de lovecraftien non plus, seul le premier tome rendait hommage au maître avec les quelques allusions du départ…

Ci-dessous Lauffray a eu la bonne idée de reprendre dans le tome 4 la très belle vision du temple perdu dans les montagnes gelées, très lovecraftien!

Planète Comics N° 12 : Alone in The Dark

2001, in Planète Comics N° 12, par Jean-Marc Lofficier, Randy Lofficier, Matt Haley, Alexis Briclot, éd. Semic.

En 1992, la firme française Infogrames a révolutionné le monde du jeu vidéo en publiant Alone In The Dark, le premier jeu entièrement en 3D, développant une histoire de maison hantée avec de nombreuses allusions à Lovecraft. Après deux suites reprenant le même personnage mais sans aucun lien avec HPL, Infogrames a relancé sa franchise en 2001 avec une quatrième aventure très différente qui renouvelle le personnage principal, lui adjoint une partenaire et s'ancre une nouvelle fois dans le Mythe de Cthulhu.

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Harry Dickson : le sanctuaire du grand Ancien

Par KADATH, juin 2008

Ci-dessus, Cover de l'édition originale de 2002. La plus grande image placée plus haut est celle (bien plus belle d'après moi…) de la réédition de 2013.

2002, par Richard Nolane, Olivier Roman, éd. Soleil.

Peut-on insérer l’univers des dieux lovecraftiens dans le monde prosaïque d’une enquête policière ? Les inconditionnels de HPL crieront au sacrilège mais Olivier Roman et Richard Nolane ne se sont pas posés la question et n’ont pas hésités à suivre le Grand Cthulhu au fond de son repaire à Londres. Les deux compères ont débutés la série des aventures du héros de Jean Ray en 1992 et ont signés à ce jour onze albums dont le dernier est paru en 2005.

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Ceux qui rampent

Par KADATH, décembre 2008

2003, par Gabriel Delmas, éd. Delcourt.

La couverture de cet album de Delmas incite naturellement l’amateur de fantastique à découvrir cette oeuvre. L’image de ce temple souterrain aux statues en forme de crânes faiblement éclairé constitue une promesse de mystère. Ce qui est – et restera, puisque le projet a été abandonné par Delcourt – le premier tome d’un cycle à mi-chemin entre l’héroic-fantasy et un fantastique particulièrement sombre mérite, malgré les critiques qui suivent, sa place dans la présente rubrique.

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Hommage à Lovecraft

Par KADATH, novembre 2008

2004, in Contes et récits fantastiques : le golem, par Dino Battaglia, éd. Mosquito.

Si vous découvrez la couverture de l’album Le golem, rien ne vous indique qu’après la célèbre histoire de Gustav Meyrink, l’auteur rend un hommage à Lovecraft… Ce n’est qu’au dos du livre que l’éditeur Mosquito avertit : “Sous la plume de Borges, Stevenson ou Lovecraft, l’Humain était mis en pièces… Chez Battaglia, ce dépeçage est transposé en art magistral du découpage !”

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Lovecraft

Par KADATH, mai 2008

2004, par Hans Rodionoff, Enrique Breccia, Keith Giffen, éd. Soleil.

Il y a différentes façon d’évoquer un auteur : celle qui consiste à intégrer dans sa biographie une partie de son oeuvre n'est pas classique mais peut apporter bien des surprises. Réaliser une bande dessinée sur la vie de Lovecraft contient un piège : comment montrer l’évolution du personnage par rapport à son époque et évoquer son oeuvre en même temps ? Hans Rodionoff n’est pas le premier venu, puisqu'en écrivain de scénarios pour le cinéma d’horreur il a déjà travaillé avec Clive Barker et… John Carpenter ! Keith Giffen est dessinateur depuis plus de vingt ans et a beaucoup travaillé aux Etats-Unis dans les comics. En ce qui concerne Enrique Breccia, les amateurs de bandes dessinées lovecraftiennes connaissent évidemment bien ce nom, puisqu'il n’est autre que le fils d’Alberto Breccia, auteur du mythique Cthulhu édité en 1979. Breccia vit aujourd’hui en Argentine où il continue son oeuvre d’illustrateur et de peintre renommé.

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Les rats dans les murs et autres nouvelles

Par KADATH, juin 2008

2004, par Tobias Meissner, Reinhard Kleist, éd. Akileos.

“J’ai rendez-vous à dîner avec Reinhard et Lovecraft dans le quartier italien. Quand on y pense, Lovecraft a bonne mine pour un homme mort depuis maintenant 64 ans”. Ainsi commence le préambule de Tobias Meissner à cet album ! Le ton est donné et de plus le dessinateur nous gratifie d’un dessin de toute l’équipe rédactionnelle à table autour d’un homme levant son verre au lecteur, un homme qui ressemble très fort à Lovecraft ! On pourrait penser découvrir une bande dessinée humoristique, pastiche de l’univers de HPL… C’est loin d’être le cas, cet album totalement dessiné en noir et blanc atteint bien le but premier du fantastique : l’angoisse !

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Donald : une voix bien timbrée

The Call Of C'Rruso, 2005, in Mickey Parade Géant N° 286, par Laura Shaw, Mark Shaw, Flemming Andersen, éd. Disney Hachette Presse.

Disney croise la route de Lovecraft ! Cette courte histoire met en scène Donald Duck et ses neveux Riri, Fifi et Loulou. Ces derniers sont recrutés par un célèbres imprésario pour un concert vocal exceptionnel… Mais en réalité, celui-ci cherche à réveiller grâce aux chanteurs le redoutable Pflomao, un monstre tentaculaire qui rêve au fond des eaux… Si les lecteurs habituels des histoires de Donald ne sont pas dépaysés par cette aventure trépidante, les connaisseurs de l'oeuvre de Lovecraft seront aux anges : le titre (original) de l'histoire, le nom (original) de Pflomao, l'île qui surgit de la mer, la créature à tentacules, les transformations de la famille de canards en semi-Profonds, les clins d'oeil sont légions ! Les auteurs ont bien lu L'appel de Cthulhu et ont osé le sacrilège de l'adapter à un public a priori plutôt enclin à l'humour animalier et familial qu'aux épouvantes visqueuses d'outre-cosmos de notre chère Oncle Theobald. C'est drôle, sincère et délirant : ce brin de folie dans le monde ténébreux de HPL surgit là où on ne l'attend pas et c'est tant mieux ! A noter que ce numéro de Mickey Parade Géant peut encore être trouvé sur les sites de vente d'occasion ou d'enchères.

Freaks Agency

Par KADATH, décembre 2008

2005-2006, par François Baranger, éd. Albin Michel.

L’histoire du mariage entre Lovecraft et la bande dessinée francophone qui a débuté à la fin des années 60 n’est pas prête de se terminer ! Né en 1970 à Ermont dans le Val d’Oise, François Baranger est le vivant exemple de cette symbiose intellectuelle entre l’oeuvre et les adaptations modernes. Baranger avoue avoir toujours dessiné et s’est aussi ouvert à d’autres formes d’expression artistiques : peinture traditionnelle, numérique, 3D, bande dessinée, réalisation de films, écriture de scénarios… En 2008, Baranger a travaillé comme concept artist pour des sociétés de jeux vidéos. Son site Internet est un régal pour l’amateur d’images traitées par ordinateur, de décors 3D pour jeux vidéo, et présente une chronique de ses travaux en bande dessinée.

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U-29

Par KADATH, mai 2008

2005, par Rotomago, Florent Calvez, éd. Akiléos.

La bataille de l’Atlantique fait rage entre l’Allemagne et l’Angleterre ; un “loup gris” glisse entre les vagues jusqu’à sa proie, un cargo britannique qui explose en une gerbe de feu. Les marins du U-29 découvrent le lendemain le cadavre d’un marin anglais accroché au bastingage du sous-marin. Et ce matelot pourtant mort effraie les hommes d'équipage : il avait en sa possession une curieuse tête de statue, d’inspiration hellénique classique, qu'un des hommes garde sur lui…

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Frissons lovecraftiens : premiers frissons

2007, par Nicolas Burelout, Kaan, Philippe Lemaire, Sef, Dédé Jojo, Jean-Marc Ghionga, Sebs, Mimika, Mickaelo, Djo, Fern, Polo, éd. BD Lune.

Projet enthousiasmant par principe (la BD est une publication auto-éditée d'auteurs amateurs talentueux), ces Frissons lovecraftiens sont une heureuse découverte. Une fois n'est pas coutume, commençons par les défauts ! En premier lieu, la forme : tout comme Necronomicon plus bas, la couverture est souple, ce qui gâche un peu le plaisir et fait plutôt penser à une revue. La couverture, plutôt sanglante et dégoulinante ne donne pas un plein aperçu du contenu. Le dessin est techniquement très bien réalisé mais on aurait aimé quelque chose de moins démonstratif, de plus “lovecraftien” justement… Passé ces premières constatations, on ouvre l'album : force est de constater que les auteurs se sont donnés du mal pour produire une oeuvre aboutie.

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Le gardien des ténèbres

Par KADATH, août 2008

2007, par Rodolphe, Isaac Wens, éd. Glénat.

Une histoire qui réunit des personnages aussi connus mais aussi différents que Charles Darwin, Oscar Wilde, Bram Stoker et le jeune Howard Phillips Lovecraft, voilà l’étonnant cocktail que nous propose Glénat sous la plume de Rodolphe et le crayon de Wens !

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Terra inferno

Par KADATH, mars 2013.

2007, par Cristiano Fighera au scénario et Francesco Biagini au dessin,éd. Soleil.

Le dessin de Francesco BIAGINI est assez succinct, présentant des visages grimaçants, des couleurs un peu ternes et des scènes gores de niveau manga un peu glauques.Mais le personnage est intéressant :

Né en 1979 à Pérouse en Ombrie, Italie. Francesco obtient une licence en littératures étrangères avec une thèse sur l’écrivain qui l’a profondément marqué : H.P Lovecraft. Il dessine depuis son plus jeune âge avec une prédilection expliquée pour le fantastique et le surréel. Il adore les films de Terry Gilliam et John Carpenter, les tableaux de Bosch et H.R Giger et les romans de Borge, Buzzati et Barker. Passionné de Bd et comics, il est influencé par de nombreux auteurs : Guy Davis, Moebius, Druillet, Bilal, Schuiten, Paul Pope, Enrique Breccia, Nihei, Wayne Barlowe, James Jean, Brom, Frazetta, Grant Morrison et Alan Moore comme scénaristes. Autodidacte, il a quand même fréquenté l’école de bande dessinée de sa ville où ils rencontrent ses futurs collègues et créateurs du studio Abelard (www.abelardstudio.com). Fighera en fait partie, de leur collaboration naît Terra Inferno, leur première bande dessinée. Parrallélement, il réalise des illustrations pour des groupes musicaux italiens, des histoires courtes pour des magazines ou pour des concours..

http://www.planetebd.com/BD/bande-dessinee-terra-inferno-3642.html a écrit :

Terra Inferno est un titre sombre, violent et franchement déconseillé aux plus jeunes lecteurs et lectrices ! L’univers dépeint n’a absolument rien à envier à celui d’un Lovecraft dans sa folie et sa démesure ! Aux commandes du projet, deux auteurs italiens, Cristiano Fighera au scénario et Francesco Biagini aux dessins. La partie visuelle est d’emblée la plus impressionnante, les décors sont gigantesques, souvent torturés et les personnages ont un design pour le moins particulier. Les traits sont fins et les couleurs limitées à des teintes sombres et peu variées. Le rendu final est assez impressionnant mais se révèle indigeste par moment tant l’univers est glauque et le découpage des scènes d’action assez sommaire. L’histoire est intéressante et l’ambiance apocalyptique est bien retranscrite par les dialogues « Le Dieu-Montagne… sortira de son long sommeil et nous enverra tous en enfer ». Si vous cherchez la joie et la bonne humeur, passez votre chemin. Les autres pourront quand à eux trouver intéressante cette plongée en enfer qui s’avère somme toute divertissante, sans pour autant être indispensable.. http://lbdr.free.fr/bdr2/index.php?option=com_content&view=article&id=46:terra-inferno&catid=52:bd--livres&Itemid=58 a écrit :

Londres, 1924. Une créature gigantesque et monstrueuse se matérialise soudainement au coeur de la ville. Cet événement plonge le monde dans la folie et le chaos. Les êtres humains sont frappés d'amnésie et oublient ce qu'était le monde autrefois, certains subissent des mutations qui les transforment en monstres hideux. Trente ans plus tard, le Dieu-Montagne est toujours là, endormi, alors que l'humanité tente de survivre tant bien que mal. Des cultes se sont formés pour le vénérer et une prophétie annonce que son réveil sonnera la fin définitive du monde. Des signes semblent indiquer que ce moment approche. Nadia et Seth, deux chasseurs de trésors, décident de s'aventurer au sommet de la créature afin de lui dérober ses secrets, accompagné de Spare, un sorcier qui l'étudie depuis de nombreuses années.Cette bande-dessinée fait inévitablement penser à l'oeuvre de Lovecraft, avec ce Dieu-Montagne, monstrueux amalgame de bouches, d'yeux, et de pseudopodes, qui rêve et attend le jour de son réveil. Les auteurs font preuve de beaucoup de créativité dans les diverses créatures peuplant ce monde de cauchemar. L'intrigue est prenante, malgré le peu que l'on en apprend dans ce premier tome on a envie de découvrir la suite. Seul point noir : les graphismes auraient mérité d'être plus travaillés…

Necronomicon

2007, par Woolley, éd. Kymera.

Lorsqu'on ouvre pour la première fois Necronomicon de Patrice Woolley, on a irrémédiablement l'impression d'entrer dans un monde tout à la fois familier et complètement étranger. Les images s'entrechoquent, traversées de textes agressifs et inquiétants. Des monstres indéfinis surgissent de l'éther sombre de la page, des créatures cauchemardesques s'extraient du cauchemar protéiforme avant de s'y replonger avec délectation…

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Nyarlathotep

2007, par Rotomago, Julien Noirel, éd. Akileos.

Nyarlathotep de Lovecraft, malgré sa courte durée (on parle en fait de poème en prose), est l'un des textes fondateurs du Mythe de Cthulhu puisqu'il présente le ténébreux et mystérieux dieu éponyme. Lovecraft y narre sa venue parmi les hommes, la folie qu'il y engendre et enfin la destruction annoncée de notre monde (et donc le retour implicite des Anciens Dieux). Nyarlathotep, la Chaos Rampant, est un personnage séduisant. Il se fait homme pour mieux berner les hommes, il est l'esprit et l'âme de ceux dont il annonce la venue…

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L'Horreur sous la neige

kadath25 2015/12/22 11:30

Janvier 2008; Texte et dessin : Selrahc, éditions Le Crébassoun, 28 pages. Sympathique adaptation de l'univers de Lovecraft produit par un petit éditeur où l'on trouve des bd pour enfants, des premiers essais de nouveaux talents et des créations plus adultes. L'album dessiné par Selrahc compte 25 blanches format 22 x 30 en noir et blanc . Si le scénario est une création de l'auteur, il est clair qu'il s'inspire de l'ambiance des “Montagnes hallucinées” et que certaines cases renvoient à la nouvelle “Le Festival” ainsi qu'à d'autres contes de HPL… Le dessin est assez travaillé au niveau des détails avec quelques vues de mondes sous terre qui ne manque pas d'allure. L'auteur contraste très nettement et joue assez peu sur les nuances de gris ce qui donne un album très “clair” qui rebutera les amateurs de tons plus flous propicent au thème fantastique. Jolie étude sur les traits des personnages et le décor des ruines ainsi que des créatures fort suggestives! A découvrir…

Lien vers l'éditeur : http://lecrebassou.free.fr/pages/14.html

Le céleste noir : de l'abîme, la lumière

Par KADATH, juillet 2008

2008, par Sylvain Cordurié, Laci, Axel Gonzalbo, éd. Delcourt.

Comme pour les films dits “lovecraftiens”, à partir de quand une bande dessinée peut-elle être reliée à l’univers de Lovecraft ? Voilà la question que l’on peut se poser en fermant le premier tome du Céleste noir de Cordurié et Laci édité chez Delcourt. En guise de réponse, Sylvain Cordurié déclare lui-même sur BD Gest1) : “En ce qui concerne Lovecraft, son oeuvre est bien évidemment une source d'inspiration. J'ai baigné dedans pendant pas mal de temps. Mais ce n'est pas la seule. Et non, le Céleste n'est pas un dérivé (adaptation ?) ou une prolongation de ses écrits… Pas de personnages ou de lieux issus des textes de Lovecraft ou de ceux des romanciers ayant travaillé sur la matière du Mythe. C'est plus une variation construite sur la base de concepts voisins, avec une histoire qui suit sa propre voie.”

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Les mondes de Lovecraft : arcanes 1

Par KADATH, juillet 2008

2008, par Patrick Renault, Olivier Peru, Jean-Jacques Dzialowski, Fabien Alquier, Dimitri Fogolin, Teddy Kristiansen, Christophe Palma, Stéphane Collignon, éd. Soleil.
Sous un titre plutôt ambitieux, les éditions Soleil ont réuni un groupe de dessinateurs, sous la houlette de Patrick Renault pour les scénarios et l’adaptation de récits de Lovecraft. Cette idée originale a le mérite d’offrir plusieurs visions différentes de l’univers de HPL dans le même album, ce qui permet au lecteur d’apprécier plusieurs ambiances de récits, des couleurs d’intensités diverses, des rythmes de lecture propre à chaque adaptation. Renault a déjà travaillé comme scénariste pour Soleil avec Léandro Fernandez dans l’album Hunter en 2007.

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Reanimator

2008, par Florent Calvez, éd. Delcourt

Parmi les textes de H.P. Lovecraft, Herbert West, réanimateur est un cas à part puisqu'il s'agit d'un feuilleton à épisode. Six en tout, qui relatent le destin tragique du docteur sus-nommé. Herbert west, jeune médecin brillant, est obsédé par la biologie de la vie… et de la mort. Profondément athée, il est persuadé que la vie n'est rien qu'un assemblage d'éléments scientifiques quantifiables, vérifiables et utilisables. Dès lors, il n'aura de cesse d'essayer de “réveiller les morts” en leur redonnant cette vie qu'ils ont perdue. En compagnie d'un narrateur inquiet mais passif, lui aussi médecin, West va peu à peu s'enfoncer dans sa folie… Chaque chapitre de la nouvelle reprend les éléments déjà écoulés, ce qui rend la lecture en continu un peu pénible. En revanche, le thème proche de Frankenstein et la froideur scientifique et macabre qu'y adjoint Lovecraft, rendent l'histoire générale passionnante et de plus en plus terrifiante.

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Le temple

Par KADATH, novembre 2008

2008, par Hernan Rodriguez, éd. Emmanuel Proust.

Contrairement à beaucoup d'auteurs actuels, Hernan Rodriguez assure seul le dessin et les couleurs de cet album de quatre-vingt pages dont la couverture noir et or attire déjà le regard par l’étrange créature crucifiée en son centre. L’auteur est un inconnu du public francophone et il semble impossible à ce jour de mettre la main sur une biographie, même abrégée de ce compatriote d’Horacio Lalia et de Breccia - décidément, le pays du tango semble prolixe en admirateurs de Lovecraft !

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The Outsider

Par KADATH, février 2010

2009, par Gou Tanabe, éd. Glénat.

Le manga est peu représenté dans l’univers BD inspiré par Lovecraft. Les éditions Glénat au début 2009 éditèrent un one-shot d’un auteur peu connu dont on retrouve la trace au Japon à partir de 2002 pour son adaptation de la nouvelle de Vingt-six gars et une fille puis en 2007 pour la série Kasané. Gou Tanabe relève le défi d’illustrer Lovecraft, Tchekhov et Gorki dans le même album avant de nous présenter une oeuvre personnelle. Reprenant la célèbre nouvelle de Lovecraft Je suis d'ailleurs - qui donne son nom original au présent recueil - Tanabe nous offre vingt-trois planches en noir et blanc en format 15×21.

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Necromancy

Scénario : Fabien NURY. Dessin et couleurs : Jack MANINI. Editeur : DARGAUD (T1, août 2008, 56 pages – T2, janvier 2009, 56 pages).

Synopsis

Gordon Devries est l’un des maîtres de la pègre de Louisiane dans cette année 1928 où règne la guerre entre les clans à cause de la prohibition de l’alcool. Si tout semble réussir à Devries, un jour l’un de ses convois de camions chargé de whisky est attaqué par une bande rivale. Devries découvre dans les ruines des véhicules incendiés de curieuses caisses qui contiennent des cadavres et une espèce d’urne décorée de dessins mystérieux. Cette urne intéresse un certain Lindsay, curieux personnage qui a l’allure d’un mort-vivant. Lindsay lui supplie de détruire cette urne qui contient une sorte d’entité « Celui venu des ténèbres ». Mais Devries a d’autres problèmes : son fils semble s’intéresser à d’obscures pratiques de nécromancie. Il découvre d’ailleurs dans ces affaires un livre de sorcellerie : « Necromancy ». Son fils est-il à l’origine de ce trafic de cadavres ? Pour le protéger, son père l’enferme loin du monde. Joan Boudreaux, l’amie de Jeff s’inquiète de cette disparition et rencontre Gordon. Le frère de Joan, Auguste, est l’ami de Jeff depuis leurs études universitaires et l’a entrainé dans de curieuses expériences liées à la découverte d’un tableau représentant Friedrich Boudreaux, son arrière-grand-père qui ressemble comme deux gouttes d’eau à Auguste. En 1817, Friedrich devait épouser la fille d’un de ses employés. Seulement, il découvrit qu’elle n’était plus vierge… La jeune femme refusait alors malgré les tortures de lui livrer le nom de son premier amant. L’homme qui a défloré la jeune femme s’appelait Lindsay, un docker. « Lindsay »… Un nom qui ne manque pas d’éveiller la curiosité de Devries. Auguste et Jeff ont fait la connaissance d’un métis très étrange du nom de Cortes qui semble s’intéresser au souvenir de Friedrich Boudreaux de façon très personnelle. Et d’ailleurs, quel âge à Cortes, cet homme qui pratique le vaudou et qui semble provenir de nulle part ?..Quel lien entre ce Cortes et l’auteur du tableau de Friedrich qui a tant impressionné Auguste et qui est signé par un certain…Cortes ! Pire, Gordon touche le fond de l’horreur en voyant revenir sa femme morte assassinée par un gang rival. Comme Lindsay, Brooke semble être revenue du royaume des morts, prisonnière d’une malédiction. Pour sauver son fils, Gordon va devoir découvrir un univers qu’il ne connait pas, celui de la sorcellerie, de la nécromancie et des pratiques qui affectent les imprudents qui ouvrent le « Necromancy ». D’ailleurs Auguste qui a été interné dans un asile psychiatrique commence à présenter de curieuses caractéristiques de dédoublement de la personnalité avec son ancêtre Friedrich. Mais l’âme de Friedrich est-elle bien morte ? Son fidèle serviteur Cortes n’est-il pas la preuve vivante que le « Necromancy » peut permettre de vaincre la mort. Quel pacte unissent Cortes à « Celui venu des ténèbres » qui dort dans l’urne ?

L’Affaire Charles Dexter Ward enfin en bande dessinée !

	Les sels essentiels de l’humaine poussière se peuvent préparer de telle

Façon qu’un homme ingénieux puisse ressusciter la forme d’un de ses ancêtres défunts à partir de ses cendres…. (Citation à la première case du tome 2)

Curieusement l’un des titres les plus célèbres de Lovecraft avait toujours été boudé par les scénaristes et illustrateurs du 9° art. La célèbre longue nouvelle (ou court roman pour certain) L’Affaire Charles Dexter Ward n’avait jamais été adaptée en album BD. La démarche de Fabien Nury est donc de saisir l’occasion de créer une œuvre qui reprend le schéma de base tout en situant l’intrigue dans cette Amérique des années 20/30 qu’il affectionne tant (voir sa série Le Maître de Benson Gate chez Dargaud également). Si les noms et le décor changent, l’histoire originale de Lovecraft est conservée dans ses grandes lignes et jusqu’au détail du tableau maudit de Joseph Curwen qui ici est celui de Friedrich Boudreaux. La citation reprise ci-dessus s’inspire directement de celle que Lovecraft avait placée en tête de sa nouvelle et dont l’auteur est nommé Borellus, preuve supplémentaire de la volonté de Fabien Nury de bien marquer la filiation de son scénario avec l’œuvre de HPL.

L’âme damnée de Joseph Curwen s’appelle ici Cortes le métis qui sert d’intermédiaire entre son maître assassiné au XIX° siècle et la déité « Celui venu des ténèbres » par l’intermédiaire des formules contenues dans le « Necromancy » (c’est-à-dire ce bon vieux Necronomicon). La malédiction frappera Auguste l’ami de Jeff, puis Jeff lui-même et Gordon Devries dans un final qui laisse peu d’espoir d’échapper aux sortilèges du dieu venu du passé que contient l’urne. Fidélité aussi à Lovecraft dans cet épilogue qui se situe dans un hôpital psychiatrique où l’on appréhende les motivations finales d’un Gordon Devries qui espère ressusciter son fils grâce au « Necromancy ».

Un superbe diptyque au graphisme envoûtant.

Jack Manini a plus d’une corde à son arc : dessinateur, scénariste, coloriste, rien ne manque. Auteur de la série Mycroft (3 albums), La Loi du Kanun (3 albums), il a déjà participé à une dizaine de séries de genres très divers. Premier bon point, les deux couvertures qui représentent le couple Gordon Devries et son épouse assassinée par la pègre, sorte de « couple maudit », est réalisé à la gouache et non via un logiciel de composition graphique. Le dessin de Manini joue la carte de l’ambiance plutôt que celle de la précision des détails. Les visages sont particulièrement expressifs et s’harmonisent aux couleurs tirant vers le bleu pour les scènes de nuit et vers le jaune orangé qui rend très bien la chaleur moite et pesante du pays cajun. La scène finale ou Cortès évoque l’habitant de l’urne est superbe, Manini métrisant son art juste ce qu’il faut pour conserver le mystère de « Celui venu des ténèbres » tout en bluffant le lecteur par des dessins à l’ambiance fantastique. C’est cette qualité graphique qui captive le lecteur et rend la lecture des deux albums possible d’un seul trait sans un temps mort ni de planches bâclées. Curieusement, ce dytique fantastique n’a rencontré qu’un succès mitigé auprès des spécialistes du 9° art et limité auprès du grand public.

En résumé, cette adaptation d’une œuvre maîtresse de Lovecraft en BD est une réussite qui mérite sa place dans votre bibliothèque à côté des Breccia, Calvez, Lalia, Druillet et tous les autres auteurs ayant compris Lovecraft.

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KADATH, 2011.

Jenny Finn

Par KADATH, mars 2013

Juillet 2008; Mike Mignola (scénario), Troy NIXEY (dessin); éditions Emmanuel Proust.

Le dessin de Troy NIXEY varie entre un graphisme très précis et des cases plus rapidement exécutées. Certaines scènes d’apparition des « monstres » font penser aux « pulps » bons marchés des années 70 avec un côté naïf qui désamorce l’horreur du scénario. Par contre, le côte sordide du milieu des prostituées des bas quartiers de cette ville portuaire est bien rendu : visages grimaçants, décors malsains, gestes obscènes des femmes perdues dans ces ruelles glauques. L’ambiance qui domine cet album est sinistre tout autant que fantastique.L’artiste choisi un noir très franc, presque sans nuance de gris, sur fond d’un blanc sans nuance qui éclaire l’ensemble de l’album. L’emploi de l’encre de chine en rayures fines donnent du mouvement aux personnages et sert le relief des décors.Certaines scènes me font penser au style du dessinateur allemand Reinhard KLEIST dont j’ai déjà parlé dans la rubrique BD de notre site (voir LES RATS DANS LES MURS).L’emploi du blanc et noir souligne encore plus cette impression d’horreur mêlée de drames humains innommables. Même si le scénario est signé Mike MIGNOLA, je trouve que le lecteur est parfois perdu à cause d’une narration de l’histoire un peu décousue. Des personnages bizarres apparaissent sans lien direct avec l’histoire puis disparaissent aussi vite. La nature de Jenny Finn par rapport au monstre que l’on découvre au milieu de l’histoire est mal définie.Il faut noter aussi qu’il n’y a aucune références explicites à Lovecraft, le lien avec l’univers du père de Cthulhu étant le monstre marin qui envahi et corromps l’univers des hommes grâce au personnage de Jenny Finn En définitive, je pense que cet album mérite d’être dans la bibliothèque de tout bon lovecraftien par l’ambiance particulière qui s’en dégage, somme toute assez fidèle à l’œuvre de HPL.

Le dessin est certes intéressant et l’ambiance des petites rues malfamées rappellent Dickens avec des personnages familiers aux contes d'Edgar Allan POE.Le côté « lovecraftien » est ici représenté par l’apparition de bras de poulpes à planches régulières et d’êtres mi-homme, mi-poisson qui nous rappellent (un peu) Innsmouth.Malgré ces quelques éléments, l’histoire n’accroche pas vraiment, et le côté plus grotesque que vraiment fantastique de l’ensemble de l’histoire y est pour quelque chose. http://www.bdnet.com/catalogue_seriebd_ … nn–Albums

http://bdtheque.com/main.php?bdid=9251

La peur qui rôde

Par KADATH

2009, par H.P. Lovecraft, Romain Fournier, éd. Alternatives.

Illustrer l’univers de Lovecraft ! La gageure pour tout peintre, dessinateur, infographiste ou réalisateur de court ou longs métrages ! Les éditionsalternatives, dans leur collection Tango, ont pourtant relevé ce défi en confiant à Romain Fournier le soin d’accompagner le texte de la nouvelle La peur qui rôde. Rappelons que cette nouvelle fut révélée au public francophone en 1961 dans le recueil devenu culte pour les lovecraftiens Je suis d'ailleurs dans la célèbre collection Présence du Futur chez Denoël.

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LES ANNEES 2010

Les années 2010 marquent un développement qualitatif évident au niveau BD. Le monde lovecraftien est de plus en plus exploité dans le 9° art fantastique, comme le montrent les éditions qui suivent.

20.000 siècles sous les mers

Par KADATH, mars 2013

2 tomes:

**octobre 2010: L'Horreur dans la tempête; 46 pl. Richard D. Nolane (scénario), Patrick A.Dumas (dessin), Axel Gonzalbo (couleurs)**
**février 2012: Le Repère de Cthulhu; 46 pl. Richard D. Nolane (scénario), Patrick A.Dumas (dessin), Axel Gonzalbo (couleurs)**

Les membres de ce site ont eu le plaisir de vivre “en direct” la naissance de cette BD en dyptique grace à la présence de notre ami Patrick Dumas sur le forum : http://forum.hplovecraft.eu/viewtopic.php?id=785&p=1

20.000 siècles sous les mers est une réussite tant au niveau du scénario que du dessin. Ce n'est pas évident de relier la célèbre histoire de Jules Verne au mythe de Cthulhu sans tomber dans le plagiat à l'histoire incohérente.Nolane parvient à faire “renaître” Nemo de façon habile et amène le lecteur petit à petit vers le Mythe en distillant intelligement les éléments que les fidèles de HPL reconnaitront. L'idée de cette caisse d'acier qui contient “quelque chose” laisse le lecteur en plein mystère…dans l'attente du tome2. Le dessin est d'un niveau supérieur, très proche des autres albums de cette collection “1800” qui est un succès pour les éditions Soleil.

http://www.sceneario.com/bande-dessinee/GRANDS+ANCIENS+1-La+baleine+blanche-14431.html En 1850, le jeune Ishmaël a pour intention de quitter la marine marchande pour devenir marin sur un baleinier et, pour ce faire, s’est transporté à l’auberge de l’Amiral Bandow de New Bedford à la Nouvelle-Angleterre pour y glaner quelques précieux conseils. En ces lieux bruyants où la bière coule à flot, il y rencontre le romancier Hermann Melville qui, fort de l’intérêt que porte le jeune homme sur la chasse au cachalot, se décide à lui faire part d’une histoire fascinante et effrayante, celle du Capitaine Achab et de son combat titanesque contre le Kraken, l’immense créature des bas fonds marins. Commence alors un récit impressionnant dans lequel l’appel du large devient synonyme de légendes terrorisantes, de folie, de prières impies et également de démesure. T2: En la taverne de l'Amiral Benbow de New Bedford, Herman Melville poursuit son étrange et inquiétant récit en présence du jeune marin Ishmaël.

Le Commandant Achab est reparti pour une nouvelle campagne, avec le Pequod, armé comme jamais. Voguant vers l'est, il ne tarde pas à être pris en chasse par le légendaire et terrifiant Kraken. Créature géante des fonds abyssaux, celle-ci, de sa puissance tentaculaire, sème sur le baleinier désarroi, folie et destruction. Alors que tout paraît perdu, le monstre abandonne la partie, chassé semble-t-il par des baleines blanches. Que s'est-il réellement passé, pourquoi ce retournement de situation incompréhensible, telles sont certaines des nombreuses questions posés par les rescapés marqués au plus profond de leur âme par ces évènements. D'ailleurs, le commandant Achab, animé d'une vengeance inébranlable, est bien décidé à comprendre cette fantastique mésaventure qu'il voit liée à la folie d'un ancien harponneur et aux secrets de cultes païens et blasphématoires contenus dans d'anciens grimoires.

Grands Anciens

Par KADATH, 2012

2010-2011, par Jean-Marc Lainé, Bojan Vukic, Anouk Pérusse-Bell, éd. Soleil.

Un soir à New Belfort, port de pêche de la Nouvelle Angleterre (et pays d'un certain H.P. Lovecraft), Herman Melville lui-même raconte au jeune Ishmaël qui rêve d’embarquer sur un baleinier pour courir l'aventure l'extraordinaire histoire du capitaine Achab (qui a, grâce à l’humour du dessinateur Bojan Vukic, une certaine ressemblance avec l’acteur américain Gregory Peck)… Achab, qui tentait de liguer les autorités du port pour poursuivre une créature qui avait déjà coulé bien des navires, rencontra un prêtre qui identifia un livre mystérieux que serrait un marin fou dans ses bras : le Necronomicon ! Obsédé par des images monstrueuses, celui-ci récitait sans cesse des mots étranges : “Ph’nglui mglw’naft Cthulhu R’Lyeh wgah’nagl Fhtagn”…

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CULBARD I.N.J. : L'OEUVRE D'ADAPTATION DE LOVECRAFT ( quatre titres disponibles au 03/2015)

Par KADATH; 2012. mis-à-jour en octobre 2013, 2014 et juillet 2015.

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1) Les Montagnes hallucinées; janvier 2011 ; 118 planches

2) L'Affaire Charles Dexter Ward; avril 2012 ; 124 planches

3) Dans l'Abîme du temps ; septembre 2013 ; 118 planches

4) La Quête onirique de Kadath l'inconnue . juillet 2015 ; 160 pages

5) The Shadow over Innsmouth. version anglaise en JUIN 2016

La version en langue anglaise est prévue pour juin 2016, sans indication de date pour la version française.

6) The Dreams in the Witch House. Version anglaise en OCTOBRE 2016

La version en langue anglaise est annoncée pour l'automne 2016, pas encore de cover ni de date de parution en français….

Description de l'oeuvre: un dessin "naïf" pour découvrir HPL.

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En ce début des années 2010, la mode est aux albums BD de petite taille – « Format Kindle » - 24 X 16 cm, qui rompt avec la bande dessinée traditionnelle. Si la taille est différente, l’approche d’artiste comme Culbard risque de surprendre plus d’un… I.N.J. CULBARD est un dessinateur anglais d’origine polonaise mais vivant aux States ! Touche à tout, il est illustrateur, coloriste et scénariste depuis plus de dix ans. En duo avec l’écrivain britannique Ian Edginton, il s’attaque à l’œuvre d’Arthur Conan Doyle avec l’adaptation, quatre romans du célèbre détective flanqué de l’inséparable docteur Watson : Une Étude en rouge (1887), Le Signe des quatre (1889), Le Chien des Baskerville (1901) et La Vallée de la peur (1914), qu’Akileos a fait découvrir au public francophone. Mais Culbard à une autre passion, celle de l’œuvre de Lovecraft ! En trois ans, son éditeur favori en France à publié trois des plus célèbres textes de Howard : Les Montagnes hallucinées, L’Affaire Charles Dexter Ward et Dans l'Abîme du temps. Influencé par Yves Chaland, l’américain Milton Caniff et Jijé (l’un des fondateurs du journal Spirou), Culbard est le défenseur d’une ligne claire épurée aux couleurs nettes. Visages aux expressions froides, palette chromique franche avec peu de nuances, il s’appuie sur cette ambiance très rhétoricienne pour respecter presque à la lettre le texte original. On peut ne pas apprécier cette « pureté » des traits qui donne parfois un côté, naïf, presque scolaire aux adaptations de Lovecraft. Le plus simple est de juger sur pièce et de lire Lovecraft illustré par Culbard…

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Article provenant du site Babelio: http://www.babelio.com/livres/Culbard-Dans-labime-du-temps/501760

Juillet 1935. Profitant de la traversée en bateau qui le ramène chez lui, Nathaniel rédige une longue lettre dans laquelle il s'adresse à son fils. Il confie à ce dernier les conclusions qu'il tire d'une expérience troublante qu'il vit depuis 27 ans.

Ian « I.N.J. » Culbard n'en est pas à sa première adaptation des univers de H.P. Lovecraft. Depuis deux ans, et au rythme d'une adaptation par an, il revisite l'univers d'un des grands maîtres de l'horreur et des mondes fantastiques. Ainsi, en 2011, il a mis en image Les Montagnes hallucinées (nouvelle écrite en 1931 par Lovecraft) et l'année dernière, il a repris L'affaire charles dexter ward, un roman écrit en 1927 et publié en 1941 (ce récit a ma préférence dans la bibliographie de Lovecraft). Si L'affaire charles dexter ward s'ancrait totalement dans l'univers de Chtulhu, l'histoire des Montagnes hallucinées « est considérée par le spécialiste de Lovecraft S. T. Joshi comme un tournant majeur dans la « démythification » du Mythe de Cthulhu. Qu'il préférait appeler lui-même mythe de Lovecraft » (source : Wikipedia). Dans l'abîme du temps est l'un des derniers textes écrits par HPL et reprend de nombreux éléments qu'il avait créés dans ses œuvres précédentes. On trouve ainsi des références à une bibliographie de livres aussi fictifs qu'occultes : de Vermis Mysteriis, Le Necronomicon (présent dans les trois titres adaptés par Culbard) ou le Livre d'Eibon (voir page 43 de la présente adaptation pour accéder à la liste complète des ouvrages lovecraftiens référencés). N'ayant plus que de fragiles souvenirs de ma première lecture du roman éponyme de HPL, il me sera impossible de dire si l'adaptation est fidèle au roman originel. Pourtant, j'y ai retrouvé avec plaisir la présence d'un être torturé, un homme perdu à la frontière entre deux mondes : sa réalité et une réalité immatérielle et intemporelle peuplée de créatures étranges. Le traitement graphique de I.N.J. Culbard est assez sobre et superbement mis en couleurs. le dessin est net, précis et finalement, assez épuré compte tenu de ce à quoi on aurait pu s'attendre. C'est peut-être la raison pour laquelle j'ai abandonné la lecture très rapidement lorsque j'ai voulu découvrir cette adaptation. Cela me semblait un peu trop épuré par rapport aux représentations imaginaires que je projetais lorsque je lisais les récits de Lovecraft. Mais je n'avais pas abandonné l'idée de lire ce nouvel ouvrage et ma seconde lecture fut plus fructueuse. Au final, l'emploi d'un trait assez classique soulage grandement les propos et permet au lecteur de se concentrer sur le récit sans être mis à mal par une surabondance d'effets de style. On profite donc pleinement du trouble du narrateur et du chemin sinueux qu'il emprunte pour recoller les fragments de sa mémoire. Ainsi, le lecteur est aux premières loges pour profiter de ce voyage atypique et observer le combat mené par cet homme pour rationaliser les choses et ne pas sombrer dans la folie. Dans l'abime du temps n'est pas le récit le plus terrifiant de Lovecraft ; il permet de se sensibiliser en douceur à l'œuvre de HPL. Il s'appuie sur l'idée qu'un peuple étranger [à la race humaine] composé de créatures multiformes qui s'apparenteraient pour certaines à des céphalopodes, pour d'autres à des reptiles. Quoi qu'il en soit, leurs apparences n'ont rien de familier pour nous et leur présence est souvent inquiétante. Ici pourtant, l'ambiance est surnaturelle, il n'y a rien d'horrifiant à ce monde parallèle, Lovecraft est capable de bien pire. On y retrouve aussi cette idée développée à maintes reprises par HPL : le fait que pour parvenir à leurs fins, une race en utilise une autre pour faire des expériences et ainsi affiner ses savoirs. Ici, ce sont les humains qui servent de cobayes (mais il n'est pas rare que les rôles soient inversés dans l'univers de Lovecraft, certains humains sont capables de manipuler des sortilèges occultes pour invoquer et/ou capturer des entités étrangères dont certaines leur permettent d'accéder à un pouvoir maléfiques, voir L'affaire charles dexter ward).

kadath25 2012/12/05 16:53

NEONOMICON

Scénario :Alan Moore, dessin: Jacen Burrows; Editions Urban Comics; octobre 2013; 175 pages.

La couverture de l'édition française insiste sur “ALAN MOORE REVISITE H.P.LOVECRAFT” et c'est exactement le cas. Alan Moore offre la caractéristique de détester “l'homme” Lovecraft mais d'être fasciné par son univers fantastique!

Alan Moore est l'un des plus grands auteur de “comics” outre-atlantique (mais anglais de nationalité!) et son oeuvre est connue dans le monde entier. L'auteur est un “personnage” atypique qui navigue entre anarchisme et attrait pour l'occultisme et les religions anciennes. Ses plus grands succès “V pour Vendetta”, “Watchmen” (meilleur album étranger à Angoûlème en 1989), “La Ligue des gentlemen extraordinaires”, “From Hell” sans compte une partie de la série “Batman” et “Superman” font de lui un personnage culte du 9° art. Son attirance pour Lovecraft est essentiellement liée à l'univers du “mythe” créé par HPL, car Moore honnit les valeurs défendues par le créateur de Dagon: fidélité aux traditions culturelles des WASP (anglo-saxons blancs de race et protestants), importance du facteur racial, pudeur sexuelle etc… Moore prend donc le contre-pied et ses personnages centraux sont de préférences des êtres que HPL n'aimait guère; liberté sexuelle, homosexualité, valeurs démocratiques etc… Mais si Moore “règle ses comptes” avec HPL, par contre il se présente comme un ardeur défenseur de son univres, voir un spécialiste de cette oeuvre qu'il dissèque et parsème deci-delà des références à peine déguisées qui se rattachent aux principales nouvelles de Lovecraft. Neonomicon est a ce titre une adaptation très réussie : ambiance glauque, créature issue de sousterrains communiquant avec la mer, personnages hybrides, “livres” maudits, tout y est!

http://www.20minutes.fr/culture/1242685-20131028-20131028-hommage-alan-moore-a-h-p-lovecraft

http://www.comicsprime.be/review-vf-neonomicon/

Beaucoup d'avis intéressants sur le site commercial “Amazon”: http://www.amazon.fr/product-reviews/2365772684/ref=cm_cr_dp_see_all_btm?ie=UTF8&showViewpoints=1&sortBy=recent

….et sur un site spécialise du 9° art ; BD-THEQUE :http://www.bdtheque.com/main.php?bdid=13264&action=6

kadath25 2016/01/20 10:43

SHERLOCK HOLMES ET LE NECRONOMICON , suivi de SHERLOCK HOLMES, LES CHRONIQUES DE MORIARTY.

T 1 : L'Ennemi intérieur - Août 2011, Sylvain Cordurié (scénario); Vladimir Krstic “Laci” (dessin) , Axel Gonzalbo (couleurs), Jean-Sébastien Rossbach (couverture); éditions Soleil, 46 planches.

T 2 : La Nuit sur le monde - 12 juin 2013, Sylvain Cordurié (scénario); Vladimir Krstic “Laci” (dessin) , Axel Gonzalbo (couleurs), Jean-Sébastien Rossbach (couverture); éditions Soleil, 46 planches.

La suite: Sherlock Holmes - Les Chroniques de Moriarty septembre 2014. Sylvain Cordurié (scénario); Andrea Fattori (dessin); Axel Gonzalbo (couleurs), couverture de Ronan Toulhoat; éditions Soleil, 46 planches.

Tome 1 : Faut-il encore présenter Sylvain Cordurié né le 19 mai 1968 à Neuilly-sur-Seine, qui du monde des “rolistes” est en train de s'affirmer comme un “grand” du fantastique en BD. Déjà plus d'une dizaine de titres à son actif, dont LE CELESTE NOIR inspiré par HPL et repris dans cette rubrique. Ici c'est LE LIVRE lovecraftien par excellence qui sert de base à l'histoire fort bien dessinée par Laci et Krstic. A noter que Laci et Axel Gonzalbo avaient déjà travaillés avec Cordurié pour “Le Céleste noir”; décidément ces trois-là aiment Lovecraft!

http://www.coinbd.com/series-bd/sherlock-holmes-et-le-necronomicon/l-ennemi-interieur/

Arthur Conan Doyle rencontre H P Lovecraft. À la suite de sa victoire sur Selymes, Sherlock Holmes a quitté Londres. Désormais, il est Thomas Sigerson et participe à une expédition scientifique en Arctique. Il concrétise ainsi un vieux rêve. Se délivrer du passé n'est toutefois pas si simple et, pour le célèbre détective, il va ressurgir sous une forme inattendue. Les créatures de l'ombre sont légion et après les vampires, Sherlock Holmes affronte un autre ennemi, au visage à la fois familier et étranger. Un nouveau combat s'engage où le savoir est la meilleure des armes. Mais il est des secrets dont les hommes devraient se garder. Et des livres dont les pages ne devraient jamais être tournées

le dessin est précis, présentant de belles teintes pastelles qui ressemblent aux autres productions des éditions Soleil dans cette colection “1800” (je pense notamment à “Grands Anciens” de Bojan Vukic).

Une lecture agréable et quelques trouvailles scénaristiques: une bonne adaptation de l'univers de Lovecraft.

Tome 2:

Si le premier opus laissait présager une histoire intéressante, force est de constater que la seconde partie de ce dyptique s'essoufle assez vite pour n'autoriser que peu de rêve au lecteur. La collection “1800” chez l'éditeur Soleil semble se spécialiser dans les scénarios croisés entre deux univers d'auteurs célèbres, offrant ainsi des histoires improbables qui ne satisfont ni les amateurs du premier auteur (dans ce cas Conan Doyle ) ni les fans du second (dans ce cas les adeptes de Lovecraft).

Le dessin de Vladimir Krstic - alias LACI - (voir “Le Céleste noir” plus haut) reste très bon, précis, vivant, avec des visages expressifs, des paysages et des scènes urbaines aux architectures étudiées. L'ambiance victorienne qui domine cet album jette une lueur inquiétante que la colorisation d'Axel Gonzalbo (Le Serment de l'Ambre, 20000 siècles sous les mers, Les Cercles d'Akamoth etc…) vient confirmer.

Rien à dire au niveau visuel, les logiciels de composition d'images viennent d'ailleurs empêcher (s'il sont utilisés avec rigueur) les éventuels défauts.

C'est plutôt au niveau du scénario que la bas blesse…On se demande une fois l'album fermé quel besoin d'amener ce pauvre Necronomicon dans cette galère! :-) Est-ce un truc commercial, car le “Lovecraft se vend bien actuellement” ?… :-/ Notre Sherlock Holmes se bagarre à nouveau avec l'inusable Moriarty qui se trouve piégé par un sorcier ayant découvert la force du grimoire. Celui-ci semble avoir d'ailleurs une vie propre et le Necronomicon est bien capable seul de détruire des maisons et provoquer des cataclysmes sans l'intervention des humains.

A par ce tour de force exécuté par le livre, rien de bien “lovecraftien” dans cette histoire qui se termine de façon un peu ridicule entre la reine d'Angleterre et une créature dont je tairais l'origine pour ne pas trop “spoiler”.

Suite du premier dyptique: “Sherlock Holmes - Les Chroniques de Moriarty” septembre 2014:

L'avis de bdgest.

L es héros sont immortels, leurs Némésis aussi ! Dans Les chroniques de Moriarty Sylvian Cordurié laisse de côté le locataire du 221bis Baker Street pour se concentrer exclusivement sur le devenir du sinistre Professeur James Moriarty. Sans en être une suite directe, cette aventure se rattache néanmoins, de par son sujet, à Sherlock Holmes et le Nécronomicon paru dans la même collection. Après une série d'épreuves cauchemardesques, le terrible criminel est de retour à Londres…

En ajoutant une dose de fantastique au roman d'enquête victorien, le scénariste de Walkyrie avait trouvé une excellente formule. De plus, l'utilisation intelligente de Holmes, l'archétype du détective, permettait d'ancrer ses récits dans une « réalité » imaginaire reconnaissable par tous. Avec Renaissance, il pousse son concept un peu plus loin en proposant une histoire lorgnant uniquement vers les mythes lovecraftiens, dans la forme et le fond. Le résultat est malheureusement bancal. La double narration – d'un côté l'interminable calvaire jodorowskien du héros et, de l'autre, sa nouvelle « mission » – se révèle lourde, particulièrement à cause de textes narratifs ampoulés envahissants et d'une galerie de personnages sans relief (Meredith Rutherford dont le rôle se limite à être présente, Noble l'homme de main/débrouillard de base, Attilio Toldo la caricature de méchant, etc.). Oui, le Napoléon du crime est bien de retour, par contre, les embûches qu'il trouve sur son chemin ne sont guère passionnantes, ni vraiment originales.

Aux pinceaux, Andréa Fattori rend une copie maîtrisée à défaut d'innover. Son style, proche de celui de Jean Giraud ou Yves Swolfs, est bien en place et devrait séduire les tenants d'un certain classicisme. Axel Gonzalbo a également repris à son compte cette approche mesurée pour sa mise en couleurs. Celle-ci, parfaitement en accord avec le propos, permet de renforcer les différentes ambiances du récit sans écraser le trait du dessinateur.

En l'état, cette reprise en main des affaires par Moriarty ne provoque guère d'étincelles.

Erik KRIEK : H.P.Lovecraft - L’Invisible et autres contes fantastiques.

Novembre 2012; Actes Sud Editions, 111 pages.

Le noir et blanc a souvent été choisi par les dessinateurs pour adapter l’œuvre de Lovecraft. Que ce soit l’immense talent d’un Breccia (« Cthulhu »), le plus critiquable Horatio Lalia (« Le grimoire maudit »), le grand Andreas « Révélations posthumes », l’original Olivier Morissette (Le jour à « Wentworth »), le trait artistique d’un Battaglia (« Hommage à Lovecraft » in « le Golem »), l’art figuratif de Reinhard Kleist (« Les rats dans les murs et autres nouvelles »)etc… le choix ne manque pas pour comparer cette approche de l’univers fantastique de Howard. Le hollandais Erik Kriek a lui aussi préféré ce mode d’expression pour résoudre les problèmes que pose l’adaptation de l’univers de Lovecraft. Erik Kriek est peu connu dans l’univers de la bande dessinée franco-belge. Né à Amsterdam en 1966, il est l'auteur de deux séries de bandes dessinées populaires aux Pays-Bas : Gutsman, un anti-héros dont les aventures sont muettes et dont la parution débute en 1998 jusqu’en 2004, totalisant 8 albums en noir et blancs, et Tigra, une ménagère en costume de tigre. Il a aussi publié de très nombreuses illustrations dans la presse, notamment dans Volkskrant et Vrij Nederland. En 2008, il a été récompensé pour l'ensemble de son œuvre par le prestigieux prix de l'association Stripschap. En s'attaquant à Lovecraft, Erik Kriek a satisfait une ambition caressée de longue date. Proche de l’underground des comics US, son style fait penser à celui d’un Richard CORBEN, avec des personnages à la limite du grotesque, aux traits outranciers. L’Invisible et autres contes fantastiques présente 5 titres : Je Suis d’Ailleurs, La Couleur tombée du ciel, Dagon, De L’Au-delà (ici sous le titre « L’Invisible » et - classique des classiques - Le Cauchemar d’Innsmouth. Comme on peut le constater rien que des « grands textes » à l’exception de « De l’Au-delà » qui donne ici son titre « L’Invisible » au recueil. L’album débute par une savoureuse caricature de l’auteur dessinant près d’un buste de HPL… (voir photo). Viens ensuite une courte présentation du travail de Kriek par rapport à Lovecraft par Gerard Soeteman (scénariste pour la télé néerlandaise). Je suis d’ailleurs – un des textes de Lovecraft les plus adaptés au 9° art ! – reprend fidèl ment le déroulement de l’histoire jusqu’à la révélation finale qui vient un peu vite et de façon grandiloquente, voire un peu ridicule. Kriek tombe ici dans le travers des comics à l’horreur style « zombie » peu convaincante. La Couleur tombée du ciel est nettement plus travaillée présentant une étude plus poussée sur la lumière des visages et l’expression des personnages. Sur ce point, Erik Kriek fait beaucoup mieux que Horatio Lalia, peu à l’aise pour illustrer cette nouvelle. Dagon est liquidé en six planches, travail bien trop expéditif pour mettre en exergue l’ambiance de cette île oubliée du monde où le héros découvre un dieu marin près d’un monolithe hors d’âge. Par contre, quelques dessins méritent l’attention, dont celui du monolithe… L’invisible est une bonne adaptation du texte original avec une composition intéressante des créatures qui envahissent notre univers venant de l’au-delà. Le Cauchemar d’Innsmouth qui termine l’album est certainement l’adaptation la plus complète par rapport au texte de Lovecraft. Toute l’histoire est bien respectée, y compris la fin dramatique du dernier héritier de la famille Marsh. L’ambiance d’Innsmouth est vraiment très bien rendue avec des clair-obscur de qualité, des scènes maritimes suggestives et une peinture glauque de la ville maudite. Le style de Kriek ressemble aussi à celui de Troy NIXEY dont l’album Jenny Finn est proche par l’ambiance et le trait de celui de l’auteur de Gutsman.

kadath25 2012/12/05 16:58

Analyse de Nébal.

http://nebalestuncon.over-blog.com/article-l-invisible-et-autres-contes-fantastiques-d-erik-kriek-h-p-lovecraft-113067393.html

L’horreur selon Lovecraft, c’est un fait qui a été souvent noté, n’a le plus souvent rien de « psychologique » ou « suggestif » : elle est matérielle, foncièrement graphique. Peu importe à cet égard, ainsi que l’avait noté si je ne m’abuse Michel Houellebecq dans sa lecture, si les narrateurs lovecraftiens sont parfois les premiers à remettre en question leur santé mentale, et à supposer que ce qu’ils ont vu n’était peut-être que le fruit de leur imagination délirante. Non : les personnages lovecraftiens ont bien pour fonction de percevoir, et, malgré qu’ils en aient, le lecteur, lui, sait que tout cela est vrai. Aussi l’horreur lovecraftienne fait-elle un usage abondant de tous les sens, la vision n’étant pas le moindre. Les monstres et entités qui pullulent dans l’œuvre du Maître de Providence, aussi invraisemblables soient-ils, aussi délirants et démesurés, prennent chair sous sa plume. Ils ont une corporalité, une véracité graphique, empruntant parfois la forme de longues descriptions cliniques, où la folie convole avec la science (pensons notamment à la fameuse scène de dissection des « Montagnes hallucinées »).

Ce qui ne va pas sans poser problème dès lors qu’il s’agit d’adapter « visuellement » Lovecraft. La description littéraire laisse la place à l’imagination, aussi précise soit-elle. Le lecteur peut se faire sa propre idée de Cthulhu ou des shoggoths, une idée probablement un brin nébuleuse, mais néanmoins suffisante pour exprimer l’horreur. Mais quand il s’agit de représenter graphiquement, de montrer l’horreur, les arts visuels encourent le risque de se montrer défaillants. Cela explique sans doute pour une bonne part la difficulté d’adapter Lovecraft de manière convaincante, que ce soit au cinéma (où le résultat est plus qu’à son tour ridicule… parfois volontairement) ou, ce qui nous intéresse aujourd’hui, sous forme de bande-dessinée.

Plus d’un s’est essayé à adapter Lovecraft en BD, et plus d’un s’y est cassé les dents. Je me souviens notamment d’un volume d’adaptations par un (ou des ?) dessinateur(s) italien(s) dont le nom m’échappe, et qui était au mieux médiocre. A contrario, un génie tel que Breccia a pu livrer des adaptations hautement convaincantes, mais en contournant la difficulté de montrer ce qui ne saurait l’être (grâce à une technique sublime mêlant dessin et collage, laissant la monstruosité et le délire dans un délicieux clair-obscur).

Le dessinateur néerlandais Erik Kriek a, à son tour, décidé de tenter l’expérience. Il en est résulté cette BD publiée par Actes Sud dans la collection L’An 2, et reprenant cinq textes de Lovecraft : « Je suis d’ailleurs », « La Couleur tombée du ciel », « Dagon », « L’Invisible » (c’est-à-dire « De l’au-delà ») et enfin « Le Cauchemar d’Innsmouth ». Kriek a donc dû se poser la question de la représentation graphique de l’horreur lovecraftienne, et a pris le parti de montrer, de manière bien plus frontale qu’un Breccia. Il faut dire que, s’il use lui aussi du noir et blanc, c’est d’une manière radicalement différente, mêlant influences underground américaines et ligne claire, avec un certain brio, d’ailleurs. Cependant, ce parti-pris me paraît plus ou moins pertinent selon les cas, et explique sans doute pour une bonne part mon impression mitigée au sortir de ce recueil.

Ainsi, je le trouve plutôt inapproprié pour « Je suis d’ailleurs ». Si Erik Kriek a le bon goût de garder pour la dernière case – une pleine page, en fait – la « révélation » du titre, il se montre à mon sens bien trop démonstratif lorsqu’il évoque le périple de « l’Outsider ». Le trait est joli, l’ambiance – passablement gothique – est des plus appréciables, mais l’ambiguïté qui fait une partie non négligeable du charme de la nouvelle de Lovecraft n’est ici plus de mise, et on peut le regretter.

Rien à redire, par contre, sur l’adaptation de « La Couleur tombée du ciel ». Cette fois, le trait se révèle particulièrement approprié, et le choix de montrer tout à fait judicieux. L’horreur suinte littéralement de cette adaptation fort réussie d’une des plus brillantes nouvelles de Lovecraft, qui constitue à mon sens et de très loin le sommet de ce recueil.

« Dagon », un texte à mon avis trop court pour donner un résultat intéressant sous cette forme, convainc beaucoup moins ; l’apparition – très graphique, donc – de la colossale créature embrassant le monolithe est réussie, mais le tout laisse un peu froid…

« L’Invisible », de même, ne présente en ce qui me concerne qu’un intérêt très limité, mais la faute en incombe cette fois davantage à Lovecraft qu’à Erik Kriek – qui parvient à en tirer de jolies planches. C’est que j’ai toujours trouvé cette nouvelle assez franchement mineure, pour ne pas dire ratée… Cela dit, le résultat est quand même autrement plus séduisant que le pathétique (bien qu’étrangement culte) From Beyond de Stuart Gordon…

Reste enfin « Le Cauchemar d’Innsmouth », assurément un des plus grands textes lovecraftiens. Et, cette fois, je trouve que le choix de montrer se révèle pour le moins inapproprié : le narrateur affiche très tôt le « masque d’Innsmouth », quand bien même c’est à un degré moindre que chez les répugnants habitants du petit port de Nouvelle-Angleterre (là, le dessinateur en fait trop) ; et, les mêmes causes produisant les mêmes effets, j’aurais donc envie d’adresser à cette adaptation le même reproche qu’à celle de « Je suis d’ailleurs » : Erik Kriek lâche le morceau bien trop tôt… C’est d’autant plus regrettable qu’il sait à l’occasion mitonner de jolies scènes (l’horreur panique de la chambre d’hôtel, par exemple, est très bien rendue) ; mais la fin me paraît là aussi trop démonstrative.

Bilan mitigé, donc, pour ce volume d’adaptations en BD. Pour ceux qui ne connaissent pas Lovecraft, cela peut à la limite constituer une porte d’entrée correcte – surtout pour ce qui est de « La Couleur tombée du ciel », donc –, mais c’est tout de même très critiquable. Assez beau, oui, mais pas toujours très pertinent. Avis qui n’engage bien évidemment que moi… Mais, si vous cherchez de bonnes adaptations lovecraftiennes en BD, de préférence à ce volume bancal, je vous conseillerais donc le magnifique travail de Breccia. Un tout autre style, mais bien plus convaincant à mon sens.

Indicible

Tome 1 : Janvier 2013; Patrick RENAULT (scénario), Francisco Ruizge (dessin), Marie-Paule Alluard (couleurs), ed. Soleil.

Tome 2 : Malgré des recherches effectuées jusqu'en janvier 2016, aucune nouvelle de cette série qui pourrait donc bien rejoindre le “cimetière” du 9° art, comme tant d'autres. Dommage…

Découpée en 2 tomes de 46 pages, Indicible est une série contemporaine mêlant thriller, horreur lovecraftienne et récit d’invasion catastrophe.On y suit le parcours d’une poignée de personnages au long d’une course poursuite ininterrompue, au moment où notre plan d’existence est envahi par des entités surnaturelles - les Grand Anciens.Dévastant notre monde, ces déités invisibles exigent comme tribu le seul humain pouvant les “voir“ : un adolescent orphelin, Kyle, qui a fugué en espérant trouver ses parents naturels avant que notre univers ne touche à sa fin..

Francisco Ruizgé est plutôt attiré par l“héroïc fantasy et on lui doit notamment la série LUXLEY qui en est à son cinquième tome avec Valérie Mangin comme scénariste. Signalons aussi un 9° tome de la “Geste des Chevaliers dragons” et une participation à la célèbre série PROMETHEE De Christophe BEC (5° tome, Le sarcophage). Le dessin est assez froid, sans réel défaut mais sans aucune audance qui donnerait un peu de relief à ces images (trop ?) traitées par informatique.

SARAH - LES ENFANTS DE SALAMANCA

Trois tomes :

Tome 1 : Dupuis, 05/2008 LES ENFANTS DE SALAMANCA - 1° PARTIE ; Christophe BEC (scénario), Stefano Raffaele (dessin) et Bertrand Denoulet (couleurs).
Tome 2 : Dupuis, 06/2010 LES ENFANTS DE SALAMANCE - 2° PARTIE ; Christophe BEC (scénario), Stefano Raffaele (dessin) et Bertrand Denoulet (couleurs).
Tome 3 : Les Humanoïdes Associés, 10/2013 LES DEMONS DE LITTLE VALLEY, Christophe BEC (scénario), Stefano Raffaele (dessin),Christian Favrelle (couleurs) et Jaouen (couverture)

Cette série a été classée en 2013 car “Les Enfants de Salamanca” a bien failli finir dans les oubliettes déjà bien trop remplies des “séries BD inachevées”! Editée en mai 2008 comme étant le second essai de BEC dans l'horreur (après l'excellent “PANDEMONIUM”), “SARAH” (LES ENFANTS DE SALAMANCA) était prévue en trois tomes dont le succès semblait certain pour l'éditeur Dupuis. En 2010, après quelques mois, l'éditeur déçu des ventes annonçait l'interruption de cette histoire qui tenait pourtant en haleine beaucoup,( pas assez au point de vue commercial apparemment) de lecteurs. Heureusement ces bons vieux “humanoïdes associes”, pionniers dans le domaine du fantastique sauvèrent la malheureuse Sarah…

On retrouve ici l'ambiance des bons textes lovecraftiens; galeries d'une vieille mine hantée par des créatures, les Thérias, que les chercheurs d'or ont dérangés dans leur cycle ancestral de vie. BEC installe dans cette série une ambiance glauque d'êtres humains qui se mélangent à des créatures chtoniennes digne des films des années 80 avec quelques clins d'oeil aux maîtres du genre dont Carpenter. Un scénario que l'on ne rencontre pas souvent en BD et que le lecteur amateur de bon fantastique appréciera…

http://www.yozone.fr/spip.php?article16439

RAGEMOOR

Scénario: Jan Strnad, dessin : Richard CORBEN; Delirium, Editions Ca & là et Media Perspective; février 2014: Préface de François TRUCHAUD; 108 pages (101 planches) + cahier graphique et interview de 9 pages.

Résumé :

Vestige de civilisations disparues, le château de Ragemoor est un lieu maudit pour les hommes ! Nourries de sang païen versé au cours de sacrifices rituels impies depuis des temps immémoriaux, ses pierres cachent de sombres et terrifiants secrets, fatals aux rares inconscients prêts à s'y aventurer… Herbert Ragemoor est le maître des lieux. Il vit dans l'isolement, fidèlement servi par Bodrick, le majordome, tandis que son père, complètement fou, erre dans les couloirs du château en hurlant, nu… Un jour, ils reçoivent la visite de l'ambitieux oncle JP, accompagné de sa superbe fille, Anoria, qui rêve de s'approprier les lieux… Au croisement des univers de HP Lovecraft ou des histoires les plus sombres d'Edgar Allan Poe, Ragemoor est une oeuvre magistrale, issue de l'imagination débridée de Richard Corben et de Jan Strnad. Ces maîtres du Neuvième Art, réunis de nouveau pour ce projet, signent ici un classique fantastique, qui ne pouvait être traduit que par François Truchaud, directeur éditorial des mythiques éditions NéO qui ont permis la découverte en France des plus grands auteurs de littérature fantastique et de fantasy..

Critiques:

http://www.planetebd.com/comics/delirium/ragemoor/-/21318.html

http://www.actuabd.com/Ragemoor-le-grand-retour-de

http://www.bdtheque.com/main.php?bdid=13583&action=6

PROVIDENCE : La célèbre adaptation d'Alan MOORE

Après “The Courtyard”, et surtout “NeoNomicon”, Alan Moore et Jacen Burrows continuent d’explorer l’imaginaire de H. P. Lovecraft à travers leur oeuvre magistrale : PROVIDENCE ! Avec une ambition peu commune: faire découvrir au public l'univers de Lovecraft à travers une série qui mélange avec subtilité les clins d'oeil au Maître et des éléments propres à la fiction de Moore. Le dessin de Jacen Burrows est d'une precision parfois chirurgicale, d'une très grande clareté, ce qui ne l'empêche nullement de plonger le lecteur dans une ambiance glauque, parfois étouffante avec quelques éclairs d'une horreur rarement atteinte en BD.

On en parle (avec passion) sur le forum ici : http://forum.hplovecraft.eu/viewtopic.php?id=1773

L'oeuvre compte 12 épisodes qui seront normalement publiés en français au rythme d'un livre tous les six mois et reprenant quatre episodes, soit trois volumes.

Tome 1 : LA PEUR QUI RODE

Episodes 1 à 4 de l'oeuvre originale.

Tome 1 : LA PEUR QUI RODE. Scénario : Alan MOORE, dessin: Jacen BURROWS. Janvier 2016; Editeur Panini France, janvier 2016; 136 pages, format 17,6 x 1,6 x 26,6 cm.

Annonce Amazon : “Providence est une oeuvre à couper le souffle sur laquelle Alan Moore a travaillé durant de nombreuses années. Le légendaire auteur de comics sapproprie les concepts dH. P. Lovecraft et les insère habilement au sein de lHistoire américaine. En 1919, des êtres mythiques vont ainsi se mélanger aux habitants de la côte Est des États-Unis !”

Résumé et analyse proposée par Pickman :

Sorti récemment en français chez Panini, je viens de lire le premier tome de Providence. Je n'ai jamais lu les Neonomicon de Moore et ne peut donc établir de comparaison mais cette nouvelle incursion du grand scénariste britannique dans l'univers de HPL est tout simplement in-con-tour-nable pour tout amateur de Lovecraft. Je n'ai jamais été convaincu jusqu'ici par l'approche en BD de l'univers lovecraftien, que ce soit dans ses adaptations les plus fidèles, voir littérales (Breccia ou Lalia) ou des inspirations assez éloignées, plus ou moins revendiquées. Providence, principalement sur le plan narratif, pourrait bien être la première BD a réussir cette gageure à mes yeux. Ce n'est pas rien !

Il y a beaucoup (trop) de choses à dire sur cet album, à la fois fort riche, complexe, fidèle en partie à l'univers de HPL bien que d'une manière parfois très iconoclaste (comme c'est souvent le cas chez Alan Moore). Au-delà de son intrigue assez classique dont le fil conducteur est la recherche d'un livre impie (le Kitab Al-Hikmah Al-Najmiya ou “Livre de la Sagesse des Etoiles”, ersatz évident du Necronomicon) par un journaliste, Moore se livre en fait à un ambitieux travail non seulement fictionnel et narratif mais aussi méta/para textuel de l'oeuvre de HPL, de plusieurs façons et à plusieurs niveaux. Car si l'histoire en elle-même et la restitution d'une ambiance typiquement lovecraftienne sont déjà remarquables et prenantes en soi, on peut constater le soin pris par Moore pour aller au-delà du propos de raconter simplement une histoire (là encore, c'est une habitude chez le scénariste, de Watchmen à From Hell). C'est là où l'on quitte les banales “yog-sothoterie” de ses prédécesseurs bédéistes pour entrer dans une fiction qui se veut érudite, documentée et… passablement verbeuse. Car Providence est aussi une fiction analytique qui, à l'ombre de HPL, en profite pour se livrer à une étude sous-jacente socio-culturelle du puritanisme de l'Amérique face à diverses formes de marginalité ou considérée comme telle à l'époque, dont le plus flagrant est l'homosexualité. Car le héros de l'histoire, Robert Black (sic !), est un homosexuel qui vit très mal sa “différence” et ne peut se débarrasser d'un fort sentiment de culpabilité. Ainsi, le protagoniste est lui-même un marginal malgré son apparence de gentleman très policé, faisant partie malgré lui d'une frange “occulte” et considérée comme “dégénérée” de la société américaine. Occultisme et dégénérescence, cela ne vous rappelle rien ? Mais oui : l'univers ésotérico-horrifique de HPL, avec ses sectateurs des villes distingués ou ceux de la campagne, plutôt “rustiques” et incultes mais TOUS présentés comme marginaux et dépravés. Dans sa quête, Robert Black a l'occasion de fréquenter les deux milieux, tout en continuant à souffrir des affres de sa propre “dépravation” que les personnages rencontrés lui renvoie tel un miroir (déformant). Voici un des aspects, parmi d'autres, plutôt intéressant (et pas innocent) de la manière dont Moore s'empare du Mythe. Un Mythe qui côtoie aussi Jung et ses théories sur le subconscient. HPL passé à la moulinette de la psychanalyse ? Ce n'est pas nouveau et certains intellectuels pompeux (parfois freudiens, pour ne rien arranger) s'y sont essayé en voulant faire entrer de force leur marotte interprétative dans l'oeuvre et la vie du reclus de Providence. Mais Moore n'est ni un intellectuel ni un essayiste : plutôt un brillant créateur de fictions qui a l'habitude de s'interroger sur le sens de ses créations. Et sa façon de conjuguer le mythe lovecraftien avec le subconscient jungien est surtout une manière de brouiller les pistes sur le plan narratif, dès lors que Robert Black se retrouve confronté à des événements trop fantastiques pour ne pas être aussitôt considérés sous l'angle plus rassurant de la rationalité (ou de la psychologie analytique selon ce cher Carl).

Ces considérations étant faites, venons-en au contenu fantastique de cet album. Moore et le dessinateur Jacen Burrows (dont le style, propret et assez conventionnel par ailleurs, à mille lieues d'un Breccia, insiste davantage sur l'apparence de sois-disant normalité) optent pour un fantastique fort suggestif, elliptique, tout en sourdine. Les amateurs (dont je suis) de ce type d'épouvante plus évocateur que racoleur seront probablement ravis de cette approche dont on a perdu l'habitude de nos jours. Feuilleter rapidement l'album permet déjà de s'en rendre compte : pas de scènes véritablement chocs, pas d'hémoglobine, ni même de squelettes traînant dans un coin. Si l'on excepte une seule scène (celle de la caverne) qui demeure la plus démonstrative (et encore, présentée comme ambiguë), l'inquiétude est plutôt savamment distillée par les rencontres déconcertantes, les dialogues, les quelques informations parcellaires grappillées ça et là par le personnage et dont il ne saisit pas toujours le sens exact. Bref, sur ce plan, on est bien sur les terres de HPL et de certains autres écrivains fantastiques de son époque. Si l'on ajoute que chaque chapitre se clôture par des extraits du journal de Robert Black, qui permettent d'éclairer les scènes graphiques par des impressions personnelles, nous sommes ici bel et bien en présence d'un véritable roman graphique.

Cela étant dit, Providence étonne aussi souvent par des parti-pris dont la pertinence peut-être discutée. Primo : était-il nécessaire de remplacer tous les noms et références de l'univers lovecraftien par des équivalences inventées par Moore ? Le Necronomicon (ou Al-Azif) devient ainsi le Kitab Al-Hikmah Al-Najmiya ou “Livre de la Sagesse des Etoiles”, Abdul al-Hazred devient un certain Khâlid Ibn Yazîd, Keziah Mason est transposée en Hekeziah Massey, Joseph Curwen en Japeth Colwen, Wilbur Watheley en Willard Wheatley et ainsi de suite… Pour l'amateur un tant soit peu éclairé de l'oeuvre de Lovecraft, les modifications sont tellement transparentes qu'on s'interroge sur l'utilité d'un tel biais. De même, le lecteur n'aura aucun mal à reconnaître Innsmouth (et ses habitants arborant le fameux “masque”) dans le chapitre III bien que Moore situe l'action à… Salem. Tant qu'à faire, il me semblait plus simple de reprendre les noms tels qu'on les connaît, d'autant qu'un “Livre de la Sagesse des Etoiles” se révèle bien moins marquant qu'un Necronomicon. L'autre parti-pris, que l'on peut trouver aussi discutable qu'ingénieux, consiste à s'emparer des nouvelles de HPL et ses personnages pour en faire autant d'étapes de la quête de Robert Black, le tout lié par le fil rouge de la recherche du livre : ainsi le chapitre I renvoie à “Air froid”, le chapitre IV clairement à “L'abomination de Dunwich” (du moins en partie). Le chapitre III, sans être une adaptation au sens strict du “Cauchemar d'Innsmouth”, en reprend les éléments principaux et l'ambiance.

Ainsi, Providence tiendrait-elle de l'oeuvre-somme autant qu'hybride, à mi-chemin entre la “vraie-fausse” adaptation, la re-création et réinterprétation selon un contenu socio-culturel et psychologique (jungien ou pas) sous-jacent et le travail analytique et méta-textuel. Autant de facettes, en tout cas, qui témoignent de la richesse, l'ambition et l'implication d'un Alan Moore qui, après quelques années d'absence, montre qu'il n'a rien perdu de son savoir-faire.

Pickman (janvier 2016) .

Tome 2 : L'ABIME DU TEMPS.

Episodes 5 à 8 de l'oeuvre originale en anglais.

Scénario : Alan MOORE, dessin: Jacen BURROWS. Juillet 2016; Editeur Panini France, juillet 2016; 144 pages, format 17,6 x 1,6 x 26,6 cm.

Couverture du deuxième tome de la série, PROVIDENCE: 2. L'Abîme du temps, juillet 2016. Episodes 5 à 8 de l'original anglais.

Excellente analyse de NEBAL ici:

http://nebalestuncon.over-blog.com/2016/07/providence-t-2-l-abime-du-temps-d-alan-moore-et-jacen-burrows.html

Autre analyse : http://www.sceneario.com/bande-dessinee/providence/l-abime-du-temps/25093.html

Je me rends compte qu'avec une série comme Providence l'exercice du résumé est assez délicat ! En effet, dans ce second volume, Moore confronte son personnage principal à l'horreur la plus insidieuse. Jusque là, Robert traversait le récit comme une sorte de témoin, sans être particulièrement concerné physiquement par les horreurs qui pouvaient l'entourer. Dans ce second volume, pratiquement dès les premières planches il fait face au cauchemar, la réalité se déforme devant lui, le temps s'étire, les choses se révèlent, tandis que Moore multiplie les références plus ou moins obscures à Lovecraft, jusqu'à amener son héros à rencontrer pour de bon l'écrivain lui même, lors d'une lecture publique de Lord Dunsany ! Beaucoup d'idées sont exprimées dans ce volume, sur le temps, les mondes souterrains, les rêves, la conscience. C'est complexe et fascinant à la fois, car Moore reste très accessible, malgré tout. Il nous entraîne dans un voyage troublant ou l'on a parfois le sentiment de passer à côté d'un élément important par-ci par-là, mais cela ne nous empêche pas d'évoluer dans le récit, sans soucis ! De plus, dans le premier volume, le récit donnait très clairement l'impression de se trouver dans une visite guidée de l'univers de Lovecraft. L'idée reste malgré tout ici, encore une fois, mais le héros qui est plus impliqué, sort de son simple statut d'observateur pour devenir un véritable acteur du récit. Ici, Moore pousse bien plus loin l'horreur qui influe davantage sur le récit, au point de troubler quelque peu l'intrigue elle même ! Mais le scénariste rajoute des extraits du journal intime de Robert à la fin de chaque chapitre. Ces extraits permettent aux lecteurs de mieux appréhender certaines scènes (malgré le fait que Robert n'arrive pas complètement comprendre ce qui lui arrive), de revenir sur des choses qui n'ont pas été racontées dans les pages que nous venons de lire. Le processus est vraiment intéressant, car cette touche de subjectivité augmente la tension et l'incompréhension qui peuvent nous gagner parfois ! J'avoue néanmoins que l'ensemble gagne en hermétisme, qu'il est très important de bien lire la note finale de l'éditeur qui contextualise et explique certaines passerelles dressées entre Providence et l’œuvre de Lovecraft (très utile pour ceux qui, comme moi, ne sont pas des experts en la matière !) Ce qui rend cette lecture à la fois troublante, captivante, mais dérangeante ! Moore reste définitivement un auteur en marge qui continue de proposer des projets surprenants. Il vient de terminer son monumental roman “Jerusalem”, il entame une anthologie mensuelle “Cinema Purgatorio” chez Avatar, un titre ou il est accompagné par des gens comme Ennis, Gullen ou encore Brooks. Le scénariste anglais a encore pas mal de choses à dire, on attend donc impatiemment le dernier volume de Providence.

kadath25 2016/07/19 11:55

DESSOUS LA MONTAGNE DES MORTS

Auteur: Bones . Editions SANDAWE.COM; avril 2016; 86 p.

kadath25 2016/04/22 11:36

Editée sous la formule “éditeurs-internautes”, c'est-à-dire financé par les lecteurs du projet proposé sur le site de Sandawé, cette excellente BD nous plonge dans l'ambiance glauque des tranchées de la guerre 14-18. Une colline parcourue de tunnels creusés aussi bien par les français que les allemands plongent sous la terre, dans des pronfondeurs où il aurait mieux valu ne jamais aller! Un dessin proche du Maître Mike Mignola, bien sombre et inquiétant. Un scenario lovecraftien à souhait et quelques planches superbes à découvrir. Réellement une bonne nouvelle que cette publication peut-être suivie d'un deuxième tome…A suivre !

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LA MALEDICTION QUI S'ABATTIT SUR GOTHAM

Scénario: Mike Mignola dessin: Troy Nixey et Mike Mignola; Urban Comics.com; mai 2016.

kadath25 2016/05/25 15:09

Qui pense ”comics“ s'en réfère aux super-héros de l'univers américain du 9° art: Superman, Catwoman, Les Quatre fantastiques et…BATMAN évidemment! Prenez maintenant la ville de Gotham où combat notre homme chauve-souris et mêlez ce décor au..mythe de Cthulhu! Indigeste croyez-vous… Et bien lisez donc la tentative (réussie) du Grrrrrand ancient Mike Mignola pour juger.

Avec La Malédiction qui s'abattit sur Gotham, Mignola au scénar (et au crayon électronique…) joint à son dessinateur fétiche Troy Nixey, cela donne de splendides planches (parfois réellement horribles à voir…) qui ajoutent aux adaptations du mythe créé par HPL une réelle démesure qui ravira le lecteur.

La collection Deluxe d’Urban Comics fait place à un petit bijou (enfin édité en français) depuis peu. Il s’agit de La malédiction qui s’abattit sur Gotham, ouvrage qui correspond peu à ce qu’on a l’habitude de voir récemment dans le comic américain et ça fait du bien. Il s’agit d’une mini-série scénarisée par Mike Mignola avec Troy Nixey au dessin. Le créateur de Hellboy (chez Dark Horse) en profite pour y déclarer son amour aux univers du justicier à la chauve-souris et à celui de H. P. Lovecraft, auteur de récits d’horreur, de science-fiction, de fantasy et père du célèbre Cthuluh. Une influence cosmique de Jack Kirby se fait aussi sentir. L’édition d’Urban inclut également un numéro spécial co-scénarisé par Mignola et Dan Raspler qui relate une aventure étrange aux limites de l’ésothérisme de Batman. Le récit de La malédiction se situe ne 1920 et commence avec une expédition pour l’Arctique à bord de laquelle se trouvent Bruce Wayne et ses pupilles Dick Grayson, Tim Drake et Jason Todd. C’est une mission de sauvetage pour l’équipe scientifique du Dr. Cobblepot (des références, je vous dit !) qui n’a pas donné signe de vie depuis un moment. Leur navire est abandonné mais Bruce découvre M. Grendon apparemment frigorifié dans une cave glacée. L’étrange personnage tente de libérer une créature tentaculaire (premier signe lovecraftien du récit) prisonnière de la glace malgré le fait que l’aventurier soit en réalité mort cliniquement. L’équipe le ramène à Gotham et de ce fait déclenche un mécanisme aux relents ésotériques et mystiques que personne ne semble à même de comprendre ou de combattre, sauf Batman bien sûr. Pour faire court, une malédiction déchaînée par Ra’s et Talia Al-Guhl est attirée par les péchés des pères fondateurs de Gotham et seul le Chevalier Noir a le pouvoir de se dresser en dernier rempart de l’humanité contre la « créature qui s’en vient ». Mignola plonge alors son Batman gothique en plein coeur d’un univers lovecraftien peuplé d’étranges reptiles et de créatures tentaculaires si chères à l’auteur américain. La magie noire, les morts qui reviennent à la vie, le savoir interdit, l’idée d’un « monstre sur le seuil » sont là à chaque détour de page et, à l’aide de dialogues énigmatiques (ce qui n’empêche toutefois pas de suivre l’histoire sans problèmes), immerge le lecteur dans une Gotham glaçante à quelques jours de la fin du monde. {…} Du côté visuel, le trait de crayon de Troy Nixey est très personnel mais il dessine à merveille les paysages, urbains ou non, et surtout les créatures bizarroïdes qui peuplent les sous-sol de Gotham. Les personnages sont un peu moins soignés, surtout les visages qui ont parfois des expressions étranges, voire même indéchiffrables, ce qui rend les dialogues caduques. Selon ce qu’on peut voir dans les planches de crayonnés en bonus à la fin du tome, c’est apparemment plus dû à l’encrage de Dennis Janke qui es assez fort et qui comporte beaucoup de noir. La colorisation peut elle aussi jouer un rôle car si elle rend très bien tout le reste, les visages manquent parfois de relief et les yeux sont souvent exempts d’expression… ce qui ajoute au côté glaçant de l’univers, j’imagine. Pour le #4 de Batman : Legends of the Dark Knight, c’est Mignola qui s’occupe des dessins…Toutefois, la colorisation à la fois électrique et très sombre de Chiarello pique un peu les yeux et, dans l’ensemble, j’ai préféré le rendu visuel de La malédiction. En bref, La malédiction qui s’abattit sur Gotham est un excellent récit. Il se positionne très clairement dans un genre particulier et cela fonctionne très bien. C’est étrange de voir l’univers de Batman transposé dans cet elseworld mais il est amusant de débusquer les différents clin d’œils. Dans tous les cas, que ça plaise ou pas, Mignola fait mouche avec ce récit très personnel qui colle à la peau de son lecteur pendant longtempsLa collection Deluxe d’Urban Comics fait place à un petit bijou (enfin édité en français) depuis peu. Il s’agit de La malédiction qui s’abattit sur Gotham, ouvrage qui correspond peu à ce qu’on a l’habitude de voir récemment dans le comic américain et ça fait du bien. Il s’agit d’une mini-série scénarisée par Mike Mignola avec Troy Nixey au dessin. Le créateur de Hellboy (chez Dark Horse) en profite pour y déclarer son amour aux univers du justicier à la chauve-souris et à celui de H. P. Lovecraft, auteur de récits d’horreur, de science-fiction, de fantasy et père du célèbre Cthuluh. Une influence cosmique de Jack Kirby se fait aussi sentir. L’édition d’Urban inclut également un numéro spécial co-scénarisé par Mignola et Dan Raspler qui relate une aventure étrange aux limites de l’ésothérisme de Batman.

Le récit de La malédiction se situe ne 1920 et commence avec une expédition pour l’Arctique à bord de laquelle se trouvent Bruce Wayne et ses pupilles Dick Grayson, Tim Drake et Jason Todd. C’est une mission de sauvetage pour l’équipe scientifique du Dr. Cobblepot (des références, je vous dit !) qui n’a pas donné signe de vie depuis un moment. Leur navire est abandonné mais Bruce découvre M. Grendon apparemment frigorifié dans une cave glacée. L’étrange personnage tente de libérer une créature tentaculaire (premier signe lovecraftien du récit) prisonnière de la glace malgré le fait que l’aventurier soit en réalité mort cliniquement. L’équipe le ramène à Gotham et de ce fait déclenche un mécanisme aux relents ésotériques et mystiques que personne ne semble à même de comprendre ou de combattre, sauf Batman bien sûr.

Pour faire court, une malédiction déchaînée par Ra’s et Talia Al-Guhl est attirée par les péchés des pères fondateurs de Gotham et seul le Chevalier Noir a le pouvoir de se dresser en dernier rempart de l’humanité contre la « créature qui s’en vient ». Mignola plonge alors son Batman gothique en plein coeur d’un univers lovecraftien peuplé d’étranges reptiles et de créatures tentaculaires si chères à l’auteur américain. La magie noire, les morts qui reviennent à la vie, le savoir interdit, l’idée d’un « monstre sur le seuil » sont là à chaque détour de page et, à l’aide de dialogues énigmatiques (ce qui n’empêche toutefois pas de suivre l’histoire sans problèmes), immerge le lecteur dans une Gotham glaçante à quelques jours de la fin du monde.

{…} Du côté visuel, le trait de crayon de Troy Nixey est très personnel mais il dessine à merveille les paysages, urbains ou non, et surtout les créatures bizarroïdes qui peuplent les sous-sol de Gotham. Les personnages sont un peu moins soignés, surtout les visages qui ont parfois des expressions étranges, voire même indéchiffrables, ce qui rend les dialogues caduques. Selon ce qu’on peut voir dans les planches de crayonnés en bonus à la fin du tome, c’est apparemment plus dû à l’encrage de Dennis Janke qui es assez fort et qui comporte beaucoup de noir. La colorisation peut elle aussi jouer un rôle car si elle rend très bien tout le reste, les visages manquent parfois de relief et les yeux sont souvent exempts d’expression… ce qui ajoute au côté glaçant de l’univers, j’imagine.

Pour le #4 de Batman : Legends of the Dark Knight, c’est Mignola qui s’occupe des dessins…Toutefois, la colorisation à la fois électrique et très sombre de Chiarello pique un peu les yeux et, dans l’ensemble, j’ai préféré le rendu visuel de La malédiction.

En bref, La malédiction qui s’abattit sur Gotham est un excellent récit. Il se positionne très clairement dans un genre particulier et cela fonctionne très bien. C’est étrange de voir l’univers de Batman transposé dans cet elseworld mais il est amusant de débusquer les différents clin d’œils. Dans tous les cas, que ça plaise ou pas, Mignola fait mouche avec ce récit très personnel qui colle à la peau de son lecteur pendant longtemps..

Source: http://www.dcplanet.fr/179086-review-vf

Autre lien: http://www.sceneario.com/bande-dessinee/vf-batman/la-malediction-qui-s-abattit-sur-gotham/24664.html

LES REVES DANS LA MAISON DE LA SORCIERE

Adaptée de la nouvelle de Lovecraft par Mathieu SAPIN, dessin: Patrick PION; editions Rue de Sèvres; juin 2016, 62 planches.

Une bonne surprise nous attendait en juin 2016 venant de la petite maison d'édition RUE DE SEVRES avec l'adaptation inédite d'une texte de Lovecraft en BD; la célèbre nouvelle qui met en scène le rat Brown Jenkin, personage mythique de l'univers lovecraftien. “Les Rêves dans la maison de la sorcière” n'a pas été un très grand success en son temps et cette nouvelle est assez différente des “Grands textes” fondateurs du Mythe de Cthulhu. Le theme est plus proche du roman gothique et des écrits d'un Allan Edgar POE voir d'un MAUPASSANT. Mais cette histoire de sorcellerie prend ici une dimension plus cosmique avec l'apparition d'éléments tels les angles de la pièce où dort l'étudiant qui communique avec d'autres univers. Mathieu SAPIN a conserve l'essentiel du texte original.

Cfr.www.blog-o-livre.com/les-reves-dans-la-maison-de-la-sorciere-h-p-lovecraft-mathieu… L’ambiance est aussi plutôt bien retranscrite, on sent bien cette oppression, ce côté sombre qui gagne en ampleur au fil du récit. Ce sentiment d’étrangeté qui s’en dégage et qui vient perturber le lecteur à travers de petits détails comme les ombres ou autre, et qui densifient aussi la tension. La folie du héros gagne ainsi en intensité et emporte le lecteur qui se questionne sur la réalité ou non de ce qu’il vit, et le lecteur ne s’ennuie pas c’est peu de le dire. L’univers développé entre les mondes transversaux, le lien entre les mathématiques et la magie, ou encore ce qui est lié au Necronomicon est bien amené, ne devrait pas perturber ceux qui ne connaissent pas Lovecraft, et utilisé pour rendre de façon efficace l’ensemble plus cohérent.

Dessin: Patrick PION est né en 1976 et présente une belle bio:

http://www.bedetheque.com/auteur-5258-BD-Pion-Patrick.html

Il a notamment travaillé pour Mathieu LAUFFRAY et son dernier tome de la célèbre série PROPHET!

Le dessin est classique avec de jolies recherches sur les expression des visages. L'idée d'alterner des planches couleurs avec des crayonnés en n/b pour les “rêves” du heros est intéressante et apporte un plus pour le lecteur.Par contre, on regrettera l'aspect un peu caricatural de la sorcière et de Brown Jenkin qui désamorce l'ambiance du récit…

VOYAGE AU PAYS DE LA PEUR

Scénario : Rodolphe , dessin: Jean-Jacques Dzialowski; éditions Glénat Comics, coll. “Flesh Bones”, Grenoble, octobre 2016; 126 pages, format moyen.

En mars 1934, à Providence, Howard Phillip Lovecraft a une nouvelle fois une nuit agitée. Il repense encore à l'histoire qui lui fut conté il y a plusieurs mois de cela. Régulièrement, il avait l'habitude de se retrouver avec d'autres romanciers pour parler de leurs créations passées et futures. Un jour, Robert Howard vint accompagner par un certain Grogan Masson. Ce pharmacien et botaniste a déjà écrit quelques nouvelles et fait part à la petite assistance d'une aventure qu'il a lui-même vécu quelques années plus tôt, un voyage qui l'a mené dans l'Antarctique et où il aurait découvert le Sphinx des neiges. Il leur raconte alors comment il a pu monter à bord de l'expédition de Sir Samwell-Smith, en tant qu'aide-cuisine, et comment le voyage s'est vite transformé en véritable enfer. Après plusieurs jours, une forte tempête secoue l'équipage, des membres meurent ou disparaissent, la silhouette d'une femme est aperçue,… Au fur et à mesure que le bateau s'approche du pôle sud, la tension devient insoutenable parmi les membres restants….

Premier clin d'œil sympa, Lovecraft Hymself apparait au début du récit ainsi qu'au final et joue son propre rôle au sein du groupe à qui on raconte cette aventure. La plus grande partie de l’histoire se déroule sur le bateau qui emmène l’équipe de scientifiques jusqu’au pôle où ils découvriront des « grands anciens » assez surprenant … Pas mal d’éléments sont inutiles et la narration traîne un peu en longueur à propos d’événements peu importants par rapport à la révélation finale qui, elle concerne toute l’humanité. Nous avons bien affaire à une histoire « lovecraftienne » plutôt bien imaginée dans l’ensemble. Côté dessin, Jean-Jacques Dzialowski n’en n’est pas à son coup d’essai en matière d’adaptation des thèmes chers à Lovecraft : il avait déjà illustré deux des titres du recueil « Les Mondes de Lovecraft » Le signe sans nom et Massacre à Miskatonic High School. http://hplovecraft.eu/site/doku.php/cul … /arcanes_1 Sans être mauvais, le dessin est assez terne, avec peu de nuance et des cases qui donnent parfois une désagréable impression de travail bâclé. Certains passages évoque le « Transperceneige » de Jean-Marc Rochette où là aussi le dessin est éminemment limité. Album intéressant donc, même si l’on peut regretter une illustration sommaire et un scénario parfois mal exploité.

DIVERS : LA BD INSPIREE DE LOVECRAFT SUR LE WEB

L'adaptation en dessins de l'univers de Lovecraft existe aussi sur le Web et pas seulement via les prestigieuses maisons d'editions telles Soleil, Delcourt ou Humanoïdes associés. Des amateurs de fantastiques s'expriment de plus en plus nombreux via des blogs ou sur des sites spécialisés. Si le grand public connait mal cette production, il serait dommage d'ignorer le talent et l'enthousiasme de ces “petits” dessinateurs qui parviennent à distiller la peur, créer le malaise et surtout nous faire plaisir en ajoutant à la galaxie du 9° art quelques éléments lovecraftiens.

La Peur qui rode : Bastien N

Intéressante adaptation de la célèbre nouvelle, ces dessins en noir et blanc interpellent d'autant plus que ce côté “amateur” crée une ambiance de complicité entre l'artiste et son public.

Lien:

http://peur-qui-rode.webcomics.fr/about

L'histoire complète compte 37 planches divisées en 4 chapitre, avec une astuce très “pro”: une planche d'étude des croquis et études de personnages astucieusement placée entre le 2° et le 3° chapitre.

Les Chiens de Tindalos et autres adaptations de Sylvain Chevalier

Par KADATH, mars 2013

Sylvain Chevalier avait 19 ans lorsqu'il a dessiné sa première BD inspirée de Lovecraft, “Le Prix du savoir” en 1995. Malgré son jeune âge, le trait est sûr, les détails précis et le scénario de cette petite histoire très bien développée en 5 planches.

Lien:

http://bd-chevalier.blogspot.fr/2012/06/le-prix-du-savoir-1995.html

……… Cliquez pour agrandir.

Depuis il a publié plusieurs albums BD et diverses collaborations en illustrations.

Son profil présenté ici: http://www.blogger.com/profile/04257788115884481389

On lui doit notamment deux très belles adaptations de l'oeuvre de Lovecrraft: Les Chiens de Tindalos et Nyarlathotep.

Les Chiens de Tindalos est une histoire présentée en 10 planches n/b de très bon niveau. Traits précis, réelle études des expressions des personnages et un “final” respectueux du texte original: une réelle réussite!

Les Dormeurs : courte adaptation en BD numérique par François Roebben

L'excellente nouvelle Les Dormeurs de notre ami Pierre de Beauvillé (2008) est adaptée ici en BD numérique, une expérience différente via ce médium disponible sur le Web :http://en.calameo.com/read/001664090338f2e51a026

Mise-à-jour en juillet 2016: sur le site short-edition, la nouvelle LES EXILES est proposée aux votes des internautes. http://short-edition.com/oeuvre/strips/les-exiles-1

Le texte LES DORMEURS est ici :http://wiki.hplovecraft.eu/doku.php?id=vos_nouvelles#pierre_de_beauvilleles_dormeurs

En savoir plus au sujet de la BD lovecraftienne

Clin d'oeil au Maître

Si de nombreuses bandes dessinées sont directement tirées des écrits de H.P. Lovecraft, plus nombreuses encore sont celles qui lui rendent hommage ou lui font un “clin d'oeil”…

http://wiki.hplovecraft.eu/doku.php?id=culturepopulaire:clindoeilbd

La BD lovecraftienne aux USA

La bande dessinée lovecraftienne aux Etats-Unis : ce dossier vous entraînera à la découverte de la jungle des comic-books cthulhiens publiés aux Etats-Unis par les compatriotes de HPL depuis la fin des années 40. Des histoires d'horreur aux stars super-héroïques, le Mythe de Cthulhu s'est infiltré partout.

http://wiki.hplovecraft.eu/doku.php?id=culturepopulaire:la_bande_dessinee_lovecraftienne_aux_etats-unis

Philippe Druillet

Philippe Druillet : le dessinateur qui a retrouvé la clef d'argent : des dizaines de dessinateurs, célèbres ou moins connus, ont consacré une partie plus ou moins importante de leur oeuvre à illustrer les nouvelles de Lovecraft, mais seul Philippe Druillet a gardé en lui une approche fantastique constante qui a marqué toute sa carrière d’illustrateur.

http://wiki.hplovecraft.eu/doku.php?id=culturepopulaire:philippedruillet

culturepopulaire/les_bandes_dessinees.txt · Dernière modification: 2016/11/17 23:06 par kadath25