H.P. Lovecraft

L'écrivain, son oeuvre, son influence

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L'appel de Cthulhu

The Call of Cthulhu, 1926.

(Illustration © Maurice Grunbaum)

L'année 1926 est un grand cru littéraire pour Lovecraft. Tout d'abord, il entreprend la rédaction de son célèbre essai Epouvante et surnaturel en littérature qui est considéré encore aujourd'hui comme une référence en la matière. Il rédige d'autre part un grand nombre de textes fantastiques. Mais surtout, il écrit la pièce maîtresse de son oeuvre, la pierre angulaire de ce qui va devenir le Mythe de Cthulhu : L'appel de Cthulhu, nouvelle d'exposition posant définitivement les fondements de la mythologie lovecraftienne.

Refusée en premier lieu par Weird Tales, elle sera tout de même publiée dans le “pulp” en février 1928. L'appel de Cthulhu n'est pas une nouvelle comme les autres. Autant que son contenu, son titre étonnant à forgé sa légende. Tout est dit : Cthulhu appelle ses fidèles par la voix et par les rêves… Cthulhu, le dieu maudit enfoui sous le Pacifique, la créature poulpique qui fascine encore et toujours. Aujourd'hui, on ne saurait parler de Lovecraft sans penser à cet “appel”. The Call of Cthulhu est l'alpha et l'oméga de l'univers des Grands Anciens, à la fois introduction et conclusion à la “weird fantasy”, l'étrange fantastique de HPL. Si les éléments relatés sont fictifs, le traitement stylistique est plus proche du documentaire que de la fiction. Lovecraft ne raconte pas des événements, il expose des faits par la bouche de son narrateur, le malheureux Francis Wayland Thurston. Celui-ci est un homme équilibré et cartésien, qui vit une lente descente aux enfers après avoir trouvé des documents légués par son défunt oncle. Thurston ne vit pas l'historie qu'il raconte, il la subit. Contraint malgré lui de comprendre et d'accepter le résultat des recherches de son oncle, il parcourt coupures de presse et dossiers, réunissant peu à peu les pièces d'un étrange puzzle.

Le récit est construit en trois parties distinctes et liées uniquement par leur narrateur. Chacun de ces chapitres apportent son lot de révélations et sa dose de mystère cthulhien. Un pan énorme du voile est soulevé par Lovecraft mais peu à peu, avec l'impossibilité de revenir en arrière. On désire en savoir plus, à l'image de Thurston, en sachant bien que la folie nous guette au bout de ce voyage terrifiant. L'appel de Cthulhu présente quelques scènes anthologiques et emblématiques de l'oeuvre de Lovecraft : son attirance pour l'art et l'histoire lointaine dans le premier chapitre, son racisme à travers la scène dramatiquement fabuleuse de la messe noire vaudoue dans le second chapitre, son intérêt pour l'inconnu dans le troisième chapitre, celui-là où on voit pour la première et la dernière fois le monstrueux Cthulhu dans toute sa ténébreuse fureur. Le cheminement à la manière d'un reportage parsemé d'éléments concrets et détaillés et l'abscence de véritable fil narratif, si ce n'est l'inéluctable destin de l'humanité annoncé par le narrateur, ont fait de ce texte une oeuvre à part dans la littérature fantastique, une ode macabre à la gloire des Maupassant, Poe et autre Dunsany dans ce qu'ils ont de plus inquiétants et de plus fascinants.

Cette nouvelle étant une base pour la suite, Lovecraft va se détacher de son style descriptif et grandiloquent et choisir la voie de la suggestion et des sciences. Dès lors ses monstres ne seront plus que rumeurs, superstitions et ombres. Et quand ils sont explicitement décrits, on ne les rencontrera jamais directement.

/home2/tiubuk/public_html/data/pages/bibliographie/l_appel_de_cthulhu.txt · Dernière modification: 2017/07/30 15:06 (modification externe)