H.P. Lovecraft

L'écrivain, son oeuvre, son influence

Outils pour utilisateurs

Outils du site


culturepopulaire:revelations_posthumes

Révélations posthumes

Par KADATH, juin 2008

La première des cinq histoires du recueil s’articule autour des relations amicales qu’a eu Lovecraft avec le jeune Robert Howard Barlow (1918-1951). Le dessin étonne par le choix d’un fond clair presque aveuglant, contrastant avec le trait à la plume des premiers dessins. Puis Andreas tombe presque dans le maniérisme des formes pour la représentation des maisons où Lovecraft a rencontré Barlow. On se souvient que les deux amis avaient écris ensemble l’étonnante nouvelle Jusqu’à ce que toutes les mers (éditée parmi les “révisions” de Lovecraft dans L'horreur dans le musée chez Bourgois en 1975) ainsi que le texte humoristique Le Combat qui marqua la fin du siècle (édité dans le Cahier de l’Herne en 1969 et 1984).

La narration de cet épisode de la vie de R.H. Barlow s’inscrit en typographie “machine à écrire” entre les cartouches des planches, tel un rapport administratif où errent de-ci de-là des petits chats en mouvement sur fond noir, rappel de l’amour de HPL pour ses animaux énigmatiques. La danse de ces chats se termine d’ailleurs symboliquement par un dernier félin sortant du cadre de la seule case qui soit blanche, et qui correspond à la mort de Barlow. On notera aussi l’appoint de la photographie “à gros grains” qui étonne entre deux cases dessinées, et donne à cette bande dessinée une ambiance particulière.

Des quatre autres histoires, La femme de cire du musée Spitznerest la plus marquante et laissera au lecteur l’image dérangeante d’un monstre fascinant d’une horreur trop réelle. Le peintre belge Pol Delmotte raconte l’anecdote qui lui est arrivé lors de la visite d’une baraque foraine spécialisée en monstres de cire et (presque) sans vie. On entre par cette histoire dans un fantastique nu de tout artifice, où l’emploi d’images presque sans contraste s’articule dans une architecture de cases bien délimitées autour d’un texte coupé des dessins - et d’une photo - qui oblige le lecteur à marquer l’arrêt régulièrement pour se situer par rapport à l’histoire. Lors d’une première lecture à la fin des années 80, j’avais été marqué par l’horreur dépouillée et le souvenir lancinant que laisse cette fiction, sans doute l’une des plus horribles de la bande dessinée fantastique !

Les trois autres histoires sont nettement moins effrayantes et l’on appréciera l’exotisme très XIXe siècle dans Le crime de la moasquée avec ses décors d’architecture mauresque. L’oeuvre d’Andreas étant selon son propre aveu influencée par Lovecraft (voir Fragments dans la série des aventures de Rork publié en 1984 et la série Cromwell Stone paru chez Delcourt), tout fan de HPL aura à coeur de placer Révélations posthumes dans sa bibliothèque.

/home2/tiubuk/public_html/data/pages/culturepopulaire/revelations_posthumes.txt · Dernière modification: 2017/07/30 15:07 (modification externe)