H.P. Lovecraft

L'écrivain, son oeuvre, son influence

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Table des matières

Les films

Les visions oniriques et les descriptions terrifiantes qui parsèment l'oeuvre de H.P. Lovecraft ont inspirées très tôt les réalisateurs et producteurs de tout poil. Mais ces visions sont construites autour d'une ambiance, d'un thème, plutôt que d'images. Avec la vague du cinéma d'horreur des années 70-80, les films basés sur HPL ont plus souvent sombrés dans le gore que dans la dimension cosmique du Mythe de Cthulhu et l'aspect extraterrestre de ses entités. Malgré cela, H.P. Lovecraft reste un nom qui rapporte lorsqu'on appose son nom au-dessus du titre d'un film… Là est justement le problème, n'est pas “lovecraftien” qui veut et la définition d'une oeuvre d'adaptation de Lovecraft au cinéma reste très subjective. Le simple fait de coller “Inspiré par H.P.Lovecraft” ou “Lovecraft Tales ” ne suffit pas à transformer un film en fantastique digne du Maître. Que faut-il pour qu'un film soit “lovecraftien”? Des monstres tentaculaires sortis des flots ou pas, c'est un peu juste…Des dieux anciens qui ruminent leur vengeance, c'est déjà mieux, mais parfois mal interprêtés.

De “La Couleur tombée du ciel” à “L'Affaire Charles Dexter Ward”, en passant par l'incontournable “Cauchemar d'Innsmouth”, voici les tentatives du 7° art pour adapter - parfois avec brio mais souvent de façon approximative et même malheureusement ridicule - l'univers que nous a offert Howard Phillips Lovecraft…

Les années 1960

La malédiction d'Arkham

Par William Johns The Haunted Palace, 1963, par Roger Corman avec Vincent Price, Debra Pagett, Lon Chaney Jr, ; basé sur L'affaire Charles Dexter Ward.

Longtemps considéré comme le seul film fidèlement adapté d'un écrit de Lovecraft, La Malédiction d'Arkham reste une référence incontournable du cinéma lovecraftien. D'abord à cause du casting (Vincent Price, Debra Pagett, Lon Chaney!) qui réunit quelques grands noms du cinéma hollywoodien des années 50/60, ensuite parce qu'effectivement le scénario est très fidèle à la nouvelle “L'Affaire Charles Dexter Ward”, même si des raisons commerciales à l'époque attribue principalement l'histoire à …Edgar Allan POE !…8-o

Joseph Curwen maudit le village d'Arkham avant d'être brûlé… Quelques générations plus tard, son descendant C.D. Ward revient pour revendiquer sa succession mais il est possédé par son ancêtre qui assouvit sa vengeance sur les descendants de ceux qui l'ont brûlé… Le titre original vient d'une histoire de Poe.

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L'Horrible Cas du docteur X

http://www.senscritique.com/film/L_Horrible_cas_du_Dr_X/455405#

Réalisé par le prolifique Roger Corman, le plus “lovecraftien” des réalisateurs anglais, le film aborde le thème peu courant de « l'ultravision ». Ici, pas de superhéros (on est loin de l'univers de Superman qui possède un don similaire) mais un docteur qui découvre le monde qui l'entoure sous un nouveau jour et va avoir bien du mal à s'adapter à ce profond changement. La conclusion est résolument lovecraftienne, l'œuvre de Lovecraft ayant d'ailleurs inspiré le réalisateur Roger Corman de façon plus significative la même année dans son autre film “La Malédiction d'Arkham”.

Une rumeur a longtemps circulé, prétendant qu'après avoir ôté ses yeux, le Dr Xavier s'écrit « Je vois encore ! ». Cette rumeur a été relayée par l'auteur Stephen King à la fin des années 1970 dans son recueil Danse macabre. En 2001, le réalisateur Roger Corman a confirmé, dans le commentaire audio du DVD du film, qu'il se souvenait avoir tourné cette scène de façon improvisée mais ne pas l'avoir retenue au montage, se contentant donc de la fin figurant dans le scénario.

L'aspect lovecraftien du film tient surtout au fait qu'à la fin le docteur imprudent à tellement utilisé son produit que ses yeux traversent non seulement tous les objets et toutes les barrières, mais distingue jusqu'au fond de l'infini de l'univers. Et là, gît un être immense et terrible qui nous observe…Azatoth?

Le film est a voir aussi pour le talent de Ray Milland, excellent comme d'habitude.

http://forum.hplovecraft.eu/viewtopic.php?id=1813

Die Monster Die !

Par William Johns

Ou Monster of Terror ou House at the End of the World, 1965, de Daniel Haller avec Boris Karloff, Nick Adams, Freda Jackson ; basé sur La couleur tombée du ciel.

Stephen Reinhart (Nick Adams) se rend à Arkham en Angleterre (?) pour y retrouver sa fiancée Susan Whitely (Suzan Farmer). Le grand-père de Susan, Nahum Whitley (Boris Karloff), un scientifique en chaise roulante, cache un terrifiant secret dans sa cave : l'invocation de démons a provoqué la chute d'une météorite qui a causé des mutations sur la mère de Susan, Latitia Whitley (Freda Jackson)…

La malédiction des Whateley

The Shuttered Room, 1967, de David Greene avec Gig Young, Carol Lynley, Oliver Reed.

Basé sur La chambre close d'August Derleth, ce film lovecraftien anglais relate la descente aux enfers d'un jeune couple newyorkais ayant hérité d'un manoir hanté : une créature étrange enfermée autrefois par le meunier Whateley semble y rôder…

La maison ensorcelée

Par William Johns

Curse Of The Crimson Altar ou Crimson Cult ou Reincarnation ou Spirit of the Dead ou Witch House, 1968, de Vernon Sewell avec Boris Karloff, Christopher Lee, Barbara Steele ; basé sur La maison de la sorcière.

Robert Manning, à la recherche de son frère disparu, se rend dans la maison de celui-ci, dans une région reculée ; il y apprend l'histoire de Lavinia Morley, la Sorcière Noire de Greymarsh brûlée trois-cent ans plus tôt…

Les années 1970

Horreur à volonté

Par William Johns

The Dunwich Horror, 1970, de Daniel Haller avec Sandra Dee, Dean Stockwell, Ed Begley ; basé sur L'abomination de Dunwich.

Wilbur Whately fait la connaissance de plusieurs étudiants à l'Université Miskatonique alors qu'il emprunte le Necronomicon. L'un d'entre eux le ramène chez lui ; Wilbur le drogue avant de le préparer à un sacrifice… Le Dr Armitage et une étudiante tentent de l'en empêcher…

1971, de Jack Laird et Jeff Corey avec Rod Serling ; basé sur Le modèle de Pickman.

Après La quatrième dimension, Rod Serling écrivit et présenta Night Gallery, une série d'histoires courtes fantastiques introduites par des oeuvres d'art. Lovecraft fut adapté deux fois. L'épisode 17, issu de la saison 2, contient le segment Pickman's Model dans lequel une jeune femme amoureuse de son professeur de peinture cherche à savoir pourquoi il est obsédé par les goules et les monstres… Les deux autres segments de l'épisode sont The Dear Departed et An Act of Chivalry.

1971, de Jeannot Szwarc, John Badham et Jeff Corey avec Rod Serling ; basé sur Air froid.

Dans le segment Cool Air, une jeune femme vit une histoire d'amour avec le père d'un de ses collègues qui habite un appartement réfrigéré et ne supporte pas la chaleur… Les deux autres segments de cet épisode tiré de la saison 2 de Night Gallery sont Camera Obscura et Quoth the Raven qui met en scène Edgar Poe.

La Dernière Vague

1973 de Peter WEIR, avec Richard Chamberlain, Olivia hamnett, David Gulpilil.

Synopsis

Australie. Depuis plusieurs jours d'étranges phénomènes atmosphériques inquiètent les habitants: des orages éclatent subitement, une pluie fine et incessante s'abat sur Sydney et des grelons tombent d'un ciel sans nuages sur une petite ville du désert. Pendant une nuit d'orage, Corman, un aborigène, est mortellement blessé dans une bagarre. Les suspects sont cinq autres aborigènes, défendus par l'avocat David Burton, qui voit dans ce crime une exécution pour non-respect d'une loi tribale…

Peter Weir est sans conteste l’un des plus étonnants réalisateurs du 7° art, alternant des films fantastiques, des drames, de l’aventure ( Master and Commander) ainsi que des peintures acerbes de notre société tel l’inoubliable « The Truman Show ». En début de carrière, Weir réalisa plusieurs films d’un fantastique allant de l’irréel presque surréaliste « Pique-nique à Hanging Rock » jusqu’au brutal « Les Voitures qui ont mangé Paris ». Avec La Dernière Vague, il va plonger dans le passé de l’Australie et de la culture Aborigène pour ciseler un petit chef-d’œuvre. Ce qui commence comme un banal meurtre lié à l’alcool et à la pauvreté morale et matérielle où sont tombés ces aborigènes « hors tributs » devient petit à petit beaucoup plus inquiétant. Insensiblement, Weir nous indique dès le début l’aspect catastrophique qui hante ce film sous la forme de l’omniprésence de l’élément liquide : la pluie, l’eau qui envahit une maison, des scènes oniriques de ville submergée … Le monde ancien n’est pas mort et les dieux des premiers habitants de l’Australie veillent ; ils délivrent un message que seuls quelques initiés peuvent comprendre sous la forme de pierres gravées de signes ancestraux. Richard Chamberlain interprète avec brio le rôle de l’avocat David Burton qui possède le don de voyance depuis l’enfance et perçoit une menace qui s’impose à lui au fil d’un parcours initiatique dans cette communauté aborigène qui a survenu dans la « jungle » de la grand ville. La scène finale de la découverte du temple secret dans les profondeurs de la ville de Sydney est impressionnante et rappelle certaines passages de Lovecraft : dessins rupestres, histoire du monde gravé sur la pierre, divinités anciennes etc… Sans monstre tentaculaire, sans une goutte de sang ou de sorciers hurlant des invocations à l’aide d’un grimoire, Peter Weir tisse ici la trame d’un scénario qui justifie la présence de ce film dans notre rubrique . Le côté inéluctable de la condamnation de la société et le peu de poids des hommes dans cette tragédie est elle aussi très proche du fatalisme de Lovecraft. Un film d’une très grande sobriété, aux accents lovecraftiens que le talent d’un Richard Chamberlain souligne tout autant qu’une musique et une photographie qui ne laissera pas l’amateur de vrai fantastique indifférent.

Une excellente analyse ici:

http://tortillafilms.tortillapolis.org/dernierevague.html

Autre lien :

http://ilaose.blogspot.be/2012/12/la-derniere-vague.html

Les années 1980

La Trilogie de l'Apocalypse de John CARPENTER

John Carpenter est l'un de ces réalisateurs fortement influencé par l'univers de Lovecraft. Il déclare d'ailleurs que trois de ses films constituent une “trilogie de l'Apocalypse” dont l'oeuvre de Lovecraft est la clé : “The Thing” (“La Chose” en version française) réalisé en 1982, “Prince of Darkness” (“Le Prince des Ténèbres”) en 1987 et “In the Mouth of Madness” (“L'Antre de la Folie”) en 1994.

Le débat est ouvert sur notre forum sur le lien réel entre ces films de Carpenter et HPL…

http://www.senscritique.com/liste/La_Trilogie_de_l_Apocalypse_de_John_Carpenter/591150

le site “il était une fois le cinéma” consacre une bonne étude sur le sujet :

http://www.iletaitunefoislecinema.com/chronique/5119/carpenter-et-lovecraftla-trilogie-de-lapocalypse

Skyrock aussi:

http://rock-n-cinema.skyrock.com/2868335930-LA-TRILOGIE-DE-L-APOCALYPSE.html

Lurking Fear

1984, de C. Courtney Joyner avec Blake Bailey, Ashley Laurence, Jon Finch ; basé sur La peur qui rôde.

John Martense revient dans le village de son enfance, à la recherche d'un trésor que son criminel de père a caché dans une tombe… Mais il n'est pas le seul à espérer trouver le magot. Malheureusement pour les chasseurs de trésor, d'étranges créatures rôdent sous terre… Basé vaguement sur la nouvelle de Lovecraft, ce film est un pur métrage d'horreur produit par l'autre pape de la série B, Charles Band et qui devait originellement être réalisé par Stuart Gordon.

Re-Animator

Par William Johns

1985, de Stuart Gordon avec Jeffrey Combs, Bruce Abbott, David Gale ; basé sur Herbert West, réanimateur.

Une comédie d'horreur dans laquelle Herbert West, un scientifique suisse de l'Université Miskatonic, poursuit des expériences sur la réanimation de cadavres, en commencant par le chat de son camarade de classe. Scènes gores et de nus.

From Beyond : aux portes de l'au-delà

Par William Johns

From Beyond, 1986, de Stuart Gordon avec Jeffrey Combs, Barbara Crampton, Ken Foree ; basé sur De l'au-delà.

Le Dr Edward Pretorius (Ted Sorel) et son assistant le Dr Crawford Tillinghast (Jeffrey Combs) imaginent et construisent un dispositif capable de stimuler la glande pinéale. Comme dans la nouvelle, le dispositif fonctionne mais la créature “de l'au-delà” attaque et tue Pretorius. Tillinghast survit mais est accusé du meurtre de Pretorius et incarcéré à l'asile. Le Dr Katherine Mc Michaels (Barbara Crampton), psychiatre, reproduit l'expérience pour prouver l'innocence de Tillinghast… L'habituel gore/sexe/fromage s'ensuit. L'un des quelques films raisonnablement fidèles à Lovecraft, si on excepte l'aspect érotique.

La malédiction céleste

Par William Johns

The Curse, 1987, de David Keith avec Wil Wheaton, Claude Akins, Malcolm Danare ; basé sur La couleur tombée du ciel.

Un promoteur cherche à s'approprier une ferme à Tellico Plains, Tennesse, mais un météorite s'y écrase, provoquant ensuite d'horribles mutations sur les plantes voisines, les animaux et les gens…

The Testimony of Randolph Carter

1987, de Andrew Leman avec Darryl Tyler, Sean Branney, Phil Bell ; basé sur Le témoignage de Randolph Carter.

Tourné en VHS, il s'agit de l'un des plus anciens films amateurs tiré d'une oeuvre de Lovecraft. La même équipe réalisera quelques années plus tard le très acclamé The Call of Cthulhu. Un galop d'essai en quelque sorte…

The Unnamable

Par William Johns

1988, de Jean-Paul Oulette avec Charles King, Mark Kinsey Stephenson, Alexandra Durrell ; basé sur L'innommable.

En 1688 naît Alyda Winthrop (Katrin Alexandre), que son affreux père Joshua Winthrop (Delbert Spain) enferme dans le grenier. Elle s'en échappe et le tue mais se retrouve enfermée dans le cellier pendant près de cent ans, jusqu'à ce quelques étudiants de l'Université Miskatonic, dont Randolph Carter (Mark Kinsey Stephenson), la délivrent… Le délire gore habituel s'ensuit, où Alyda tue les étudiants un par un avant d'être prise au piège dans les racines des arbres par Carter…

La fiancée de Re-Animator

Par William Johns

Bride of Re-Animator ou Re-Animator II, 1989, de Brian Yazna avec Jeffrey Combs, Bruce Abbott, David Gale ; basé sur Herbert West, réanimateur.

Herbert West et Dan Cain ayant survécus au carnage du premier film sont de retour. Cette fois, toujours dans l'espoir de réanimer les morts, West créé une improbable “fiancée” à partir de tissus et de membres différents dont ceux de la défunte petite amie de Cain… Mais la police suspecte leurs inavouables activités. Finalement, la tête du Dr Hill réussit à détruire le laboratoire avec l'aide de zombies…

Les années 1990

Magie noire

La Mansion de Los Cthulhu ou Cthulhu Mansion, 1990, de J.P. Simon avec Melanie Shatner, Marcia Layton, Bad Fisher.

Un groupe de voyous s'introduit dans une vieille bâtisse habitée par un magicien et sa fille. Malheureusement pour eux, l'homme va déchaîner l'enfer et les entraîner aux confins des ténèbres… A mi-chemin entre le film d'horreur pour adolescents et l'épouvante lovecraftienne.

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Détective Philip Lovecraft

Cast a Deadly Spell, 1991, de Martin Campbell avec Fred Ward, David Warner, Julianne Moore.

En 1948, la magie est partout, et surtout à Los Angeles. Le détective Harry Philip Lovecraft est chargé de retrouver un Necronomicon volé afin d'empêcher le retour des Grands Anciens… Véritable fourre-tout référentiel, ce téléfilm américain met en scène une enquête de film noir dans une atmosphère cthulhienne d'après-guerre, traversée de créatures fantastiques, de clins d'oeil à la littérature de genre et d'une bonne dose d'humour. Malgré un budget limité et des ambitions pas toujours à la hauteur, cette curiosité est à découvrir. Une suite non-lovecraftienne, Chasseur de sorcières, a été réalisée en 1994 par Paul Schrader.

The Resurrected

Par William Johns

1991, de Dan O'Bannon avec Chris Sarandon, Jane Sibbett, John Terry ; basé sur L'affaire Charles Dexter Ward.

Les expériences de Charles Dexter Ward, un chimiste dont les expériences intriguaient ses voisins et la police, a disparu… Sa femme engage un détective pour le retrouver ; celui-ci découvre un lien maléfique entre un vieux journal intime de 1771 et des meutres locaux…

La créature des ténèbres

Par William Johns

The Unnamable II : The Statement of Randolph Carter ou The Unnamable Returns, 1992, de Jean-Paul Oulette avec Mark Kinsey Stephenson, Charles Klausmeyer, Maria Ford ; basé sur L'innommable.

L'histoire reprend là où s'achevait The Unnamable ; Randolph Carter utilise un sortilège extrait du Necronomicon pour séparer Alysa Winthrop du démon qui la possède… Scènes de nus.

Insmus wo Oou Kage

Par Robert Olmstead

1992, de Jun Nasuda avec Sano Shirou, Shingyouji Kimie, Kawai Michiko ; basé sur Le cauchemar d'Innsmouth.

En 1992, un reporter freelance demande à être envoyé dans le village d'Insmus ou on aurait découvert le cadavre d'une créature mi-humaine mi-poisson. Ce qu'il va découvrir va le changer à jamais… OVNI télévisuel car il s'agit d'une adaptation du Cauchemar d'Innsmouth pour la télévision japonaise qui fut diffusée sur les ondes le 25 août 1992 au pays du soleil levant et donc la première version officielle filmée de la novella. Le scénario fut écrit par Chiaki Konaka, connu pour les scénarios d'une série d'animation au background plutot glauque voire horrifique qui sort des canons du manga animé traditionnel par les thèmes abordés (solitude, maladie mentale, confusion entre le réel et le virtuel…). Derrière la camera, on trouve un autre habitué des mangas animées et des films fantastiques, Jun Nasuda, qui signe ici une magnifique adaptation du texte de Lovecraft.

Beyond the Wall Of Sleep

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Par William Johns

1993, de Barrett J. Leigh avec Fountain Yount, William Sanderson, Kurt Hargan ; basé sur Par-delà le mur du sommeil.

New York, en 1908. Un montagnard difforme, Joe Slaader, est enfermé dans un asile après le meurtre brutal de sa famille. Quand les médecins commencent à l'examiner, ils se rendent compte que Slaader est le jouet de forces obscures inimaginables dont l'asile va devenir le terrain de jeu…

Dark Waters : les serviteurs de Satan

Dark Waters ou Dead Waters, 1993, de Mariano Baino avec Valeri Bassel, Mariya Kapnist, Louise Salter.

Ce film italo-russe tourné près de Tchernobyl est, malgré un budget réduit et de nombreux problèmes lors du tournage, reconnu comme l'une des plus belles adaptations de la poésie sombre de Lovecraft. Une jeune femme se rend sur une île où se trouve un étrange couvent auquel son défunt père donnait de grosses sommes d'argent… Peu de dialogues mais un vrai travail d'ambiances.

Complément d'analyse par KADATH, décembre 2013.

Parmi les films dits “para-lovecraftiens” (c'est-à-dire sans référence explicite au mythe mais dont le thème rejoint l'univers de Lovecraft), Dark Waters (en français “Les serviteurs de Satan”) est une perle méconnue et qui mérite ce complément d'information. Certes le film est assez lent, recèlant bien des défauts typiques aux films Z; une ou deux scènes gore assez kitche, des décors gothiques peu crédible, un jeu d'acteur parfois digne des films muets. Mais curieusement, ces défauts - qui dans d'autres films feraient crier au nanard - trouvent ici un curieux echo à une ambiance glauque qui sied bien au thème d'un culte rendu à une créature cachée dans un couvent et protégée par une secte faussement catholique. Mariano Baino laisse errer sa caméra le long de souterrains humides et insiste avec talent sur l'omniprésence de l'eau. Ce couvent hanté par une antique malédiction liée à une représentation d'une créature qui fait penser immédiatement à Cthulhu et que l'on retrouve plusieurs fois sous forme d'une amulette, d'un tableau, d'une tapisserie. Le thème de l'accouplement d'êtres humains avec les créatures chtoniennes rejoint l'idée du métissage que HPL avait si brillamanet évoqué dans “Le Cauchemar d'Innsmouth”.Comme dans la nouvelle de Lovecraft, le scénario est centré sur l'hérédité d'une malédiction qui se transmet de père en fille. Le peu de dialogue, le rythme lent qui accentue le malaise que fait naître ce couvent oublié du monde, la présence du thème de l'eau (l'océan mais aussi des rivières souterraines qui suitent le long des murs des couloirs) la présence d'un être qui attend que l'on le délivre, tout dans Dark Waters contribue à offrir au spectateur ce sentiment de malaise qui grandit petit à petit avant une conclusion bien pessimiste, bien lovecraftienne. “Les Serviteurs de Satan” (le titre est un peu ridicule, rien de “satanique” dans ce film…)n'est sans doute pas un chef-d'oeuvre, mais par rapport aux adaptations grotesques que l'on a liées à l'oeuvre de Lovecraft, ce film peu connu du grand public mérite toute l'attention des amateurs de Lovecraft au 7° art.

Excellent article sur le film ici:

http://www.scifi-universe.com/critiques/4329/dark-waters-1994-visite-au-couvent-de-r-lyeh

Necronomicon

Par William Johns

1993, de Brian Yuzna, Christopher Gans et Shu Kaneko avec Jeffrey Combs.

Une anthologie de trois récits : The Drowned est un mélange des Rats dans les murs, L'affaire Charles Dexter Ward, La maison de la sorcière et L'appel de Cthulhu, The Cold une adaptation d'Air froid, et Whispers est basé sur Celui qui chuchotait dans les ténèbres. Chaque histoire est relatée alors qu'H.P. Lovecraft (Jeffrey Combs) la recopie du Necronomicon.

L'antre de la folie

In the Mouth of Madness, 1994, de John Carpenter avec Sam Neill, Julie Carmen, Jurgen Prochnow.

Tout a déjà été dit sur L'antre de la folie. Lorsque John Carpenter commence à travailler sur ce projet, il a dans l'idée de rendre hommage à l'un de ses auteurs préférés, Lovecraft, mais en intégrant son style propre et son univers visuel. Exit donc les références explicitement lovecraftiennes qui ne feraient qu'alourdir le film. Le réalisateur conserve la structure des textes de Lovecraft et le monstrueux désespoir qui s'en échappe, il glisse quelques clin d'oeil au Maître de Providence. Et, véritable hommage, Carpenter met en abîme l'auteur dans son histoire. Où commence le rêve, où s'arrête la réalité ? Dans un final apocalyptique avec ses créatures devenues référentielles, le réalisateur nous entraîne au coeur de la démence, dans l'antre de la folie… Quelques images qui restent gravées dans l'esprit des lecteurs de Lovecraft. Ce film a plusieurs niveaux de lecture et ne peux s'apprécier à sa juste valeur à la première vision. Il faut le revoir pour appréhender toutes les ficelles du scénario. Ce que Carpenter nous propose, c'est peut-être le film d'épouvante le plus ambitieux, le plus cosmique et le plus fascinant, tout simplement.

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Castle Freak

1995, de Stuart Gordon avec Jeffrey Combs, Barbara Crampton, Jonathan Fuller ; basé sur Je suis d'ailleurs.

La famille Reilly s'installe dans un manoir dont il ont hérité en Italie. Mais rapidement, des événements étranges vont les mener vers l'horreur… L'histoire prend pour point de départ la nouvelle de Lovecraft avant de l'étendre et d'en proposer une suite.

Howard Phillips Lovecraft

Ou Le cas Lovecraft : toute marche mystérieuse vers un destin, 1998, de Patrick Mario Bernard et Pierre Trividic.

Documentaire à la forme originale et travaillée - une silhouette de Lovecraft arpente un appartement en guise de fil rouge, entrecoupé d'images étranges, de photos et bien sûr de la narration -, ce Cas Lovecraft a fait couler beaucoup d'encre : création géniale pour les uns, avis trop orienté pour les autres, ce film s'appuie principalement sur la période newyorkaise et xénophobe de Lovecraft.

Return to Innsmouth

1999, de Aaron Vanek avec Ezra Hubbard, Larry Curwen, Edgar Reynolds ; basé sur Le cauchemar d'Innsmouth.

Ce court-métrage en noir et blanc est l'une des meilleures adaptations de la nouvelle de Lovecraft. Malgré un budget ridicule, Aaron Vanek a su retranscrire une ambiance oppressante et user d'effets spéciaux tout à fait convaincants.

Les années 2000

L'Altrove

Ou The Darkness Beyond, 2001, de Ivan Zuccon avec Emanuele Cerman, Silvia Ferreri, Giuseppe Lorusso.

Lorsqu'Ivan Zuccon, grand admirateur de Lovecraft, Lucio Fulci et Clive Barker, réalise son premier film, un court-métrage de trente minutes, il le fait connaître et finit par obtenir un financement qui lui permet de tourner une heure supplémentaire pour obtenir L'Altrove. Dans un monde apocalyptique, les humains sont en guerre contre les forces des ténèbres. Le Necronomicon est une porte vers ces ténèbres. Une course-poursuite va s'engager pour s'emparer du livre maudit. Moyens limités, acteurs peu convaincant, scénario brouillon, ce premier film ne convainct guère mais Zuccon persévèrera avec une suite plus réussie, Unknown Beyond.

Beyond Re-Animator

Par Dref

2001, de Brian Yuzna avec Jeffrey Combs, Bruce Abbott ; basé sur Herbert West, réanimateur.

Cette fois, West (toujours Jeffrey Combs) apprend comment capturer les âmes des morts. Un serial killer tue son assistant Dan Cain (toujours Bruce Abbott) ; West capture son âme la place dans le corps de Cain, avec évidemment de fâcheuses répercussions…

Dagon

Par KADATH, juillet 2008

2001, de Stuart Gordon avec Ezra Godden, Francisco Rabal, Raquel Merono ; basé sur Le cauchemar d'Innsmouth.

“C’est dans un état bien particulier que j’écris ces mots, puisque cette nuit je n’existerai plus… Je me trouve sans le sou, au terme de mon supplice de drogué qui ne supporte plus la vie sans sa dose… Je vais sauter par la fenêtre, m’élancer dans la rue… Lorsque vous aurez lu ces quelques pages hâtivement gribouillées, vous ne vous étonnerez pas que je me trouve devant cette unique alternative : l’oubli ou la mort.” Voila le premier souvenir que fait naître ce titre de Dagon dans la mémoire de tout lecteur assidu de H.P.Lovecraft, via cette légendaire édition Belfond à la couverture rouge/rose frappée en son centre d’une empreinte digitale. Dagon, le dieu-poisson, l’une des clés qui ouvre le Mythe de Cthulhu… Peut-on réaliser un film sur ce sujet, en se limitant à cette seule courte nouvelle de Lovecraft ? Sans doute non et Denis Paoli a donc écrit un scénario pour Stuart Gordon basé sur… Le cauchemar d’Innsmouth, texte nettement plus achevé offrant au réalisateur expérimenté qu’est Gordon suffisamment de matière pour un film d’une heure et demi.

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Unknown Beyond

Maelstrom : il Figlio Dell'Altrove, 2001, de Ivan Zuccon avec Emanuele Cerman, Giorgia Bassano, Roberta Marrelli.

Ce film italien fait suite à L'Altrove du même réalisateur. Tourné en vidéo avec des moyens très limités, Unknown Beyond se situe dans un monde apocalyptique où les humains, s'étant libéré de l'esclavage des Grands Anciens, sont en guerre contre ceux-ci. Un petit groupe de combattants part à la recherche du Necronomicon, qui contiendrait le moyen de vaincre les Anciens… L'histoire futuriste et l'absence de créatures typiquement cthulhiennes sont contrebalancés par une influence ouverte à Lovecraft à travers les noms et l'ambiance ténébreuse. Peu d'action, peu de gore, des acteurs à la limite de l'amateurisme mais un réalisateur passionné qui annonce déjà un troisième volet à cette série de l'apocalypse !

The Resurrectionist

2002, de Jason Soles avec Michael Graves, Ann Koi, Alaine.

Dans ce western fantastique, on croise un récupérateur de cadavre, un réanimateur, des gens étranges et des Grands Anciens inquiétants. Ce film d'horreur amateur propose une atmosphère et des éléments empruntés à Lovecraft.

The Shunned House

La Casa Sfuggita, 2002, de Ivan Zuccon avec Giuseppe Lorusso, Federia Quaglieri, Emanuele Cerman ; basé sur La maison maudite, La musique d'Erich Zann et La maison de la sorcière.

Alex, un écrivain et son amie Rita se rendent dans une vieille bâtisse du XVIIIe siècle où sont déroulés des événements étranges au fil du temps. Tandis qu'Alex enquête, Rita semble peu à peu possédée par la maison… Après son dyptique L'Altrove et Unknown Beyond, Zuccon adapte directement Lovecraft à travers un film à tiroirs où les personnages et les événements s'entrecroisent. Faisant preuve d'une réalisation de qualité, il parvient à faire de ce film à petit budget un honnête divertissement à l'ambiance résolument lovecraftienne, bien que l'histoire soit parfois difficile à suivre. Un peu de gore et des hommages à Lucio Fulci et Dario Argento.

Maléfique

2003, avec Gérald Laroche, Philippe Laudenbach, Clovis Cornillac.

Quatre prisonniers hauts en couleurs partagent une même cellule. Lorsqu'une pierre dans le mur s'enlève, ils découvrent un vieux livre écrit par un prisonnier des années 20 et qui contient des formules de magie noire. Les quatre hommes espèrent pouvoir les utiliser pour pouvoir s'évader… Eric Valette via ce pitch somme toute assez simple nous offre un film fantastique de très bonne facture où l'élément lovecraftien est présent sous forme de référence directe au Mythe (invocations, noms de divinités). L'idée de mêler l'univers de Lovecraft à un milieu social particulièrement glauque et “terre à terre” est une nouveauté intéressante. Plus de brillants professeurs d'université, de chercheurs solitaires, de sorciers cachés dans leur bibliothèque, ici Eric Valette nous montre la crue réalité de l'univers carcéral: sordide, malsain, angoissant. Quatre êtres dont le monde se réduit à quelques mètres carrés où règne la peur de l'autre, le dégoût et la névrose. L'intrusion du fantastique est d'autant suprenante que cet élément peut permettre de retrouver la liberté, moyennant quelques sacrifies qui vont s'avèrer …ultimes! L'apparition de mots comme Al Azif, Yog Sothoth, Hastur, Tsathoggua et autres Fthagn dans les pages du journal découvert dans le mur de la cellule sert d'introduction au passage temporel qui sera l'élément moteur de l'histoire.

Le cinéma fantastique français n'étant pas particulièrement représenté dans la filmographie lovecraftienne, il est d'autant remarquable de mentionner cette référence même si le lien avec l'univers de Lovecraft est limité. Le film vaut surtout pour son jeu d'acteur: un Philippe Laudenbach particulièrement glaçant dans le rôle difficile de Lassalle, tueur névrosé; Clovis Cornillac récompensé déjà par plusieurs nominations aux “Césars” et “Molière” et inoubliable dans le chef-d'oeuvre “Un Long dimanche de fiançailles” interprète Marcus, un transsexuel violent. Certaines scènes assez gore ne plairont qu'aux amateurs du genre, mais l'élément fantastique du passage temporel lié aux invocations de divinités anciennes retiendra l'attention, avec au final un pessimisme bien noir dans la tradition du genre. Lecture des invocations magiques dans l'espoir de retrouver la liberté !

On en parle ici sur le forum: http://forum.hplovecraft.eu/viewtopic.php?id=1243

Pickman's Model

2003, de Rick Tillman avec John Williams Lynch, Rick Tillman, Don Lapora ; basé sur Le modèle de Pickman.

Un homme découvre les peintures terrifiantes de son ami Richard Upton Pickman, qui semble peu à peu touché par une folie morbide… Adapté de l'histoire du peintre maudit, ce court-métrage met en scène une goule absolument monstrueuse…

The Dream-Quest of Unknown Kadath

2004, d'Edward Martin ; basé sur La quête onirique de Kadath l'inconnue.

Ce film d'animation est l'adaptation d'une bande dessinée de Jason Thompson, elle-même tirée de la nouvelle éponyme de Lovecraft. Le style de Thomson est assez personnel, éloigné des illustrations lovecraftiennes classiques qui font généralemet la part belle aux tentacules et aux monstres gluants. Le film relate de manière assez fidèle les aventures de Randolph Carter dans le monde des rêves, à la recherche de Kadath…

The H.P. Lovecraft Collection #1 : Cool Air

2004, de Brian Moore avec Jack Donner, Dukey Flyswatter, Ron Ford ; basé sur Air froid.

L'anthologie vidéo The H.P. Lovecraft Collection réunit les meilleurs films projetés lors du H.P. Lovecraft Film Festival. Dans Cool Air, on découvre Randolph Carter sympathisant avec le Dr Muñoz en 1925, avant de découvrir son terrible secret… Interprétation remarquable, réalisation soignée, ce film est l'une des plus fidèles adaptations de Lovecraft. Le DVD inclue également des interviews de l'équipe du film et les courts-métrages Nyarlathotep, The Hound, An Imperfect Solution et The Hapless Antiquarian.

The H.P. Lovecraft Collection #2 : Dreams of Cthulhu

Ou The Rough Magik Initiative ou Rough Magik, 2004, de Jamie Payne avec Paul Darrow, Gerrard McArthur, Tim Kirby.

Situé dans le monde Delta Green - une extension du jeu de rôle qui met en scène des sociétés secrètes à la manière de la série The X-Files - Ce film relate l'histoire des “Night Scholars”, une organisation clandestine qui surveille depuis des décennies les activités des cultes cthulhiens. Alors qu'elle comprend que le dieu est sur le point de se réveiller, l'organisation est démantelée pour fraude financière et trahison… Des années plus tard, la magie ancienne est revenue avec l'éveil du dieu ! Seule les Night Scholars peuvent encore sauver le monde avant qu'il ne soit trop tard, mais ils ont disparus… Le DVD contient également les courts-métrages Terrible Old Man et From Beyond, des clips de Darkest of the Hillside Thickets et des interviews.

Alone in the Dark

Réalisateur: Uwe BOLL, 2005. Acteurs principaux: Christian SLATER, Tara REID, Stephen DORFF. Durée: 1 h 36.

Le détective Edward Carney se rend en compagnie de l'anthropologiste Alice Cedrac sur l'île étrange de Shadow Island pour enquêter sur la mort d'un de ses amis. Mais dans l'ombre, de terribles créatures lovecraftiennes menacent leur sécurité… Tiré du jeu vidéo Alone in The Dark : The New Nightmare, ce film moyen et brouillon est réalisé par le décrié Uwe Boll.

Si l'on se renseigne sur ce film avant vision, on découvre sur le Web une série - ou plutôt un torrent -d'injures, de moqueries traitant le film d'Uwe Boll de nanar, de “bouse infâme” et autre qualificatif du même acabit! Curieusement on insiste aussi sur la pauvreté des effets spéciaux et du manque évident de moyens…Etonnant lorsque l'on découvre qu'un budget de 20 millions de dollars a été alloué, ce qui est loin d’être ridicule. Des productions plus célèbres et mieux considérées n’ont pas bénéficié de sommes aussi conséquentes… Soyons direct, Alone in the Dark – très librement inspiré du jeu – n’est pas un chef d’œuvre, loin sans faut ! Mais curieusement, après une seconde vision, on oublie les faux raccords, le jeu d’acteur trop basique (ineffable Tara Reid, la « reine des nanars », voir le site Allociné…) et les incohérences du scénario pour s’intéresser à l’aspect « lovecraftien » du film. Dès le début, la scène de la créature qu’un aventurier sans scrupule libère de son sarcophage corseté d’or pur est assez efficace. Les créatures elles-mêmes sont partielles montrées dans un décor très sombre (trop sombre ?..) qui laisse une part de mystère. C’est surtout la scène finale où l’on découvre le domaine souterrain de ces démons qui vaut par son pouvoir suggestif, univers ténébreux aux voûtes titanesques qui me rappellent un dessin de Philippe Druillet. Par rapport à des films plus ambitieux, voir prétentieux, tel l’incroyable raté de Ridley Scott et son « Prometheus », nanar de luxe au budget de plus de 150 millions $, l’essai d’Uwe Boll a le mérite de nous distraire – et de nous amuser – tout en exploitant le filon des créatures chtoniennes que des scientifiques vont réveiller, éternel mythe de Lovecraft.

Une critique très…critique ici:

http://www.senscritique.com/film/Alone_in_the_Dark/critique/44083

The Call of Cthulhu

2005, de Andrew Leman avec Ramón Allen Jr. , Leslie Baldwin, Daryl Ball ; basé sur L'appel de Cthulhu.

Il existe dans toute filmographie des “OVNIs” qui défient la comparaison; dans celle de Lovecraft adapté au 7° art, The Call of Cthulhu peut être considéré comme une “perle rare”, véritable exception qui confirme une règle (presque) unanime de médiocrité ou au minimum de non-respect de l'oeuvre originale. En effet, Sean Branney et Andrew Lehman ont réalisé et produit un court-métrage de 47 min en noir et blanc - et de surcroît muet ! - qui constitue à ce jour l'unique adaptation “à la lettre” d'une nouvelle de Lovecraft. Pari osé et pari tenu, puisque le budget était limité, les auteurs ont décidés de prendre appui sur cette exigence pour transformer leur faiblesse en force narrative: présenter en 2005 un film assez court tel qu'on pouvait en visionner dans les années 30, celles ou Lovecraft était encore en vie. Et j'aime imaginer que ce film a REELLEMENT ETE VISIONNE par HPL: pour cela guère besoin d'une imagination très grande. La présentation du film avec l'image qui tressaute un peu au début, les panneaux avec texte qui expliquent la situation ou communiquent le dialogue des acteurs, la musique appropriée (fort bien choisie dans ce cas); tout incite le spectateur à se voir replongé en 1935, assis à côté du Maître… Cet essai aurait très bien sombrer dans le ridicule vu la présentation à l'ancienne, l'absence de moyens le le toujouyrs difficile choix du muet mais Sean Branney et Andrew Lehman réalisent le voeu des adaptes de Lovecraft; retrouver l'ambiance mystérieuse, angoissante de nos lectures du Maître. Il faut voir ce film avec des yeux d'adolescent qui découvrent le fantastique! Bien-entendu les effets spéciaux sont basiques, les décors en carton-pâte et les statues en pâte à modeler…qu'importe; nous sommes sur l'île inconnue devant les monolithes qui cachent la divinité ancienne et nous fuyons avec les marins de l'Alert devant le danger. La magie opère !…

Un film disponible en DVD zone 1 mais normalement lisible via tout lecteur récent que je RECOMMANDE très vivement à tout lovecraftien pour complèter sa filmothèque.

Notre ami Shinji nous donne son avis et une très bonne interview de Sean Branney et Andrew Lehman dans la suite …

KADATH.

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The H.P. Lovecraft Collection #3 : Out of Mind

2005, de Raymond Saint-Jean avec Christopher Heyerdahl, Peter Farbridge, Art Kitching.

Ce film brillant relate la découverte du Necronomicon par un artiste moderne qui va ainsi découvrir la vie de Lovecraft racontée par le grand auteur lui-même. Sous la forme d'une fiction originale, ce documentaire présente un HPL qui lance clins d'oeil et références à ses lecteurs. Acclamé par les lovecraftiens, c'est l'un des plus intéressants voyages dans le monde du solitaire de Providence. Le DVD présente également les courts-métrages The Music of Erich Zann, The Outsider et My Necronomicon.

La malédiction des profondeurs

Par KADATH et jarak

Beneath Still Waters, 2005, par Brian Yuzna avec Patrick Gordon, Charlotte Salt, Raquel Merono.

En 1965, deux garçons, Téo et Luis, s'amusent dans la ville déserte de Marienbad. La construction d'un barrage va submerger la ville dont tous les habitants ont été évacués. Tous sauf les membres d'une secte cachés dans l'église et dont le chef Mordecai Salas va être libéré par Téo… Quelques dizaines d'années plus tard, alors qu'a lieu la célébration de la construction du barrage des personnes disparaissent mystérieusement dans le lac sombre et profond. Une enquête est menée, de vieilles croyances semblent être mêlées à ces disparitions…

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Mortuary

Par Dref

2005, de Tobe Hooper avec Dan Byrd, Stephanie Patton, Tarah Paige.

Même si le film n'est pas génial, l'histoire fait énormément penser à La couleur tombée du ciel : une entité enterrée sous une maison dans un puit et nourrie par un homme déformé prend possession des corps d'humains. 200 ans plus tôt, rien ne poussait et les animaux mourraient sans aucune raison… Le film n'est vraiment pas terrible mais toujours mieux que beaucoup d'autres adaptations de Lovecraft.

Lien (anglais) ici: http://www.nefariousfilms.com/Reviews/Mortuary%20Review.html

Road to L. : il Mistero de Lovecraft

Par Robert Olmstead

2005, de Federico Greco et Roberto Leggio avec Rob David, Valentina Lodovini, Eraldo Baldini.

L'intrigue à elle seule vaut l'achat du DVD. On découvre en 2002 dans une bibliothèque de Venise un journal qui serait de la main H.P. Lovecraft et qui décrirait un voyage sur les rives du Po où sévissent d'étranges cultes et créatures. Le journal aurait été écrit par l'auteur de mai à juin 1926, mais rappelons que Lovecraft, selon les biographies officielles, n'aurait jamais quitté les États-Unis ! Bien entendu une équipe de journalistes américains s'empresse de faire le voyage pour voir de quoi il retourne. Voilà un film original! On aurait pu craindre un énième Projet Blair Witch mais s'il s'en inspire, les réalisateurs signent un film où le doute subsiste sur ces créatures et la possibilité que Lovecraft fut lui-même inspiré par des faits réels et monstrueux et non uniquement par son imagination. L'atmosphère est lourde, la musique lancinante, les comédiens sont tous excellents et possédés par leur rôle, et la peur s'insinue peu à peu dans nos esprit. Un film intéressant et qui donne une autre perspective au mythe transposé cette fois en Europe où les créatures cthulhiennes existent depuis des temps immémoriaux, semant la terreur ou le respect avant d'être aperçues dans le Nouveau Monde… Le film est sorti en DVD et on peut le trouver en import en version originale italienne, en anglais ou en espagnol (sous-titré en anglais ou espagnol) sur des sites marchands.

Article complet de Robert Olmstead ici: http://innsmouthmania.blogspot.be/2010/11/road-to-l.html

Cool Air

Par Craig Mullins

2006, de Albert Pyun avec Morgan Weisser, Crystal Laws Green, Jenny Dare Paulin ; basé sur Air froid.

Ecrit par Cynthia Curnan, le film raconte l'histoire d'un écrivain à la recherche d'un lieu propice à son art. Il finit par trouver une chambre dans une pension isolé de Malibu. Il y attend parler d'un docteur qui pratique des expériences étranges dans la chambre voisine de la sienne…

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Masters of Horror #2 : le cauchemar de la sorcière

Dreams in the Witch House, 2006, de Stuart Gordon avec Ezra Godden, Jay Brazeau, Campbell Lane ; basé sur La maison de la sorcière.

Un jeune étudiant, Walter Gilman, à la recherche d'une location, s'installe dans une la chambre en sous-pente d'une vieille demeure. Il constate que les murs de sa chambre aux angles inhabituels sont peut-être un passage vers… un autre endroit. Master of Horror est une série télévisée initié par Mick Garris et qui réunit treize réalisateurs de films d'horreur pour treize épisodes en forme de moyen-métrage complètement fous. L'épisode de Stuart Gordon pour la saison 1 est donc ce Cauchemar de la sorcière directement tiré de la nouvelle de Lovecraft. Une fois encore, l'aspect cosmique est élagué pour ne conserver que l'aspect sorcellerie et porte entre les mondes. Gordon retranscrit tout de même de manière correct l'histoire de Gilman, le rat mutant Brown Jenkin et l'ombre menaçante de Keziah Mason. On aurait tout de même aimé voir les fameux “Anciens” et les visions dantesques des rêves Gilman. On se contentera d'un petit film gore bien troussé mais qui manque cruellement de… Lovecraft !

Critique de KADATH:

Stuart Gordon est devenu “LE” spécialiste des adaptations (à petit budget :-\ ) de Lovecraft. Après Ré-animator, De l'Au-delà et bien-sûr Dagon, il nous offre sa vision de la célèbre nouvelle “The Dreams in the Witch-House” ou en français “La Maison de la sorcière”. Le film est un petit long-métrage (sic) de 60 minutes avec Ezra Godden, l'acteur fétiche de Gordon. On notera une qualité de photographie qui manquait un peu dans les autres films, de bons décors et le choix d'une ancienne maison de Nouvelle-Angleterre qui crée une ambiance qui introduit bien l'histoire.

Godden est très à l'aise dans le rôle du malheureux étudiant sur lequel la sorcière va jeter son dévolu. Le déroulement de l'histoire s'exécute à un bon rythme, sans temps mort ni excès ridicule comme trop souvent dans ce type de production. La scène finale surprendra le spectateur et clôture ce film par une belle frayeur et un sentiment de malaise qui ravira l'amateur de fantastique. Personnellement, je trouve que le film est bien lovecraftien tant dans le fond que dans l'ambiance qui règne sur cette maison aux angles impossibles d'où surgira une menace qui a traversée les siècles.

Le final est dans la lignée des textes de HPL puisque le monde des sorciers triomphe (et de quelle façon!…) de l'univers des hommes. C'est d'ailleurs les dernières minutes du film qui soulignent la filiation directe entre le scénario et HPL que le réalisateur a su traduire sans trop d'effets gore.

THE LAST WINTER

2006, réalisateur = Larry FESSENDEN. Acteurs/actrices:Ron Perlman, James LeGros,Connie Britton,Zach Gilford, Kevin Corrigan…

On en parle ici : http://forum.hplovecraft.eu/viewtopic.php?id=1811

Film “lovecraftien” assurément, “Le Dernier hiver” oscille entre conte écologique et suspens fantastique sur fond de décors polaires. Certaines scènes sont magnifiquement filmées et les images ont presque un caractère surréaliste avec de longs plans d'acteurs solitaires sur fond blanc uniforme qui évoque plus la peinture que le 7° art. Cette équipe qui explore l'antartique à la recherche du pétrole à “réveillé” quelque chose qui “attend en rêvant” pour paraphraser notre ami HPL…Un fantastique très nuancé qui suggère plus qu'il ne montre (sauf au final).

Article critique (source: http://www.cadependdesjours.com/Cinema-critique/the-last-winter-de-larry-fessenden/)

L’acteur et réalisateur Larry Fessenden a écrit ici, avec Robert Leaver, une sombre histoire qui concerne le sort de l’humanité. En effet, The Last Winter, sans pourtant avoir bénéficié d’une sortie dans les salles de cinéma, est particulièrement intriguant, notamment par son évocation du dernier hiver sur terre (rien que ça), catastrophe engendrée par des compagnies pétrolières, avides de profit, qui sortent de terre des éléments qui n’auraient jamais dû voir le jour… Ce film constitue donc une petite surprise.

La compagnie pétrolière américaine KIC construit une route de glace pour explorer le Refuge de Faune et flore national arctique éloigné du Nord pour avoir l’indépendance énergétique. Les écologistes indépendants travaillent ensemble dans une base de forage dirigé par Ed Pollack (Ron Perlman) avec un accord passé avec le gouvernement où ils doivent faire des procédures d’approbation et des rapports d’envoi sur l’opération.

Quand un membre de l’équipe devenu fou est trouvé le mort nu sur la neige, l’écologiste James Hoffman (James LeGros) soupçonne que des gaz aigres peuvent avoir été accidentellement sortis de l’endroit provoquant des hallucinations et la folie dans le groupe. Après un deuxième incident fatal, il convainc Ed de voyager avec l’équipe pour trouver de l’aide. Cependant, des événements mystérieux arrivent prenant au piège le groupe dans la base.

Les films prenant comme décor l’arctique ou l’antarctique ont toujours une saveur particulière, comme 30 jours de nuit, Whiteout ou encore la grosse production coréenne Antarctic Journal, sans oublier, bien entendu, The Thing de John Carpenter. Ces films ont comme point commun d’arriver à donner une atmosphère de un huis clos au milieu d’une nature sauvage. Cela parait d’autant plus logique que le climat, très rude, amène ce genre de situations. Et The Last Winter n’échappe donc pas à la règle.

Passionant Thriller, c’est également un film pessimiste sur le sort de l’humanité, cette dernière étant plus avide de profit, toujours à la recherche de pétrole pour être plus ou moins indépendant en ressources énergétiques. Sous couvert d’un film de genre Larry Fessenden nous livre donc un film politique, au relents bien attendu assez facile (c’est l’être humain qui est responsable de tout cela) mais également teinté d’un esprit « fantastique » (le réchauffement de la planète entraîne des effets inattendus, comme l’échappement de gaz aux propriétés inconnues).

Sans être un gros et grand film, The Last Winter est agréable à regarder, avec une fin assez originale dans ce genre de production, aucunement dans l’esprit hollywoodien de happy end. C’est d’ailleurs, peut-être ici le plus intriguant, l’humanité n’étant pas sûre d’être sauvée.. et de voir ainsi son dernier hiver.

Cthulhu

2007, de Daniel Gildark avec Jason Cottle, Scott Patrick Green, Cara Buono ; basé sur Le cauchemar d'Innsmouth.

Ce film se déroule sur la côte nord-est du Pacifique. Contrairement à la nouvelle de Lovecraft, le film intègre un personnage gay. Le scénariste Grant Cogswell explique ceci par le fait que le réalisateur Dan Gildark et lui ont choisi d'exprimer par métaphore le retour d'un homosexuel dans sa ville pour des funénailles et la menace des habitants qu'il doit y affronter. Le film a été projeté en avant-première au Festival International du Film de Seattle le 14 juin 2007.

Etonnement, le film réalisé par Daniel Gildark est sans doute l'une des meilleures adaptations de l'univers de Lovecraft au 7° art. Basé théoriquement sur la nouvelle “Le Cauchemar d'Innsmouth”, le scénario louche aussi vers “L'Appel de Cthulhu” et mixe les deux récits autour du thème classique du retour du « fils indigne » dans sa famille. Le pitch du film est simple, Russell Marsh professeur d’histoire a quitté sa famille et sa ville autant pour sa carrière professionnelle que pour vivre son homosexualité librement. Apprenant le décès de sa mère, il se rend – à contrecœur- dans cette famille dont il se sent rejeté. Là il découvre que l’ambiance de sa ville natale a bien changé et qu’une étrange hantise semble régner sur la région. Il découvre dans le hangar où il jouait étant gosse une bien étrange procession de personnes encagoulées semblant participer à un rite religieux. En ville, un ordre ésotérique de Dagon – secte à laquelle son père à adhéré – prévient les habitants de la fin du monde…

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Dark Paradox

2007, de Brian Clement avec Chuck Depape, Bronwyn Lee, Michael Farrell.

En 1980, une rumeur affirmait que la ville canadienne de Victoria était la seconde “capitale mondiale du satanisme” après Genève. Trente ans plus tard, un écrivain va découvrir que la vérité était bien en-deça et que d'horribles cultes voués aux Grands Anciens perdurent…

The Empty Bottle in the Office

2007, remastérisé en 2013, avec Aymeric Felzer, Corentin M., Dorian Boyer.

1927, Boston, Massachusetts. Eliot Masters se voit confier une affaire peu ordinaire par un étranger, amnésique depuis son arrivée récente en ville. En cherchant les causes de cette amnésie et les raisons de la venue de ce client à Boston, Masters et son associé Spencer Chancelor se retrouvent face à de terribles découvertes… Ce court métrage a été tourné à Bordeaux par une équipe totalement amateur, n'adaptant aucun récit de Lovecraft mais s'inspirant de son style caractéristique.

Lovecraft's Trilogy

Ou La trilogie Lovecraft, 2007, d'Emmanuel Dauchez avec Jean-Paul Daniel, Alain Frérot, Elise Hote.

Cette trilogie en DVD est composée de trois court-métrages, Lunatic Asylum, Nightmare et Rose Castle plus inspirés par le gothique que par le Maître de Providence.

AM1200

2008, de David Prior avec Eric Lange, Ray Wise, John Billingsley.

Sam Larson, un analyste financier au centre d'une affaire d'escroquerie, prend la route pour essayer d'oublier les événements. Un étrange appel radio l'attire vers une station de diffusion isolée… Larson cherchait une issue à ses problèmes, il va en trouver une, qui va le mettre face à des révélations à l'échelle cosmique, au-delà de toute compréhension…

http://lovecraftzine.com/2013/10/01/watch-the-lovecraftian-short-film-am-1200-with-us-online-saturday-night/

Beyond the Dunwich Horror

www.mad-movies.com_mad_galleries_images_dunwich_horror1209742694.91.jpg

Par Dref

2008, de Richard Griffin avec Lynn Lowry, Jason McCormick, Jeff Dylan Graham ; basé sur L'abomination de Dunwich.

L’action, qui se déroule de nos jours, s’intéresse aux descendants de la famille Whateley qui tentent de faire revenir leurs ancêtres d’outre-tombe afin de réunir cette famille maudite et dépravée. Ce revival est promis comme un hommage à Bava, Fulci et Argento !

Colour From the Dark

2008, de Ivan Zuccon avec Debbie Rochon, Michael Segal, Marysia Kay ; basé sur La couleur tombée du ciel.

Ce film à petit budget prend place en Italie en 1940 alors que la guerre fait rage. Pietro et Lucia vivent dans une ferme isolée avec la soeur de Lucia, Alice. Celle-ci est atteinte de troubles mentaux. Leur ferme va bientôt être touchée par la malédiction d'une couleur extraterrestre inquiétante qui leur apportera pain, sang et mort…

Critique de La Couleur tombée du ciel : Colour from the Dark [2009] Ecrit par Nicolas L. le mercredi 9 décembre 2009 ;

références WEB = http://www.scifi-universe.com/critiques/5383/colour-from-the-dark

Le malheur est dans le puits

Après une légère infidélité qui se concrétisa il y a deux ans par la conception de NyMpha, un huis clos religieux horrifique bénéficiant de la présence de Tiffany Shepis dans le rôle principal, le cinéaste transalpin Ivan Zuccon revient à ses premiers amours: les (très libres) adaptations de nouvelles de Howard Phillips Lovecraft. Cette fois-ci, c'est l'excellent texte The Colour Out the Space (La Couleur tombée du ciel) qui a été récupérée et adaptée par le réalisateur de The Darkness Beyond.

Le script nous emmène dans l'Italie rurale de 1943, loin, donc, de l'état de Massachusetts, cette région chère à l'écrivain de Providence. Une bonne idée, qui justifie ainsi la sensation d'isolement dégagée par le film et qui permet à la production d'éviter ainsi d'exploser un budget très étroit dans la construction de décors et de costumes. Là, Ivan Zuccon nous invite à faire la connaissance d'une famille de condition modeste, vivant chichement des bienfaits de son petit potager. Le chef de famille, Pietro (malgré un problème de claudication), parvient à satisfaire les besoins de son entourage - sa femme Lucia et Alicia, sa belle-sœur handicapée - grâce à une forte dose de courage et d'abnégation. S'ils mènent une existence paisible, loin des tourments de la guerre, tous, même leurs proches voisins, s'inquiètent d'être sans nouvelle du frère de Pietro, parti pour le front.

Un matin, de corvée d'eau, Alicia, éprouvée par une nuit agitée d'horribles cauchemars, fait tomber le seau au fond du puits. En essayant de le récupérer au moyen d'une gaffe et en fouillant le fond du puits, Pietro libère quelque chose. Une chose qui illumine d'une lumière bleuté et électrisante l'eau du puits avant de disparaitre.

Quelques temps plus tard, Pietro ne boite plus, Alicia prononce quelques mots et le potager se met à donner des légumes d'une taille incroyable. La famille croit alors à un miracle et remercie le Seigneur…

Comme dans ses précédents films, Ivan Zuccon a décidé d'imprimer à sa narration un rythme très lent, marquée durant une grande partie du métrage par des échanges dialogués feutrés. En conséquence, ce choix d'imposer aux comédiens un phrasé “chuchoté” entretient sans grand frais cette atmosphère de secret voulue par la construction d'une atmosphère lovecraftienne. Le même effort de coller à l'ambiance de l'univers du créateur du mythe de Cthulhu est fourni dans la mise en place des éclairages, très élaborée. Ainsi, comme dans Beyond Darkness, grâce à ce soucis du travail bien fait, Ivan Zuccon parvient en grande partie (mais pas totalement, hélas) à dissimuler la pauvreté des décors avec une photographie jouant des moindres recoins de cette vieille bâtisse représentant la ferme de la famille de Pietro. Bref, on a devant nous le travail d'un technicien consciencieux au service d'un artiste passionné par son art.

S'il ne manque pas de faiblesses et oublie de répondre à bon nombre de questionnements essentiels (le principal portant sur le manque d'explication concernant l'entité et ses motivations), le script est nettement mieux structuré que les précédents scénarii exploités par Ivan Zuccon. Le cinéaste continue à brasser univers onirique et réaliste et à noyer sa narration d'une symbolique parfois un peu trop insistante, mais il le fait de manière moins brouillonne et plus justifiable. Ainsi, le film gagne en lisibilité et en émotion.

Au fur et à mesure que l'intrigue dévoile ses secrets, le film nous entraine dans le domaine de l'horreur graphique. Le bonheur laisse progressivement la place au désespoir, la beauté à la pourriture. Une transformation au processus marqué par une véritable horloge macabre: la lente décomposition du cadavre d'une juive abattue dans les bois par les allemands, non loin de la ferme. La première victime frappée par l'entité dévoreuse d'âme et de chair est Lucia (pourquoi?), qui se transforme lentement en goule agonisante. On pourrait à ce moment reprocher au cinéaste de céder à la facilité, de sombrer dans le zombie movie très gore à la Lucio Fulci. Personnellement, je n'irai pas jusque là. C'est certain, l'on sent dans le cinéma d'Ivan Zuccon l'influence du maestro mais, comme pour ses précédents films, Colour from the Dark évoque autant le drama psychédélique et pessimiste que la poésie macabre, ce qui donne une impression générale assez mémorable de par son aspect atypique. A noter que les effets spéciaux numériques et les maquillages sont de conception tout à fait convenable, au regard du budget avoué par la production (seulement 100,000 dollars).

Si les films d'Ivan Zuccon péchaient par l'amateurisme de leur interprétation, on ne peut en dire autant depuis Nympha. Désormais un peu mieux reconnu, le cinéaste arrive désormais à s'entourer de comédiens talentueux alors que ceux de la première heure ont acquis une expérience bienvenue. Ainsi, même si les rôles de second plan ne sont pas toujours excellemment maitrisés (Ivan Zuccon doit également progresser dans sa direction d'acteur, un autre point commun avec Lucio Fulci?), le travail fourni par le duo de comédiens principaux est remarquable.

Ainsi, Michael Segal - vieux compagnon de route du réalisateur - est vraiment très convaincant sous les traits de Pietro, malgré un tournage effectué totalement en langue anglaise. Très sobre, ce très sympathique acteur italien a énormément progressé et il offre ici une prestation tout à fait honorable en homme brisé voyant son environnement devenir un enfer. Puis, il y a Debbie Rochon. Passée du statut peu glorieux de scream queen à celui, nettement plus mérité, de comédienne accomplie et star de la série B, cette élégante quadragénaire, malgré un rôle que l'on devine éprouvant, est absolument formidable. Ivan Zuccon renouvelle encore une fois, après Tiffany Shepis dans NyMpha, sa belle initiative de construire un rôle féminin fort et difficile, ce qui a dû forcément séduire une actrice de la trempe de Debbie Rochon qui se voit là offrir l'un de ses plus beaux rôles.

The H.P. Lovecraft Collection #4 : Pickman's Model

2008, de Ricardo Harrington, Cathy Welch et Giovanni Furore avec Rodrigo Sepúlveda ; basé sur Le modèle de Pickman.

Cette anthologie regroupe quelqu'unes des meilleures adaptations de la fameuse nouvelle au peintre maudit : Chilean Gothic, deux Pickman's Model, In the Vault et Between the Stars. On trouvera également sur le DVD des interviews.

The H.P. Lovecraft Collection #5 : Strange Aeons

Ou The Thing on the Doorstep, 2008, de Eric Morgret avec Melanie Calderwood, Doug Cartwright, Angelica DiMico ; basé sur Le monstre sur le seuil.

Le jeune Edward Derby va découvrir en Asenath Waite la femme de sa vie… ou de sa mort ? Hypnotisé, il va peu à peu sombrer dans la déchéance. L'une des plus terrifiantes nouvelles de HPL brillamment adaptée. Le DVD propose également les films Maria's Hubris et From Beyond, et une interview de John Carpenter.

In Search of Lovecraft

2008, de David Hohl avec Rachael Robbins, Renee Sweet, Denise Amrikhas.

Tout ce qu'a écrit H.P. Lovecraft est vrai. Une journaliste découvre peu à peu l'horreur qui se cache derrière les récits du Maître de Providence… Si les films lovecraftiens sont plus souvent mauvais que bons, celui-ci, bien que professionnel, semble plus lorgner vers un amateurisme ringard !

Lovecraft : Fear of the Unknown

2008, de Frank H. Woodward avec Ramsay Campbell, John Carpenter, Guillermo Del Toro.

Présenté au H.P. Lovecraft Film Festival où il a fait sensation et récompensé l'été dernier au Comic-Con International Independent Film Festival, ce documentaire a mis deux ans à voir le jour : le réalisateur a arpenté les Etats-Unis à la recherche de ses “témoins” lovecraftiens à interroger. Mais cet acharnement en vaut la peine : S.T. Joshi, John Carpenter, Robert Price, Stuart Gordon, Guillermo Del Toro, Ramsay Campbell, Neil Gaiman, Peter Straub, autant de grands noms du fantastique fascinés par les cauchemars de HPL, qui parlent de leur passion pour l'auteur. Le film relate la vie de Lovecraft en parallèle de son oeuvre. Plus classique dans la forme que le fameux Cas Lovecraft, ce Fear of the Unknow semble asseoir petit à petit son statut d'oeuvre incontournable.

Fringe #30 : Grey Matters

Par Goomi

2009, de Jeannot Szwarc avec Anna Torv, Joshua Jackson, John Noble.

En spectateur régulier de Fringe, je peux dire que c'est une bonne série, principalement lorsqu'est traité le sujet principal. Dans le dixième épisode de la saison 2, j'ai remarqué de nombreuses références aux travaux de HPL (comme le Dr. West, le patient Stuart Gordon ou l'hôpital psychiatrique de Dunwich). Nous savons tous que J.J. Abrams aurait acheté les droits du jeu de rôle L'Appel de Cthulhu et qu'il est un véritable fan de Lovecraft.

Le manuscrit d'un fou

2009, de Thibaut Brix avec Vincent Ritt, Aude Bonilla, Bruno Picamal.

Une simple balade en forêt va se transformer en cauchemar lovecraftien pour Matthias Colban…

Les années 2010

La pension Esmodine

2010, d'Aymeric Pelzer avec Clément Roussel, Julien Bernat et Julie Barrère.

Qu'est-ce qui peut conduire le plus cartésien et habile des journalistes à sombrer dans la folie ? Comment ce simple meurtre a pu mener Toussaint Lambert à découvrir l'inconcevable ? Et quels obscurs secrets cache cette pension Esmodine, dernier lieu ou se serait rendu le reporter ? Henri Élois est bien décidé à résoudre ces mystères dans cette websérie amateur de sept épisodes dont la diffusion s'est étalé de 2010 et 2011.

Le Territoire des Ombres

Film en deux parties: sortie en France; juin 2013.

Part I: LE SECRET DES VALDEMAR : 1 h 40 min.

Part II : LE MONDE INTERDIT : 1 h 31 min.

Projeté furtivement à Toulouse lors du festival Cinespaña en 2011, Le Territoire des Ombres aurait sombré dans l’oubli si Condor Entertainment n’en avait décidé autrement… Disponible depuis quelques années déjà en Espagne, le film en deux parties de José Luis Aleman traverse enfin les Pyrénées pour une sortie française en deux temps. Le premier volet de ce diptyque inspiré de l’œuvre de HP Lovecraft, Le Secret des Valdemar, sort en DVD et en BluRay le 5 juin en France. Pour la deuxième partie, pourtant tournée dans la foulée de la première, il faudra prendre son mal en patience et attendre le mois de septembre…

Bande-annonce ici:

http://www.condor-entertainment.com/Let … ar-le-film

On notera qu'une fois de plus, l'univers de Lovecraft est curieusement associé au nom d'Edgar Allan POE (cela avait déjà été le cas pour “La Malédiction d'Arkham” attribuée à Poe alors qu'il s'agit essentiellement de l'histoire de “L'Affaire Charles Dexter Ward”…) car le film qui titre sur la pochette D'APRES L'UNIVERS DE H.P.LOVECRAFT est en fait un thème “gothique” très proche de Poe. D'ailleurs le sous-titre de ce film est “Le Secret des Valdemar”, titre qui rappelle la célèbre nouvelle de Poe “La Vérité au sujet du cas de Mr. Valdemar”
http://www.devildead.com/indexfilm.php3 … a-valdemar-

José Luis Alemán n 'avait pas grand'chose à son crédit de réalisateur avant de signer ce (très) long film ,“Le Territoire des ombres” étant donc son entrée dans le 7°art. Au vue de la première partie de ce film, le résultat est franchement encourageant et on espère que dans l'avenir il trouvera des producteurs qui lui feront confiance en matière de cinéma fantastique.

Le site horreur.com résume très bien cette première approche du réalisateur espagnol:

http://horreur.com/?q=nid-4930/territoi … lem%C3%A1n

Grosse production espagnole datant de 2010, “Le territoire des ombres” ressemble à un luxueux téléfilm en deux parties, une fresque à la fois contemporaine et victorienne, qui puise son inspiration dans l'univers du célèbre écrivain H.P. Lovecraft. …Son univers, si particulier, a notamment été transcendé dans le film “L’antre de la folie” de John Carpenter ; Stuart Gordon a souvent réalisé des films s’inspirant de Lovecraft, comme “Ré-animator”, “From Beyond” ou encore “Dagon” entre autres. La liste serait trop longue pour être énumérée ici mais il est clair que l’héritage laissé par Lovecraft dans le domaine du fantastique est considérable. En tant que fan de l’écrivain, le réalisateur espagnol José Luis Alemán a décidé de lui rendre hommage en mettant en scène “Le territoire des ombres”. Il a filmé les deux films à la suite, procédé qui n’avait jamais été testé en Espagne…Ambitieux, “Le territoire des ombres” l’est. Le film a bénéficié d'un budget conséquent et confortable, ce qui se traduit clairement à l'écran. En effet, ce long métrage possède un raffinement certain, une élégance formelle, que ce soit dans ses décors, superbement reconstitués ; dans ses costumes d'époque, tous parfaits ; dans sa photographie ; dans son ambiance. Un vrai travail a été fait au niveau des accessoires et de la direction artistique pour nous plonger véritablement en 1874. Cette première partie pose les bases du scénario et nous présente d'abord les protagonistes de l'époque contemporaine, à savoir Lluisa Llorente, ses deux collègues, le directeur de l'agence (qui tient une canne dont le pommeau représente Chtulhu) ainsi que le détective Nicolas Tramel. La découverte de la demeure des Valdemar par Lluisa donne l’occasion au réalisateur de jouer avec son décor, avec l’architecture de la somptueuse résidence. Bien malin, il place un élément de terreur dans cette partie contemporaine, ce qui a pour effet de nous intriguer et de nous donner envie d’en savoir plus sur ce qui s’est passé ici…

L'affiche de la partie 2, sans aucun doute la seule chose à retenir de cette suite….:-|

Partie 2 : Le Monde interdit.

Autant la première partie donnait envie d'en savoir plus sur les personnages et sur leur destin, autant cette seconde partie est un flop phénoménal, d'autant plus décevant que l'atmosphère du premier opus était alléchante. Après une première partie encourageante, force est de constater que José Luis Alemán n'a pas compris grand'chose à l'univers de Lovecraft (qui apparaît dans le film pendant une scène ou un personnage à lunette met en garde le héros). Cette seconde partie est longue, décevante, touchant parfois au grotesque et même la scène finale censée être très lovecraftienne ne nous montre qu'un bon gros Ctulhu de 4,50 m avec trois tentacules en guise de poil de moustache et des grandes ailes de chauve-souris (créature ailée ou appartanent au monde aquatique ?..). Les sectateurs se ballandant dans de longues robes marquées du signe de Satan suite improbable d'un “exorciste” à définir.

Une opinion, parmi d'autres, pêchée sur le site “Allociné” résumé bien la réaction de la plupart des spectateurs:“Non seulement c'est une honte par rapport au premier, mais en plus on foiré tout l'intérêt qu'il aurai pu avoir. Ce film n'a ni queue ni tête du début à la fin. Il n'y a rien de respecté par rapport à Lovecraft. D'ailleurs, pourquoi ces abrutis se sont obligés de nous coller Lovecraft en tant que personnage, c'est n'importe quoi. Enfin bref, une belle daube qui insulte le grand Chtulhu. ”.

On notera cependant que le nom “Lovecraft” apparaît en grand sur la jaquette des deux parties du film, prouvant ainsi l'aspect vendeur du nom qui malheureusement est ici mal défendu.

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/home2/tiubuk/public_html/data/pages/culturepopulaire/les_films.txt · Dernière modification: 2017/07/30 15:07 (modification externe)