H.P. Lovecraft

L'écrivain, son oeuvre, son influence

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Les rats dans les murs et autres nouvelles

Par KADATH, juin 2008

La bande dessinée est composée de quatre nouvelles : Celui qui hantait les ténèbres (The Haunter of the Dark, 1935), Horreur à Red Hook (The Horror at Red Hook, 1925), Les rats dans les murs (The Rats in the Walls, 1924) et Air frais (Cool Air, 1926).

Comme toujours lorsqu’un dessinateur s’attaque à l’univers de Lovecraft, il doit répondre à cette question : faut-il suggérer ou montrer l’horreur ? Reinhard Kleist a choisi l’art figuratif, suivant fidèlement le texte des nouvelles. De prime abord, le trait semble naïf, puis l’insistance morbide du récit, le sordide des personnages et du décor, les ombres qui prennent des formes impossibles, le décor théâtral de Kleist prend alors vie sous nos yeux.

On est avec Robert Blake dans sa petite chambre lorsqu’une gigantesque forme noire domine la ville et le foudroie après qu'il ait découvert d’étranges choses dans une église abandonnée (Celui qui hantait les ténèbres). Nous suivons un ténébreux personnage qui ressemble à Lovecraft dans les souterrains où un certain Malone fréquente un monde horrible : la ville recèle des cultes souterrains atroces (Horreur à Red Hook). Pourquoi l’héritier des Delapore est-il enfermé à l’asile dans une cellule capitonnée alors qu’il restaurait le manoir familiale dans lequel de curieux mouvements soulèvent les tentures ? Quelles sont ces hordes invisibles qui hantent les murs du château et semblent mener vers des profondeurs inimaginables (Les Rats dans les murs) ? Comment le Dr. Munoz parvient-il à vivre dans un appartement où règne un froid intense grâce à une machine à refroidir l’air et surtout pourquoi a-t-il tellement peur que cette machine tombe en panne (Air frais) ?

Les quatre célébrissimes textes de Lovecraft ne perdent pas en intensité malgré la brièveté des dessins, puisque l’album ne compte qu’une soixantaine de planches pour exprimer la force des quatre histoires. Si l’élément macabre prend ici une place prépondérante sur le fantastique, c’est que le dessin de Kleist colle très bien aux visages grimaçants, aux décors ruinés, aux voûtes des caves envahies par des objets brisés et d’autres choses plus dangereuses.

Les puristes de Lovecraft regretteront les clins d’oeil du dessinateur et un certain manque “d’ampleur” aux décors ; les spécialistes en bandes dessinées trouveront les détails un peu sommaires… Mais pourquoi ternir son plaisir, l’album de Kleist et Meissner se lit aisément grâce à des phylactères sans surcharge et à l’heureuse alternance de planches claires et sombres. Un bel hommage à Lovecraft que l’on espère suivi d’autres albums dans le futur…

/home2/tiubuk/public_html/data/pages/culturepopulaire/les_rats_dans_les_murs.txt · Dernière modification: 2017/07/30 15:07 (modification externe)